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 Débarquement

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Ancilla
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MessageSujet: Re: Débarquement    Sam 24 Juin - 1:34

Call of Destiny
Rain Sword feat Ancilla


Rain n’était pas décidée à sortir manger. Tant pis pour elle. J’avais la certitude qu’elle était bien là maintenant et c’était tout ce qui comptait. Avant de repartir, je lui lançai non sans une certaine fierté :
« Au cas où tu déciderais de te sauver, je précise qu’il n’y a plus de barque, que l’on s’est considérablement éloigné de la côte et que, d’une certaine façon, j’ai provoqué une petite tempête qui ne va pas tarder à arriver droit sur nous. Alors, tu me diras, qui c’est qui détient l’autre en otage en fin de compte ? »
Je m’éloignai en riant. Bon, c’était pas le moment de relancer un conflit, mais c’était difficile de m’en empêcher. Est-ce que je devais me débrouiller de l’attacher quelque part pour plus de tranquillité au risque de renforcer son hostilité, ou bien est-ce que je devrais la laisser en liberté au risque qu’elle ne finisse par tuer tout le monde ?
Pour l’instant elle n’est plus une menace alors j’allais y réfléchir en temps voulu.
De retour dans la cantine, je récupérai le repas pour les cinq personnes non malades avec mon pauvre bras valide et le leur portai. Les autres n’étaient sûrement pas en état d’avaler de la charcuterie.
Je tapai à leur chambre, déposai la nourriture devant la porte et leur demandai de la récupérer et de refermer la porte. Je rappelai que comme pour toute bonne quarantaine, personne ne devait quitter la chambre quoi qu’il y ait.
Je rejoignis ensuite mes hommes et nous retournions sur le pont.
La tempête se rapprochai et le bateau tanguait de plus en plus fort, menaçant à tout moment de se retourner. Je me demandais si je n’avais pas fais une connerie.
Les vagues commençaient à inonder le pont, accentuant les chances de faire chavirer le bateau.
« Je vais chercher des seaux pour écoper ! » avertis-je en tournant les talons.  Je revins avec trois seaux et les leur laissai.
« Je vais chercher autre chose pour vider l’eau... »
Je repartis.
A l’intérieur, l’eau s’engouffrait et il devenait difficile de se déplacer sans perdre l’équilibre.
Je crois qu’il était inutile de chercher à retirer l’eau, il y en avait bien trop mais j’allais tout de même chercher une bassine à la cuisine.
Qu’avais-je fait ?
Alors que je quittai la pièce, Rain revenu en courant du pont. Mais qu’est-ce qu’elle trafiquait encore ? Je n’avais pas le temps de m’en préoccuper. Qu’elle reste sur le bateau et qu’elle survive, c’est tout ce que je lui demandai.
Je remontai sur le pont pour demander à tout le monde de descendre par mesure de sécurité. Il ne fallait pas que l’un d’eux finisse à la mer…
Dans le couloir, nous nous accrochions à ce que nous pouvions. Je repensai soudain à la lettre et envoyai la main dans ma poche pour vérifier qu’elle y était toujours. C’était bien le cas et je fus soulagée, mais le soulagement ne dura pas. Le papier craint l’eau et les lettres, si elle se mouillaient, allait être perdues. Je partis dans ma chambre pour ranger la lettre avec les autres et mettre le sac quelque part au sec dans un contenant de taille moyenne. Pas évident tout ça d’une seule main...
Est-ce que j’allais tous nous tuer ?
Je ressortis dans le couloir avec mes hommes. Une grosse lame secoua tellement le bateau que nous tombions tous les uns sur les autres.
El’sha se releva et m’aida à faire de même, et d’un geste protecteur, me serra fort contre lui d’un bras et de l’autre s’agrippa à un objet mural fixé solidement au mur. J’étais entre lui et le mur et me blotissai contre son corps pour me rassurer et tenter de trouver une stabilité.
C’est à cet instant que je réalisai.
Je réalisai que je m’en serais terriblement voulu s’il lui arrivait quelque chose à cause de moi.
Je me dégageai de son étreinte, déterminée.
« Qu’est-ce que tu fais ? s’inquiéta-t-il.
- Je reviens ! criai-je pour me faire entendre.
- Reste avec nous, c’est trop dangereux !
- Fais-moi confiance ! »
Je réussis à m’extraire de son étreinte et me précipitai à nouveau sur le pont. Heureusement que j’avais une bonne mémoire et que je connaissais pratiquement l’intégralité des incantations par cœur. Je réalisai que j’avais cherché à sauver les lettres, mais pas mon grimoire.
Je commençai à réciter mon incantation latine et terminai par une simple requête.
« Moins de vent ! Je veux moins de vent ! »
Je ressentis une forte bourrasque et constatai avec horreur qu’une vague de plusieurs mètres de haut allait s’abattre sur le bateau.
Je ne savais pas quoi demander de faire à mes hommes mais je hurlai aussi fort que je pus d’où j’étais :
« Accrochez-vous, je crois que le bateau va chavirer ! »
C’était la fin. Pourquoi un tel chaos ? Je n’avais pas demandé une tempête si puissante…
Je m’accrochai au premier cordage que je trouvai sous ma main.
la lame s’abattit sur moi et le bateau. La façade du bateau sembla se coucher sous mon corps, mais je sentis le bateau se redresser aussitôt.
S’il n’avait pas chaviré, c’est dans un cri que je glissai sur le pont vers la mer. J’avais lâché prise.
Oh bon sang… J’allais passer par dessus bord !
Je tapai en plein dans les barreaux de la rambarde, passai entre deux, attrapai vainement une corde qui se déroula sous ma main et tomba à la mer emportée avec moi. (Ce n’était pas plus mal car avec une seule main, je n’aurais pas tenu longtemps.)
Ce fâcheux épisode passé, la tempête perdit carrément de l’intensité.
J’entendis El’sha m’appeler depuis le pont.
« Je suis là ! criai-je difficilement. El’sha ! »
J’avais de la misère à garder la tête hors de l’eau. El’sha finit par me repérer, mais impossible de me remonter. D’une seule main, je n’avais pas la force nécessaire de m’accrocher.
« Accroche-toi je reviens ! » cria-t-il.
En effet, il réapparut après un court instant qui me parût bien plus long. Une bouée atterrit un peu plus loin dans l’eau.
« Je ne vais pas arriver à l’atteindre ! » criai-je.
A côté, Niglo et Glenesh étaient arrivés pour l’aider à me hisser.
Comment nager jusqu’à la bouée ? Le courant l’éloignait et je n’ai jamais été une bonne nageuse. Et c’est pas avec un seul bras que j’allais y arriver…
Je pris une grande inspiration et battis des jambes sans lâcher la corde. Je finis par arriver jusqu’à la bouée et me glissai à l’intérieur. Mes hommes purent me remonter. J’étais glacée.
« Pourquoi tu ne m’écoute jamais ?! » s’énerva El’sha en me secouant énergiquement.
- J’ai fait ce que j’avais à faire ! Regarde, la tempête s'est calmée. »
Je retournai dans ma chambre. Tout était sens dessus dessous, mais j’allais m’en occuper le lendemain. Pour l’heure, j’avais besoin de repos.
Repos qui fut compliqué dans un hamac mouillé avec des habits mouillés. Je finis par me relever et retourner sur le pont dans la nuit. Les voiles avaient été à nouveau hissées.
Je regardai le ciel : il était à présent parfaitement dégagé, mais il y avait toujours du vent et je frissonnais. Je n’avais plus aucun habit sec pour me changer, mais la sensation de froid disparue rapidement.
Je m’en voulais terriblement. J’ai bien failli tous nous tuer…
Les étoiles brillaient dans le ciel par milliards.
C’était beau et apaisant.
« Est-ce que ça va ? me demanda El’sha. J’étais à la barre. Le bateau a dévié mais le vent souffle dans la bonne direction.
- Ne t’inquiète pas je n’ai rien. Je suis désolée… Tout est de ma faute... »
Il soupira.
« C’est pas ça le problème. Le problème, c’est tout ce que tu es prête à faire pour lui. Monsieur ordonne, et tu obéis. Et tu mets ta vie et celle des autres en danger.
- Arrête avec ça s’il te plaît, ça devient pénible.
- Tu ne te rends pas compte ! Pourquoi tu ne lui tiens jamais tête ? Il faut vraiment que tu exécutes tout ce qu’il te demande, comme un bon petit soldat !
- Ca suffit, arrête avec ça ! Tu es jaloux !
- Mais enfin, Ancy… tu ne vois donc pas qu’il te manipule ?! Il fait ce qu’il veut de toi…
- Ne m’appelle pas comme ça, je suis ton supérieur ! maugréai-je.
Il soupira à nouveau.
« Que va-t-on faire des malades ? » changea-t-il de sujet.
Je les avais complètement oubliés…
« Je vais aller voir comment ils se portent. Voir s’ils veulent manger quelque chose… 
- Fais attention s’il te plaît... »
J’acqueciai et m’en retournai dans le sous sol. Que le vent souffle dans la bonne direction était une bonne chose étant données les circonstances…
Les malades étaient tous à terre quand j’ouvris la porte et aucun d’eux ne me répondit. Je refermai la porte. Je n’avais pas envie de me chopper une saloperie, alors je n’allais certainement pas vérifier s’ils étaient morts ou vivants.
Dans la pièce des gens potentiellement sains, les cinq personnes se plaignaient d’être malades à leur tour. Certaines me demandèrent de l’eau. Il n’allait plus rester personne. Plus que mes hommes, Rain, la gamine, et moi.
D’ailleurs, comment vont-elles ?
J’irai vérifier plus tard.
Je ne me sentais pas très bien, et j’espérais ne pas avoir contracter un virus venu de l’île. Quoi que, pouvais-je tomber malade, moi ? Je n’étais pas comme les autres… Les nausées me reprenaient. J’avais chaud. Je me rendis dans les stocks pour chercher de l’eau pour les malades. Je m’assis un instant. Il y eut un petit bruits derrière les caisses.
Et ce fut le trou noir.
Le lendemain matin, Glenesh ouvrit la porte.
J'étais toujours assise.
« Ancilla ?! s’étonna-t-il. Mais qu’est-ce que tu… Oh, bordel de merde. »
Il repartit aussitôt.
Au loin, il me semblait entendre :
« Il faut que tu viennes voir. On a un sérieux problème avec Ancilla. »
El’sha arriva précipitamment. Son regard fut empreint d’une inquiétude sérieuse.
La peau de mon menton collait.
« Ancilla ? Par tous les enfers de la créations… Mais qu’est-ce que tu as fait ?! »
Tout autour de moi, il y avait des petites formes ça et là.
Je reconnus l’odeur du sang.
Il y en avait au sol et sur mes habits, mais ce n’était pas le mien.
Ma respiration et les battements de mon coeur s’accélérèrent.
Je sentis quelques choses dans mes mains.
Je les soulevai pour regarder ce qu’elle contenait.
Un rat.
Il y avait des rats partout.
Tous morts.
En charpie.
Dévorés.
J’avais dévorés des dizaines de rats.
« Mmmm… c’est pas... possible… soufflai-je. Qu’est-ce qui m’arrive ? »
Je n’ai jamais eu autant d’écœurement qu’en ce jour, et pourtant il me fut impossible de vomir.
« Qu’est-ce qui m’arrive ? répétai-je en regardant El’sha.
Je sentis l’étau de la panique m’enserrer la gorge. Je poussai un cri de détresse.
« Qu’est-ce qui m’arrive... »
Nouveau cri de détresse.
El’sha vint s’accroupir pour me prendre dans ses bras.
« Ca va aller, je suis là maintenant. »
« Qu’est-ce qui m’arrive El’sha ? demandai-je encore. Qu’est-ce qui m’arrive... »
Je poussai un long cri plaintif en m’accrochant à lui. Je tremblai de tous mes membres et pas loin de fondre en sanglot. Mais je crois que j’étais trop choquée pour cela.
Qu’est-ce qui m’arrivait ? En cet instant j’avais peur. Peur de ce que j’étais en train de devenir.


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Rain Sword

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MessageSujet: Re: Débarquement    Sam 24 Juin - 19:03

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Quelques longues minutes après que nous nous soyons couchées, le vaisseau cessa de remuer. Je n'entendais plus le vent hurler contre la fenêtre, et le calme reprit place. Le hamac avait retrouvé une position parallèle au plafond, et seul les légers remous d'un océan stressé attestait de la dernière tempête. J'avais moins froid, mais j'étais trempée. Un peu remise de mes émotions, je redescendais de mon perchoir, laissant Alasan fouiller dans le sac de viande pour en mastiquer un morceau, et me déshabillait complètement. Les vêtements pendus sur une corde à linge prévu à cet effet, et à peu près sèche, je m'enroulais dans un draps avant de tirer un bout de jambon cru à mon tour. L'effort m'avait creusé l'estomac, et mon dos portait les marques du pieu que j'avais caché. Il s'était brisé lorsque la vague m'avait frappé sur le pont, et ne servait plus à rien. Je me sentais engourdie et je me doutais que le lendemain, je serais couverte d'ecchymoses.
Mais au moins, j'avais pu empêcher le pire. Dire que c'est cette crétine de capitaine qui a convoqué la tempête. En avait-elle vraiment le pouvoir? Comment marchait sa magie, réellement? Existait-il des forces démoniaques à qui on pouvait faire appel? Si j'en croyais cette histoire de culte, c'était tout à fait possible. Il fallait que je trouve quelqu'un pour m'apprendre à m'en servir. Comme l'a dit la capitaine, Aly et moi faisons parti de ce monde occulte, et mes tatouages en sont la preuve. L'un des symboles était identique à celui gravé sur ma peau, je devrais donc pouvoir m'en servir. Ah, si seulement je n'avais pas perdu la mémoire...
Si seulement les cendres de ce monde n'avait pas englouti les dernières lueurs d'espoir que j'avais pu voir germer. Je ne savais même pas si j'étais, maintenant, la même ou une autre. La seule chose qui me sert d'ancre à mon existence passé est cette petit forme au creux du tissu humide du hamac, au fond d'une pièce d'un bateau en dérive, secondé par un équipage incompétent, en proie à un destin inconnu et funeste. Être ici ou sur l'île, au fond, quelle différence? Pouvais-je vraiment rêver de liberté, quand les cavaliers de la magie noire me suivaient comme mon ombre?

Notre ration digérée, je rangeai le sac et l'eau dans un des coffres, et, comme auparavant, les fit glisser contre la porte. Je ne pouvais pas dormir avec un minimum de sécurité, quand bien même la moitié du personnel du navire agonisait dans leur chambres. Si quelqu'un poussait la porte, un des coffres tomberait et, en théorie, me réveillerait. Puis, laissant mes fringues sécher pour la nuit, choisi un hamac sec pour couler la monté de sommeil. Alasan, qui parfois dormait seule, me rejoignit et exigea, à sa manière, une histoire. Une histoire féérique ou terrifiante, sortie de mon imaginaire ou, comme je le pensais, de mon subconscient. Une de ces histoires qu'on ne raconte pas à un gosse sous peine qu'il hurle au beau milieu du récit et dorme avec les lanternes allumées. Etrangement, Alasan roupillait plus facilement avec des histoires d'horreur.
Je renvoyais délicatement une mèche blonde derrière son oreille pendant qu'elle enlaçait sa peluche, contre moi, tout en réfléchissant à une anecdote. J'avais une vue sur le hublot qui donnait pile sur la lune ascendante, une vision sereine et rassurante. Sans la quitter des yeux, je dictais d'une voix calme une histoire que l'on m'avait raconté bien des années plus tôt et qui, malgré le temps et les blessures, me revenait en tête comme si je l'entendais et la répétais à l'instant:

"Mórrígan se hâtait, mais elle était en retard, Bodb et Nemain, ses sœurs, voulaient la voir au plus vite pour quelque obscure raison et cette confrontation lui pesait par avance.

Elle volait lourdement au-dessus de la lande verte depuis trois jours déjà, sous la forme d'un oiseau noir. Très haut dans le ciel, un aigle blanc au bec d'or l’aperçut, prit son sillage et, repliant ses ailes, fondit sur cette proie insouciante. Il tomba sur elle, puis, de ses serres puissantes, Il s'arrima aux flans de la noire corneille.
Ils chutèrent et roulèrent bientôt sur le sol gras, lui, Aengus, Dieu de l’amour, fils de Dagda et elle, Mórrígan, déesse des batailles et de la guerre.

Ils luttèrent longtemps, elle lui portait des coups sauvages, mais il revenait sans cesse à la charge et, de son bec, la piquait tendrement dans le cou. De chacun de ces baisés naissait un oiseau coloré qui s’enfuyait aussitôt pour proclamer dans toute la région que deux de ses Dieux s’aimaient et se battaient sur la lande.

Toute au plaisir de cette joute, Morrigan ne comprit que trop tard le petit jeu d’Aengus. Il la guidait à son insu vers un grand cercle de pierre, et lorsqu’ils y pénétrèrent enfin, il cria sa victoire et il la prit, elle Morrigan, redevenue en cet espace sacré, simple femme à la peau diaphane et aux cheveux d'or.

Elle se donna à lui au centre des dix-sept pierres dressées de Drombeg. De chaque goutte de sueur du beau traître qui tombait sur le sol sacré des ancêtres, naissait une noire et sublime orchidée. Ces sombres fleurs poussaient aussitôt, pour mourir tout aussi vites, assaillies et étouffées par les trèfles indomptables.

Leur étreinte dura sept jours, et lorsqu’enfin il la sut fécondée, il la repoussa. Sans un geste, sans même un seul regard pour elle, Aengus sortit du cercle, reprit sa forme d'oiseau royal, et s’envolât dans la pluie, loin de sa belle victime.
Morrigan quitta alors à son tour l'enceinte du Cromlech de Drombeg. Titubante, presque morte d’aimer, elle s’écroula sur la terre.

Ferdia et Cuchulainn, deux amis, deux héros, la trouvèrent là, toujours gisante, bien des saisons plus tard. De ses yeux magnifiques coulaient des larmes fines et salées comme la mer d'Arras. Sa beauté était telle, qu’ils voulurent tous deux la réconforter et brisèrent là leur amitié.

Privés de raison, ils s’affrontèrent trois jours et trois nuits durant avant que Cuchulainn ne terrasse son ami et ne le mette à mort. Alors, reprenant ses esprits, il vit Morrigan qui debout devant lui, lui souriait en retirant sa tunique. Mais le corps parfait de la déesse, déjà occupé et arrondi par les œuvres d’un autre, l’écœura. Il la repoussa violemment, fou de rage d’avoir trahi sa vieille amitié et assassiné son ami.

Morrigan, trompé par Aengus, rejeté par Cuchulainn, entra alors dans une colère meurtrière et tua ce dernier avant de jeter son corps sur celui de son ami Ferdia. Elle poussa un long cri de rage à la face de la lune qui se levait, puis, retrouvant sa forme d'oiseau, elle bondit dans le ciel gris et reprit sa route.

Quand enfin, quelques jours plus tard, elle rejoignit Bodb et Nemain, elle fouilla dans ses entrailles et leur offrit l’enfant impossible, l’enfant de l’amour et de la guerre. Elle accepta de rester là trois mois, à supporter le froid réconfort de ses sœurs.

Mórrígan allaita jusqu’au sevrage l’enfant mâle d’Aengus. Enfin, lorsqu'il put ingurgiter sans vomir le lait d'une chèvre, elle le maudit et lui fit don de la mortalité des hommes. Puis, sans un regard en arrière, elle repartit sur la lande enflammer l’esprit des guerriers et les pousser à d’absurdes combats.

Bodb et Nemain élevèrent tant bien que mal l’enfant des contraires. Lorsqu'il eut quinze ans, elles le menèrent sur les rives du Loch d'Eathach où elles l'abandonnèrent. Il fut le premier fils des Dieux à être mortel et donna naissance à un peuple étrange, un peuple aux cheveux d'or, un peuple condamné au malheur et à la partition. Un peuple amoureux de l'infâme beauté du combat et de la guerre."

Les yeux de la petite blonde en face de moi était fermés et son souffle lent et régulier. Elle rêverait probablement des landes vertes et de l'engence malsaine entre l'amour et la haine, de guerre et de sang, de joie et de peines. Si ces mots m'étaient connus, ils restaient sourd en mon coeur. La seule émotion que je ressentais depuis toujours, au moins depuis loin que je me souvienne, était la rage et la colère. Mais lorsqu'Alasan se trouvait près de moi, la perennité me comblait. Elle était une partie de moi, je ne savais de quelle manière, je ne savais si je l'avais su un jour, mais c'était écrit en moi.
Les lieux de cette histoire m'étaient inconnus, et peut-être n'existaient simplement pas, mais comme les autres récits, me rappelait que j'avais une vie en dehors de ma prison de ruines.

Délaissant mes pensées torturées, je me laisser bercer à mon tour par le navire, sombrant dans un sommeil agité...


Je sentais la moiteur gênante du sang sur ma peau. Et elle me serrait tendrement.
J'entendais ses mots sourds et mortels comme des lames aiguisées, caresser mon âme.
Doucement, elle me conduisait vers un endroit sûr, et je m'y blotti.
Je me blotti dans les ténèbres apaisantes, tandis qu'elle me protégeait.
Mes hurlements se perdaient dans une cacophonie tonitruante d'une armée en guerre.
Et ils mourraient un à un, sous mes yeux, leur sang coulant à flot.
En face de moi, au milieu de cette somptueuse démonstration de violence, elle me souriait.

_Nous serons toujours là pour toi, qu'elle disait.


Je me réveillais en sursaut, une main écorchant mon ventre, diverses brûlures étreignant mes muscles, et le souffle errinté, la présence toujours proche de moi. En moi. Elle était là. Je la connaissais. Je LES connaissais. Tous me voyaient et me suivaient, constamment.
Merde... J'avais pas ressenti ça depuis longtemps. Quand je me sentai en danger, ils venaient me réconforter. Quand je tuais, je les sentais me remercier. Et à ce moment, j'avais ce besoin impérieux de leur faire plaisir.

Aujourd'hui, quelqu'un mourra.

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Ancilla
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MessageSujet: Re: Débarquement    Sam 24 Juin - 21:14

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Je trouvai un certain réconfort dans les bras d’El’sha. Il s’était adossé au mur et m’avais assise devant, contre lui. Il me berçait doucement, caressant mes cheveux régulièrement. Je me sentais apaisée bien que le choc perdurait, gravé au fer rouge dans mon être.
Sa tête était sur la mienne par moments, ou bien nous étions joue contre joue. Son contact était tellement agréable. Les pensées se bousculaient dans mon crâne et le bourdonnement sourd ou furieux en fonction du moment était à présent discontinu, tel un rire sournois et moqueur retentissant depuis un abîme de cruauté.
« Il faudrait m’attacher, exprimai-je, brisant le silence pesant qui s’était installé depuis plusieurs minutes.
- Sûrement pas. Tu n’as rien fait de mal.
- J’ai mangé des rats… Qu’est-ce qui va se passer la prochaine fois ? Je sais pas ce que j’ai… J’ai peur... »
Il resserra son étreinte et caressa doucement mon bras.
« Je vais veiller sur toi. »
Nous avions l’air de deux amants transis, en cavale, cachés quelque part.
« Tu ne pourras pas être tout le temps à contrôler ce que je fais… »
Il sourit.
« Je le fais pas trop mal jusqu’ici, tu ne trouves pas ? Je peux te suivre où que tu ailles s’il le faut, Ancilla. »
Je gardai le silence.
Constater que je perdais le contrôle, même ne pouvait-ce être que quelques secondes, me terrifiait. Ce n’était pas prévu…
« Viens, on va aller voir où en est le bateau. On a bien avancé cette nuit avec le vent. Il a soufflé toute la nuit dans la bonne direction et on a de l’avance. On devrait arriver demain matin au plus tard. »
Je me levai et il prit mon bras pour me soutenir.
« Ca va aller, je peux marcher. »
Etrangement je n’avais pas la moindre nausée. Je me sentais même bien. La fatigue n’était pas présente outre mesure.
Lorsque j’arrivais sur le pont, je fus ébloui par la lumière du jour. Je détournai la tête.
« Il y a trop de lumière… Ca me brûle les yeux... 
- Il fait sombre Ancilla, le ciel est nuageux… » répondit-il, l’inquiétude poignant dans sa voix.
Il m’expliqua qu’il a été voir les malades et qu’ils étaient apparemment tous morts, et qu’il y avait eu de nouveau cas dans les non malades.
Il m’expliqua que l’un d’eux n’avait pas respecté la quarantaine et avait péri dans la tempête.
Et dans les quatre restant, un autre cas avait dû être mis à part. Il restait donc trois personne qui étaient - pour l’instant du moins – saines.
« Plus que trois personnes sur dix… soufflai-je. J’aurais dû en prendre le triple pour avoir une chance d’en garder le compte. »
Le vent continua de souffler vigoureusement dans la bonne direction toute la journée.
J’étais restée isolée avec El’sha dans sa chambre la plupart du temps. J’avais mangé un peu de charcuterie le midi, et avait vomit plus que la quantité ingurgitée en début d’après-midi.
Le soir, je n’avais rien mangé et était partie me coucher le ventre vide.
El’sha avait insisté pour dormir dans la même pièce que moi, mais la journée s’était déroulée sans incident et puis enfermée dans ma chambre je ne voyais pas ce qu’il pouvait m’arriver.  
En effet, j’avais à priori dormi toute la nuit bien sagement sans quitter mon hamac. Mais il ne m’était pas rien arrivé pour autant.
Au milieu de mes songes agités et enfiévrés, je voyais des formes flotter autour de moi. Rien de bien étrange ou surprenant lorsqu’on sait qu’il s’agit de la Décade. Là où ça devenait plus inquiétant, c’est d’avoir passé la nuit à subir leurs assauts. Je me suis sentie tourmentée, brusquée et violentée – dans tous les sens du terme - toute la nuit. Des mains qui me saisissaient. Qui me griffaient sauvagement. Qui me palpaient douloureusement. Qui m’effleuraient… Lorsque j’arrivais à émerger du sommeil au prix d’un certain effort épuisant, je m’entendais gémir et geindre, la douleur mêlée d’une sensation inexplicable au plus profond de mes entrailles.
Au petit matin, El’sha me tira de mon sommeil en venant taper à la porte.
« Ancilla ? Tu es réveillée ? »
Je ressentais une douleur au ventre.
« J ‘arrive… » dis-je d’une voix essoufflée.
En me levant la douleur me contracta les entrailles. Je m’accroupis et  portai les mains à mon ventre dans une plainte.
Je sentis encore l’odeur caractéristique du sang.
Je fus saisie d’angoisse.
« Ancilla ? Est-ce que ça va ? Ouvre-moi s’il te plaît ! »
Je baissai les yeux. Vision d’horreur.
J’avais l’intérieur des cuisses ruisselante de sang. Ce n’était pas mes menstruations, je les avais déjà eu cette lunaison et puis il n'y aurait pas eu tout ce sang... Mais alors quoi ?!
Je n’étais plus vierge.
Voilà quoi.
Ca, c’était une certitude. J’avais mal jusque dans ma chair. Un tournis me fit tanguer et le grondement discontinu et continu à la fois, comme s’il y en avait plusieurs superposés, emplissait mon crâne.
« Ancilla ! cria El’Sha.
- Va me chercher de l’eau s’il te plaît... Vite… »
Je perdis l’équilibre et tombai par terre.
« Ouvre-moi cette porte maintenant où je vais l’enfoncer ! » s’écria-t-il paniqué. 
- Ca va… dis-je d’une voix rauque. Je vais ouvrir, laisse moi deux secondes... »
Je me redressai difficilement et lui ouvris la porte que j’entre-ouvrai dans un grincement sinistre.
« J’ai besoin d’eau, El’sha… »
Ma voix chevrotait.
Il poussa en grand la porte pour entrer.
Il devint blême.
Lui aussi connaissait bien l’odeur du sang. Il me rattrapa lorsque je vacillai à nouveau.
« Tu es blessée ?! s’inquiéta-t-il.
- Non, je ne crois pas... s’il te plaît… amène-moi de… »
Je ne parvins pas à finir ma phrase.
Il remarqua mes jambes et les traînés sanglantes.
« Oh putain… Qu’est-ce qui s’est passé, Ancilla ?! paniqua-t-il.
- Je sais pas… C’est… eux encore...  C’est toujours eux… » 
Je regardai le sol avant d’ajouter.
« Ils prennent de plus en plus de place... »
Il me porta jusque sur le pont et m’assis sur une caisse.
« Il va falloir que tu m’expliques, parce que jamais vu ça depuis que je suis dans le culte. »
Il récupéra de l’eau de mer et m’aida à me nettoyer les jambes.
Je restai amorphe. En milieu de matinée, Niglo nous prévint que l’on arriverait dans sous peu.
Je pensais à tout et rien à la fois. Le bourdonnement ne cessait pas et moi, j’avais faim.
El’sha s’écria soudain.
« Ancilla ! »
Je sursautai. J’avais une araignée dans la main, que j’étais en train de porter à ma bouche. Je la lâchai dans un cri de panique. Si El’sha ne m’avait pas arrêtée, je l’aurais avalée. Je  détalai tout droit dans le sous sol jusqu’à la chiourme, El’sha sur mes talons.
« Laisse-moi tranquille ! » criai-je.
Je me jetai sur la première place et m’attachai les jambes. Je verrouillai les fers avec la clé.
« Ancilla, arrête tes conneries, nom d’un chien ! »
Je ne l’écoutai pas.
« Je resterai là ! Je lui lançai la clé. Ne me détache pas tant qu’on est pas arrivé. Pas avant, c’est bien clair ? » 
Il s’approcha pour me rassurer.
« Je veille sur toi je t’ai dit. Regarde, je ne t’ai pas laissé l’avaler…
- Mais j’aurais pu ! Et si tu ne m’avais pas vue ? Et si tu étais tourné à ce moment là ?! Les rats, l’araignée maintenant et après quoi ?!
- Tu as toujours les mains libres. Tu pourrais en avaler une autre même ici… »
Il s’approcha pour me détacher et pris ma tête entre ses mains pour me regarder dans les yeux.
« Je te surveilles, fais-moi confiance... »
Je le regardai toujours aussi effrayée.
« Allez, viens... »
Il me prit la main et me mena dehors sur le pont.
« On arrive bientôt », cria Niglo de son poste. Rassemblez tout le monde. »
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Rain Sword

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MessageSujet: Re: Débarquement    Dim 25 Juin - 14:42

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Le ciel était dégagé de toute impureté, le vent portait gracieusement le navire à bonne vitesse à travers l'océan, et rien ne semblait vouloir déranger cette matinée de bon augure.
Assises à l'avant du pont, les jambes ballotant dans le vide, Alasan de dos dans mes bras, nous regardions l'horizon désert. La grande étendue bleu s'éloignait jusqu'aussi loin que portait notre regard. Un peu plus loin, le tapement régulier d'un prisonnier qui réparait le mât, le renforçant avec des plaques de bois et des clous. Il commençait à me taper sur les nerfs pour gâcher mon moment de plennitude. Je soupirai, et repris a conversation avec Aly.

_Tu en penses quoi, toi, de ce qu'il se passe en ce moment?

Un silence.

_Je ne sais même pas ce qu'il advient des malades. J'devrais peut-être demander à ce type. Reste là, s'il y a un soucis, tu hurles, ok?

Elle saccrocha aux barreaux et je lui marquais la joue d'une bise avant de me lever en geignant, le dos meurtri et des bleus partout sur le corps. J'avais pris pas mal de coups cette nuit rien qu'en me battant avec le rafiot. Tout ça parce que notre capitaine à essayé de nous tuer. Heureusement que j'étais habituée aux coups et aux douleurs, je faisais abstraction de moi-même pour me concentrer sur mon objectif. Je restais à bonne distance du gars, qui finissait tout juste son travail, un marteau à la main. Des coulées de sueur traçaient des sillons propres sur sa peau sale. Il ne faisait pas bien chaud, et j'étais plutôt ravie d'avoir une chemise à manches longues, mais lui était torse nu. Ses cheveux longs noirs et sa barbe frisée hébergeaient quelques gouttes et c'était répugnant. Je grimaçais de dégoût, lorsqu'il releva la tête vers moi.

_Qu'est-ce qu'il y a? grogna-t-il.
_Je voulais juste savoir un truc. Les autres gars, ils deviennent quoi?
_Qu'est-ce que ça peut t'faire? T'en a buté un.

Je souris, fière de moi en y repensant.

_Ouai mais les autres sont malades, t'es peut-être malade aussi. Une épidémie dans un bateau, ça craint un max. Alors j'aimerai savoir s'ils sont crevés ou s'ils sont en train de contaminer le reste de l'équipage. Perso, je serai bien contente d'apprendre que la Détra... la capitaine soit tombé malade.

Il fronça, repoussant ses cheveux en arrière.

_Elle est avec un d'ses gars dans sa chambre, j'crois. J'irai la sonner quand ce sera l'heure d'manger. Les autres sont morts. On en a un encore malade et un autre qui n'a pas bougé de sa chambre depuis avant hier. Sans compter l'équipage.

Il pointa le ciel du menton et je levais la tête pour apercevoir un des hommes de main de la Détraquée au sommet d'un mât, en train de réparer et fixer une petite voile.

_Ils sont malades? demandais-je, bien que celui-ci semblait en forme.
_Pas que j'sache.
_Ok. Tu sais quand on arrive?

Il haussa les épaules.

_J'ai entendu dire demain matin.

Déjà? Ça faisait plus tôt que c'que m'avait dis la Détraquée. Elle-même ne savait pas, en même temps. Je jaugeais le marteau dans la main du prisonnier, me tâtant à le lui prendre ou non. Mais s'il était malade, je serai foutue. Il vaut mieux éviter les risques. Nous sommes proches du continent, ce n'était plus qu'une question de temps avant de pouvoir me faire la malle. Je souris. J'avais hâte de voir à quoi ressemblait le monde et frétillait d'impatience. Il fallait que je reste discrète jusque là. Pas de meurtre. Sage.
Je le laissais reprendre son travail et retournais auprès d'Aly. Nous contemplions l'océan jusqu'à midi, rêvassant de grandes contrées à découvrir, toutes plus en ruines les une que les autres, ravagées par la guerre. Je ne me faisais pas d'illusion, je savais, au plus profond de moi, que la désolation était mon amie. Alasan dans mes bras, rien ne pouvait m'ébranler.

Nous retournions ensuite dans notre couche, manger un morceau et passer l'après-midi à jouer avec ce qu'il nous passait sous les mains, personne ne nous dérangeait. Je commençais sérieusement à m'ennuyer au fin d'après midi, et décidait de faire un tour. Aly faisait une sieste réparatrice pendant que je faisais le tour des chambres, une à une.
Celle en face de la notre était vide. La seconde sentait la décomposition à plein nez, je ne pris même pas la peine de l'ouvrir. Hors de question de prendre le moindre risque. De la chambre adjointe, j'entendais des gémissements plaintifs. Le bougre ne vivra pas assez longtemps pour voir la terre. Ah! Quel dommage pour ces idiots. Ils auraient eu plus de chance de survivre en prison. D'ailleurs, en y pensant, il est possible que si nous avions ramené cette merde de l'île, la maladie n'a pas vraiment été éradiquée là bas. Elle doit probablement faire une remontée en force de morts.
Les autres pièces étaient vides, mis à part a dernière. Un jeune homme musclé était recroquevillé au fond. Il sursauta lorsque la porte grinça, et ses yeux rougis me fixèrent, horrifié.

_M'approchez pas! s'exclama-t-il en essayant de se fondre au mur. Laissez-moi!

Il avait de courts cheveux rouges, le visage imberbe, et une cicatrice barrant sa joue gauche. Je me souvenais de lui. Il travaillait souvent à la bûcherie. Il était facile à reconnaître parce que c'était le seul à avoir une couleur de cheveux étrange. Quant à sa cicatrice... Elle avait plutôt bien cicatrisée. Il ne l'aurait pas eu s'il ne m'avait pas approché de trop près pendant un moment d'absence. Je l'ai frappé par réflexe, et il ne me l'a jamais reproché.
J'haussais les épaules et refermais derrière moi. J'allais fais un tour dans la soute à provision, voir ce que je pouvais voler d'autre, quand j'entendais de l'activité. Quelqu'un était en train de faire du nettoyage. Zut.
Je fis demi-tour et rejoignis Aly. Elle dormait toujours à poings fermés, et pour ne pas la réveiller, je pris place dans un autre hamac. Après tout, on squattait à deux une chambre conçue pour quatres.

Etrangement, je n'avais pas vu la capitaine de la journée. Elle n'avait même pas ordonné la préparation des repas. Pour ma part je m'en fichais, j'avais volé suffisamment de provisions pour deux pour quelques jours. Nos rations d'eau étaient prises avec modération, et je referai le plein avant de partir demain matin. Mais ce manquement grossier à ses obligations me tapait sur le système. Elle n'avait rien tenté pour la maladie, simplement confiné les hommes dans leur chambre et, après la tempête, n'avait plus pointé le bout de son nez. Tout ceci confortait non seulement l'idée que nous étions tombés dans un piège, mais en plus que j'étais bel et bien visée. Elle se fichait des hommes qu'elle avait emmenés, avait provoqué des catastrophes et abandonné les chaloupes pour que je ne tente pas de m'enfuir. Le reste lui importait peu. Ce qui m'étonnait c'est que j'étais toujours libre de mes mouvements. Elle aurait pu très bien m'enchaîner pour que je reste sage, mais semblait avoir besoin de mon consentement. C'était mon avantage, et je comptais bien le garder aussi longtemps que je pourrais.

Je passais le reste de la soirée et de la nuit cloîtrée dans la chambre. Putain qu'est-ce qu'on pouvait se faire chier dans un rafiot pareil. Je n'avais même pas trouvé de carte de jeux pour passer le temps. Résultat, j'avais aidé Alasan à déssiner sur les murs avec le sang d'un rat qu'elle avait miraculeusement attrapée toute seule.
Elle s'était endormie à même le sol, et j'avais barriqué la porte comme la dernière fois avant de me caler dans un hamac.

Le lendemain, j'eu des difficultés à me réveiller, embourbée dans un autre rêve mémoriel, mais qui, celui-ci, s'effaça peu après.
Comme nous ne devions pas tarder à arriver, je fourrais la gourde d'eau restante dans le sac de viande, lui-même pendu son mon épaule, avant que la voix masculine familière d'un marin ne crie à travers les couloirs de tous nous préparer à accoster.
Je sorti au même moment que le rouquin dont je ne connaissais même pas le nom. Puis le type aux cheveux noirs et longs de la veille se pointa à son tour. Je les laissais remonter en premier avant de les suivres, Aly dans mon ombre.
Sur le pont, j'avançais aux pas des autres jusqu'à l'avant. Un spectacle grandiose s'offrit à moi: l'horizon était sombre. Sombre d'un filin de terre déformé par les montagnes. Enfin! Je m'écartais du groupe pour aprécier notre dernière ligne droite. De l'autre côté, j'observais la Détraquée. Elle était auprès d'un de ses hommes, l'air plus pâle que d'habitude. Je me demandais bien ce qu'elle allait faire, maintenant que nous étions arrivés.
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MessageSujet: Re: Débarquement    Dim 25 Juin - 16:34

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Je retournai dans ma chambre rassembler mes affaires. Je demandai à El’sha de m’attendre dehors, mais il tint à rentrer pour garder un œil sur moi. Tant pis pour l’intimité.
Tout était éparpillé et mouillé, mais je récupérai le principal. Dans le miroir de ma coiffeuse – qui était renversée sur le sol -  je pouvais constater à quel point j’avais mauvaise mine. Je passai un peu de lotion caféinée sur le visage, mais je ne pus constater la moindre amélioration sur ma peau blafarde. Mes cernes étaient plus prononcés qu’à l’habitude et je crois bien que j’avais les yeux rouges. Je me passai un peu de rouge à lèvre.
« Plus pour l’habitude... me dis-je pour me réconforter. Pour l’habitude... »
Je sortis le sac de lettres de son contenant, me retenant de le fouiller avec un El’sha à la jalousie maladive dans mon dos. Je récupérai le sac de mes vêtements et sortis une nouvelle robe pour me changer. El’sha regarda ailleurs pendant quelques secondes.
Je passai un rapide coup de brosse dans mes cheveux. Je récupérai également le sac avec le grimoire et les divers ingrédients.
Je remarquai soudain mon taser sur le sol en plein milieu de l’eau. Marchait-il toujours ? Je l’avais complètement oublié. Je me baissai pour l’attraper. Et puis j’appuyai sur le bouton pour vérifier s’il fonctionnait toujours.

« Ancilla ! Mais qu’est-ce que t’as encore fait ?! »
J’ouvris les yeux, j’étais à terre. j’avais l’impression de m’être brûlée. Chaque muscle était douloureux. La vache ! Ce que ça faisait mal de se prendre un coup de taser…
« Je voulais voir si cette saloperie marchait toujours…
- Mais tu devrais savoir qu’il ne faut jamais utiliser un appareil électrique lorsqu’il est mouillé… »
Je balançai le traître-objet dans un sac.
El’sha n’avait qu’un sac et m’aida donc à porter deux des miens. Celui des vêtements, et des affaires occultes.
Et là, maintenant que le moment était venu de débarquer, tous les soucis du bateau me revenaient dessus telle une vague meurtrière.
Les hommes rescapés d’une maladie non identifiée, Rain qui allait se faire la malle si on ne faisait rien, le bateau abîmé…
« On fait quoi pour Rain ? » demandai-je.
Jouer la diplomatie n’était certainement pas suffisant, mais la prendre par la force n’était pas l’idée la plus judicieuse pour nos rapports sociaux.
Je ne pouvais pourtant pas prendre le risque de la laisser filer.
« C’est à toi de prendre la décision, me répondit El’sha. Mais si tu veux mon avis, il vaut mieux la maîtriser pour plus de sécurité. »
J’étais du même avis. Mais les choses n’était pas si simples et je ne voulais pas prendre le risque que ça finisse mal.
« Je vais aller lui parler, décidai-je. Je vais aviser en fonction. Va chercher Glenesh et Niglo. Et passez derrière elle. Si je te regarde, maîtrisez-là. »
Je ressortis mon taser que je lui tendis.
Bon, il déconne mais il marche toujours. Enroule un tissu autour de tes mains pour t’isoler du courant.
Les choses auraient été plus simples si je n’avais pas eu tous ces soucis qui s’était enchaînés. J’aurais prévu le coup à l’avance. Je serai allée une nuit récupérer la gamine pour la garder de côté. Rain ne serait certainement pas partie sans elle et j’aurais été tranquille. Mais encore une fois, bonjour les rapports sociaux avec cette furie.  
Je me dirigeai vers l’avant du pont. Le courant d’air frais du vent qui venait jouer dans mes cheveux  était apaisant et je m’autorisai un instant à fermer les yeux. Je les ouvris rapidement, de peur de perdre encore pieds si je les gardai fermés trop longtemps. J’avais peur de ce qui pourrait se retrouver en face de moi… Mais rien pour l’instant. Juste la fatigue habituelle et mon estomac qui criait famine. Le fleuve était large et le vent venait de l’est à présent, ce qui fit qu’il nous poussait toujours dans la bonne direction.
Je me retournai pour chercher Rain du regard. Elle n’était toujours pas là malgré l’annonce de Niglo. Je regardai El’sha. Il me sourit. J’aimais bien voir son sourire. C’est comme si plus rien autour n’existait pendant quelques secondes. Plus de tourments, de souffrance  ni d’obligations.
Alors que j’allais descendre pour aller la trouver, elle apparut à son tour sur le pont.
Bon. Je regardai  à nouveau El’sha.
« va chercher les autres et soyez vigilants et discrets. »
il s’éloigna. Je me retournai à nouveau pour regarder l’embouchure du fleuve qui se rapprochait.
d’ici un petit instant, nous devrions arriver à destination. Ne nous restera après qu’à retrouver l’homme qui devait nous y attendre avec les chevaux. La chevauché ne sera pas longue.
Je respirai un grand coup et me retournai pour aller voir Rain.
« Bon, nous arrivons à destination il me semble, commençai-je. Des chevaux nous attendent là nous allons débarquer. Je t’ai laissé libre de tes mouvements sur le navire et ce, même si tu as tué un homme. Ne va pas commencer à le nier, ça m’est bien égal tant que tu ne tues pas l’un des miens et par ailleurs, je reconnais assez bien l’odeur du sang de loin. »
Je marquai une courte pause, blasée. J’avais envie à cet instant précis de lui coller un bon coup de taser bien placé rien qu’à voir son regard hautain et méprisant.
« Maintenant nous allons quitter le navire. Je n’ai pas envie de faire un bras de fer avec toi parce que d’une part je le perdrais et d’autre part j’ai déjà bien assez de choses à gérer comme ça. Je ne chercherai pas t’enchaîner. Mais sache juste une chose : Il n’y a rien sur le continent. Tout est détruit et c’est le désert. Nous allons rebâtir une cité et si tu restes avec nous tu ne seras pas entravée. Tu ne devras même pas participer aux travaux. Tu auras de l’eau de la nourriture et un toit, chose que tu n’auras pas en dehors de la cité.  Et si tu décides malgré tout de t’en aller, sache que je t’ai trouvée une fois et que je te retrouverai à nouveau, où que tu puisses aller. Alors si tu as bien compris cela je ne devrais même pas à avoir à te poser cette question. Mais je la pose tout de même : veux-tu donc bien nous suivre ?  »
Je soutins fermement son regard. J’avais assuré un commandement des plus minables depuis que j’avais mis le pied sur ce fichu rafiot et tout allait de travers. Mais j’avais réussi ma mission et il était grand temps de reprendre les choses en main à présent. Dans l’après-midi, je vais retrouver Chael.
Chael…
Il me tarde de le revoir. J’espère seulement qu’il ne sera pas déçu.

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MessageSujet: Re: Débarquement    Dim 25 Juin - 19:29

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Comme je m'y attendais, la reine des damnés vint à ma rencontre. J'essayais de force de cacher un sourire moqueur rien qu'à penser au résultat de son commandement. Je connaissais des hommes de la prison qui savaient mieux diriger qu'elle.
Accoudée à la rambarde, face au vent, je poussais ma tresse derrière l'épaule sans lui accorder plus d'intérêt qu'elle ne le méritait. A côté de moi, Alasan regardait le continent approcher avec son intérêt amorphique habituel, sa petite main dans la mienne.

_Bon, commença avec assurance la Détraquée, nous arrivons à destination il me semble. Des chevaux nous attendent là nous allons débarquer. Je t’ai laissé libre de tes mouvements sur le navire et ce, même si tu as tué un homme.

J'arquais un sourcil sur cette affirmation. Pas que je l'avais caché, mais je me demandais comment elle l'avait su. Les prisonniers ne sont pas de grands commères. Cela dit, si elle était au courant depuis le départ, elle n'avait rien fait pour remédier au danger que je représentais. Le coin de mes lèvres se souleva légèrement. J'avais un sacré avantage, elle avait bien trop besoin de moi. Elle poursuivit immédiatement.

_Ne va pas commencer à le nier, ça m’est bien égal tant que tu ne tues pas l’un des miens et par ailleurs, je reconnais assez bien l’odeur du sang de loin.

Sans déconner? J'aimerai bien le sentir aussi, mais puisse que c'était moi qui le répendait, je savais toujours où il se trouvait. Je la laissais continuer son monologue de bienséance, n'en ayant plutôt rien à foutre, mais ça m'amusait de voir de quelle manière elle pensait gérer la suite des évènements.

_Maintenant nous allons quitter le navire. Je n’ai pas envie de faire un bras de fer avec toi parce que d’une part je le perdrais et d’autre part j’ai déjà bien assez de choses à gérer comme ça. Je ne chercherai pas t’enchaîner. Mais sache juste une chose : Il n’y a rien sur le continent. Tout est détruit et c’est le désert.

Disons que ça ne m'étonne pas. Quoique j'ai un gros doute quand à ses paroles. Elle pourrait tout aussi bien dire ça simplement pour me faire hésiter. Devant mon silence, elle reprit:

_Nous allons rebâtir une cité et si tu restes avec nous tu ne seras pas entravée. Tu ne devras même pas participer aux travaux. Tu auras de l’eau de la nourriture et un toit, chose que tu n’auras pas en dehors de la cité.  Et si tu décides malgré tout de t’en aller, sache que je t’ai trouvée une fois et que je te retrouverai à nouveau, où que tu puisses aller.

Nouveau haussement de sourcils. Vu comment elle en chiait avec moi rien que dans un lieu clos, j'ai fort à parier qu'elle serait tout bonnement incapable dans la nature. D'autant que la prison de l'île est la plus réputée, à ce que j'en sais, c'était pas compliqué de commencer les recherches par là. Non, franchement, elle ne m'impressionne pas. Cela dit, ses pouvoirs pourraient peser dans la balance, et ça, ce n'est pas négligeable. J'aurai quelques réglages à faire de mon côté à ce niveau là.

_Alors, termina-t-elle, si tu as bien compris cela, je ne devrais même pas à avoir à te poser cette question. Mais je la pose tout de même : veux-tu donc bien nous suivre ?

Je regardais Aly, qui m'ignorait royalement, comme si j'aurai pu avoir son avis. Mais je savais déjà ce que je voulais.
Je haussais les épaules, flegmatique.

_C'est pas comme si j'avais quelque part d'autre où aller.

Ce fut tout ce que je lui répondis, avant d'entraîner Aly un peu plus en avant pour clôturer la discussion.
Des chevaux? C'était intéressant. Elle était attendue? A quel point sa mission est de grande envergure? Je devais avouer que les choses me rendait curieuse, mais comme on le dit si bien: la curiosité tua le chat.

Plus loin, le roux s'approcha de moi, un sourire timide au visage.

_Salut...

Comme si je ne l'avais pas vu la veille. Mon regard froid le rendit mal à l'aise, et il trépignait d'un pied sur l'autre. Il me tendit une main.

_Euhm... Je m'appelle Enio. Je n'ai pas eu l'occasion de venir te parler depuis tout ce temps.

Et bien, t'aurai pu garder ton attention plus longtemps. J'allais le rembarrer, quand je me dis qu'il serait toujours utile d'avoir un allié à ses côtés. Il ne transpirait pas, était propre et soigné, pour peu qu'il portait des vêmtements usés, et semblait en forme. Pas malade. Le dernier prisonnier aussi, semblait en forme. De l'autre côté de l'avant-pont, il avait attaché ses cheveux longs, et sa barbe flottant au vent, il regardait l'horizon.
Bon, pourquoi pas. Je lui pris la main avec un sourire tout calculé.

_Enchanté, Rain. Et voici Alasan.

Il en fut tellement heureux que j'avais envie de rire. C'était tellement facile, parfois. Pendant que le navire voguait tranquillement jusqu'à la côte, nous discutions de tout et de rien. J'appris que le dernier prisonnier s'appelait Auguste, et qu'il avait abandonné son frère sur l'île. Quelle horrible tragédie. Non, sans rire, j'en avais rien à foutre. J'avais un dégoût viscéral pour les hommes et l'espèce humaine en général, j'avais juste le chic pour jouer la comédie.

Le navire arriva enfin au port. Et je retins un souffle de contemplation.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Débarquement    Dim 25 Juin - 21:53

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« C'est pas comme si j'avais quelque part d'autre où aller. »
Sa réponse avait été lancé sans la moindre hésitation. Cela ne garantissait pas une sincérité absolue, mais dans l’immédiat cela me suffisait.
« Parfait. »
Je lui tournai le dos et repartis à l’avant. Glenesh annonça enfin le port où nous pouvions voir une petite charrette et trois chevaux.
Je m’accoudai à la rambarde, rêveuse. Une courte chevauchée et je retrouverai enfin Chael. Je souris en regardant le port se rapprocher.
Une tape douloureuse sur la main me tira d’une nouvelle absence. Je regardai El’sha qui venait de me la donner. Il me fit signe de la tête vers le sol à ma gauche.
Un énorme cafard, immobile d’abord, finit par s’éloigner. Quoi, j’avais vraiment essayé de le manger lui aussi ?!
Je fus prise d’un accès de fureur et, dans un cri, je me jetai sur une caisse derrière laquelle la vermine avait disparue pour tenter de la déloger à coups de pied.
El’sha vint me soulever par la taille.
« Mais lâche moi, lâche moi ! J’suis plus en train d’essayer de bouffer ce putain de cafard, là, je veux juste l’éclater ! Alors lâche-moi à la fin ! »
Il me porta à l’écart, un peu plus loin sur le pont jusqu’à ce que je retrouve mon calme.  
Il prit ma tête entre ses mains et posa son front contre le mien.
« On va quitter le bateau, on arrive. Ca va aller, d’accord ? »
Je fermai les yeux en faisant glisser ma tête jusqu’à son épaule. Il referma ses bras sur moi.
« Ca va aller. Tu entends ? Tout va bien se passer. »
je fis oui de la tête.
« Allez, viens. »
Le bateau s’immobilisa enfin. Je pris un sac et suivis El’sha et Glenesh qui descendirent en premier. Derrière moi, Rain et la gamine, Puis les deux survivants de l’épidémie, un homme noiraud et un roux, et en dernier Niglo refermait la marche.
J’allais droit jusqu’à mon cheval, un magnifique pur sang d’un noir de jais. Il s’approcha et renâcla en me voyant puis secoua sa tête vers le bas.
« Oui, tu m’as manqué aussi mon tout beau... » dis-je en posant une main sous sa tête et une autre sur son chanfrein pour le caresser avant de poser ma tête sur la sienne.
Je me retournai vers Rain pendant que mes hommes chargeaient nos bagages dans la charrettes.
« On va y aller. Nous y serons rapidement si on se dépêche. Tu vas monter derrière moi et la gamine ira avec un de mes hommes. J’imagine bien que ça ne va pas te plaire, mais il n’y a pas vraiment d’autres configurations possibles. Tu ne sais pas monter et mes hommes feront attention à elle. »
Nous n’allions pas monter à trois sur mon cheval, elle ne savait certainement pas monter à cheval par ailleurs et je n’allais pas la laisser seule avec la petite pour qu’elle se sauve de son côté.
J’espérais juste arriver à la convaincre rapidement, sinon il n’y aura vraiment pas d’autres choix que de monter à trois sur ma monture.
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MessageSujet: Re: Débarquement    Dim 25 Juin - 22:59

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Les marins firent descendre le ponton, et je suivis la Détraquée du regard, le sourire encore scotché à mon visage suite à sa scène de rage. Elle bouffait souvent des insectes rampants? Elle était totalement perchée, la pauvre fille. J'en avais vu des types cramés du ciboulot, et elle faisait un bon score dans le tableau.
Accompagnée des deux derniers gus, je descendis avec Aly. Il n'y avait pas grand chose à voir de ce côté-ci du continent, apparemment. Quelques cabanes – décrépies – de pêcheur se dressaient contre le temps et les tempêtes, le sol était sec et des mauvaises herbes asséchées le fissurait par endroit. Pour seul paysage, des arbres morts et une rangée de rocheuses qui touchaient le ciel, entouré par une brume légère. Il faisait un peu plus frais que sur l'île de la prison, je ne serai pas contre me dégoter un gilet.
Mauvais point pour moi, ce lieu n'était qu'un point de passage. Peut-être que la Détraquée ne mentait pas sur le fait qu'il ne restait plus grand chose de ce monde... Il n'était pas encore temps de se faire la malle, donc.
La Détraquée s'approcha sans hésiter à un cheval noir arnaché sous un porche. Trois autres cheveaux attendaient sagement, tous plus beau les uns que les autres. Alors que nous nous en approchions tous, Alasan les ignorait éperduement, les yeux levés sur la lignée pointue barrant l'horizon. Elle voulait qu'on s'en aille, je le sentais. Mais pour l'instant, c'était impossible. Patience.
Les trois guignols détachèrent chacun leur cheval, et l'un d'eux attachait une petite cariole à deux des bestiaux, avant d'y charger les bagages.

La Détraquée m'interpella.

_...la gamine ira avec un de mes hommes...

Fut tout ce que je retenu dans son babillage. Je perdis mon sang froid et m'approcha dangereusement d'elle, poings serrés, nos souffles s'entrechoquaient.

_Ne crois surtout pas que je t'accorde, à toi ou à tes foutus mâles, la moindre parcelle ou la moindre hésitation de confiance, vociférais-je à voix basse. S'ils osent toucher à un seul cheveux de ma gosse, je les tue, et je te crève aussi.

Je me retournais vers Aly et la tira doucement vers moi. D'un geste de la tête, j'indiquais la charrette avant de nous y diriger.

_On va là dessus, si ça te plaît pas, on peut régler ça au corps-à-corps.

J'étais tellement enragée qu'elle ait simplement suggéré cette idée dégueulasse que j'avais envie de lui briser tout les os, à cette pute pour hommes.
Enio et Auguste restaient silencieux, un peu à l'écart. Je ne savais pas s'ils prendraient ma défense, mais vu qu'ils doivent se douter que quelque chose cloche dans le plan d'une capitaine qui n'en a rien à faire d'eux, je peux presque parier sur leur coopération.

[Suite dans le Realmwitch: Rise of Shadows]
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Débarquement
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