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 Débarquement

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Ancilla
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MessageSujet: Re: Débarquement    Sam 17 Juin - 17:40

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La femme semblait arborer un petit sourire. Je ne savais pas trop comment allait se dérouler la suite, mais si elle pouvait coopérer ce n’était pas plus mal.
« Rain », me répondit-elle calmement, avant de me présenter la gamine qui s’appelait Alasan.
Je remarquai alors en posant mon regard sur cette dernière qu’elle fixait quelque chose dans le mur. Mais de là où j’étais, je n’aurais su dire quoi. Probablement un rat.
« Rain la furie... » lançai-je amusée, presque à la limite de la provocation.
- J'ai faim. Et Aly aussi, me signala-t-elle. Je veux juste manger. S'il te plaît. Aly ! Tu veux manger ? »
La gamine confirma d’un subtil mouvement de la tête.
- Vous voyez? Je ferais rien tant qu'elle sera saine et en sécurité. Rien du tout. J'embêterai même pas les g... gars. »
J’avais l’impression d’avoir une mendiante en face de moi et dus me retenir d’éclater de rire. Si je n’étais dans un tel état de fatigue et d’inquiétude, je pense que je n’aurais pas pu l’empêcher.
« Comment peux-t-on bien avoir faim sur ce maudit rafiot… » demandai-je nauséeuse.
Je me retins de rajouter « comment peux-t-on bien avoir seulement faim. »
parce qu’au fond de moi, je le savais très bien. La faim appartenait aux vivants. Ceux en bonne santé. Ceux qui n’ont pas la responsabilité d’un enjeu terrifiant. Ceux qui ont encore les clés de l’ignorance de leur destin, mais qui peuvent encore le choisir par le propre choix.
Un craquement retenti derrière moi et je sursautai en me retournant. Personne. Juste ce maudit bateau grinçant qui se foutait de ma gueule. Salopard.
Je rajoutai ensuite en regardant à nouveau Rain :
« Le repas va mettre un peu plus de temps que prévu à arriver, expliquai-je. J’ai eu un petit accident en cuisine… »
Je lui montrai ma main gauche à l’index contenu dans son bandage ensanglanté.
« Mais mes hommes se débrouillent très bien sans moi, rajoutai-je avec une pointe d’amertume. Je voulais continuer à préparer le repas avec eux, mais ils m’ont fichue hors de la cuisine... Un comble, n’est-ce pas ? Ce sera plus facile maintenant avec vous autres, nous aurons un peu d’aide pour toutes les corvées. »
Je pris les clés et m’approchait d’elles pour les détacher.
« Je te détache, mais je te préviens qu’au moindre faux pas tu reviendras croupir ici pour le restant du voyage. Et il y en a pour de longs jours... »
Estimant qu’elle devait bien avoir saisi le message après tant de sommations, je la libérai de ses chaînes et fis de même avec Alasan.  

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Rain Sword

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MessageSujet: Re: Débarquement    Sam 17 Juin - 19:51

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Je regardais sa blessure un sourcil arqué. Elle n'a pas du y aller de main morte pour se couper comme ça rien qu'en faisant la cuisine. On dirait presque qu'elle est parfaitement innocente, si on oubli son arme électrique dont elle sait probablement mieux se servir que je ne pense. Sans rire, là, comme ça, elle a l'air tout ce qu'il y a de plus féminin chez une femme, et tout droit sortie d'un bourg d'aristos. Je n'arrivais même pas à déceler une once de manipulation dans son regard. De dieu! Je perdais mon sens des réalités si je me laissais abuser aussi facilement.
Je lui rendis un sourire mesuré.

_Je ne suis pas plus douée en cuisine, mais je me débrouille avec les herbes. J'ai quelques notions d'alchimie basique. Si tu as de quoi dans ton bateau, je peux rendre ta blessure moins douloureuse, et faire en sorte qu'elle guérisse plus vite.

Elle me détacha enfin, et je me senti tout de suite mieux. Je massais mes poignets alourdis, heureuse d'avoir un minimum de liberté de mouvement, et me levais pour m'étirer. Aly était revenu vers moi et me pris la main, avant de la secouer, me regardant fixement. Je posais ma main libre sur sa tête et l'ébouriffa.

_Pas tout de suite, c'est pas encore prêt. Tu mangeras plus tard, d'accord? Va jouer en haut.

Elle s'en alla assez brusquement, ce qui me fit soupirer. Elle était irrité que je ne réponde pas à sa demande sur l'instant, et je pouvais comprendre. Elle avait beau être autiste, quelque chose se passais dans sa petite tête et je pouvais le sentir. S'il lui arrivait quoi que ce soit là haut, je pourrais intervenir rapidement. Quand elle revienda à moi plus tard, je pourrais demander une feuille et de crayon pour qu'elle puisse dessiner, ça l'occupera, et ça me servira... Pour l'instant, je la laissais vaquer à ses occupations et reporta mon attention à la capitaine, haussant une épaule.

_Elle sait se débrouiller, je m'assure juste qu'elle ne prenne pas de risques.

Je m'adossais au mur, préférant rester ici encore un peu, pour pouvoir discuter en privé, du moins, si un sujet s'y prêtait. Cette femme avait l'air d'en savoir beaucoup. Et puis, je trouverai peut-être un moyen de retrouver mes souvenirs si je suis confronté à des éléments familiers.

_Avant que tu ne me pose la question, ce n'est pas ma fille. Elle... je sais pas, elle est toujours avec moi. C'est comme ça.

Je ne lui parlais pas de mon lien psychique avec elle. Déjà, elle n'avait pas besoin de savoir. Ensuite, je ne vois pas pourquoi je lui raconterai toute ma vie. Avant qu'elle ne réponde quoi que ce soit, je repris.

_On peut savoir où tu nous emmènes exactement? Est-ce que tu as une carte du monde? Et combien de temps va durer le voyage?

J'avais soudainement très envie de savoir à quoi ressemblait le reste du monde. Combien il y avait de continents? Fait-il froid? Ou très chaud? Est-ce qu'il y a des forêts et des falaises, comme sur l'île? Ou bien est-ce tout plat et mort? Et si c'était tellement moche que j'avais envie de revenir? Hm, non. Quand même pas. Je préfèrerai me terrer dans une grotte que de retourner en prison.

_Et puis, c'est quoi cette guerre dont tu as parlé?

Je croisais les bras et l'écoutais attentivement. J'avais encore un milliers de question, mais chaque chose en son temps.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Débarquement    Sam 17 Juin - 23:02

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« Je ne suis pas plus douée en cuisine, mais je me débrouille avec les herbes, m’avait-t-elle dit pendant que je la détachai. J'ai quelques notions d'alchimie basique. Si tu as de quoi dans ton bateau, je peux rendre ta blessure moins douloureuse, et faire en sorte qu'elle guérisse plus vite. »
Je souris. C’était presque mignon.
« C’est bien gentil, mais ça ira. J’ai plus urgent à m’occuper que d’une simple coupure. »
La gamine à peine détachée se dirigea vers Rain, lui prit la main et la secoua. Je l’observai avec attention. La femme lui expliqua que le repas n’était pas encore prêt et l’envoya jouer en haut, après avoir rapidement passé sa main dans les cheveux. C’est d’un air vexée que la petite se détacha promptement de Rain pour monter sur le pont.
J’allai demander par l’écoutille que quelqu’un la surveille, lorsque Rain me dit qu’elle savait se débrouiller. Bon, ben tant mieux.
La femme s’adossa au mur.
« Avant que tu ne me pose la question, ce n'est pas ma fille. Elle... je sais pas, elle est toujours avec moi. C'est comme ça. »
Je n’eus pas le temps de dire que je le savais qu’elle enchaîna :
« On peut savoir où tu nous emmènes exactement ? Est-ce que tu as une carte du monde ? Et combien de temps va durer le voyage ? »
Elle commençait à me donner sérieusement mal à la tête avec toutes ces questions. A moins que ce soit ce maudit tangage. Ou les deux. Sa curiosité ne me plaisait pas du tout.
« J’ai déjà répondu à ta dernière question, je ne peux pas être plus précise car cela dépend de plusieurs paramètres de navigation. Quant à l’endroit où nous allons, je ne pense pas que cela te sera très utile de le savoir. Nous allons rebâtir une cité sur le continent. C’est tout ce qu’il y a à savoir. De toute façon, c'est un peu nulle part partout, alors quel interêt de savoir où est-ce, dans ce nulle part ? Connais-tu au moins le nom des cités qui ont été rénovées avec les moyens du bord ? Je n'ai pas l'impression que vous étiez informés de quoi que ce soit extérieur à votre île. »
Mais au fait, savait-t-elle seulement ce qu’était une cité ?
Elle me demanda ce qu’était la guerre dont j’avais parlé. Seigneur. Si je devais donner un cours d’histoire maintenant…
Je soufflai de lassitude.
« Une guerre qui a durée des décennies et qui a tout détruit… Il… »
Je m’interrompis. Mon mal de crâne commençait à s’intensifier sérieusement.
« Et puis pourquoi toutes ces questions, d’abord ? m’emportai-je agacée. Montons, le repas ne va pas tarder à être prêt. »
Je tournai le dos pour quitter la chiourme, mais au lieu de me diriger vers les escaliers pour monter sur le pont, je m’enfuis précipitamment jusqu’à la porte de ma couchette pour m’y réfugier. J’eus l’impression d’entendre un sifflement me vriller le cerveau, sifflement qui devient aussi résonnant et puissant qu’une sonnerie de cor. J’agrippai ma tête en geignant.
« Je fais de mon mieux ! » m’écriai-je désespérée. Lai… laissez-moi du temps... dis-je plus doucement.
C’était insoutenable. Je reculai et m’assis sur mon tabouret devant le miroir de la coiffeuse.
Je ne savais déjà pas comment m’y prendre. Que faire de plus ?
Je sentis mes forces me quitter.
« Merde, j’ai pas verrouillé la porte… » réalisai-je. Je ne voulais surtout pas que quelqu’un vienne m’importuner. Si je ne tenais à avoir encore El’sha dans les pattes, je devais vite le faire. Alors que j’essayai de me redresser, la confusion me saisit et je perdis l’équilibre, tombant sur le meuble qui se renversa, emporté dans ma chute.








































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MessageSujet: Re: Débarquement    Dim 18 Juin - 0:09

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C'est simple, elle n'avait répondu à aucune de mes questions. Elle avait même fuis précipitamment... Les yeux ronds, j'avais du mal à en croire mes yeux. Sérieusement ? Elle ne sait rien ou elle veut rien me dire ? De plus en plus louche, cette donzelle. Détraquée, ça lui va de mieux en mieux. Son comportement ne fait que renforcer mon sentiment de malaise vis-à-vis du destin qu'elle nous réserve. Elle ment. J'en suis sûre. Enfin... Presque sûre. Tssk. En tout cas, le bercement constant du bateau ne me dérangeait pas, à moi. Il en fallait plus pour me déstabiliser.

Je roulais des yeux avant de me redresser. Au moins, j'étais plus libre de mes mouvements, j'allais pouvoir faire un tour du navire. Il était plutôt imposant, il n'y avait pas de quoi se rentrer dedans, même avec tout ce nouveau monde. J'allais monter à l'étage lorsqu'une odeur particulière me caressa les narines. Celle du vin, entre autre, mais aussi de charcuterie, et un fin mélange de pomme de terre en cuisson. Cela venait de la cuisine ? Mais la porte en face de moi m'intriguait. Je tirais la poignée quand j'entendis un bruit sourd plutôt inhabituel, venant du fond du bateau. Pas que j'avais une certaine expérience avec les bruitages marins, mais j'étais prête à parier que ce n'était pas normal.
Il n'empêche que je ne connaissais pas du tout le rafiot et que j'allais devoir tester sans discrétion toutes les pièces pour trouver d'où ça venait. Je haussais les épaules, il allait bien falloir commencer par le début, et ouvrit la porte dont je tenais toujours la poignée de métal rouillé. Apparemment, il s'agissait de la soute à provisions. J'imagine qu'elle est ouverte par habitude d'être peu nombreux, en espérant qu'ils ne prennent pas d'initiatives anti-fouineurs avant un moment. Quoiqu'il en soit, l'odeur de charcuterie venait de cette pièce sombre. La lumière extérieur me permis de distinguer des sacs de toiles, et l'envie d'en ouvrir un ou deux me tenta. Etait-ce une bonne idée ? On allait bientôt manger donc... Arf, un peu de gourmandise n'a jamais tué personne. Je fis quelques pas à l'intérieur quand quelque chose de mou percuta mon front. Par réflexe, je reculais en geignant un « yeurk ! », avant de comprendre qu'il s'agissait d'une cuisse de jambon cru déjà entamée, accrochée au bout d'une corde au plafond. La bonne odeur me mis l'eau à la bouche, mais je n'avais pas de couteau pour en prendre un morceau. Mon estomac gargouilla en protestation, mais il allait devoir être patient. Contre le mur du fond, plusieurs gros sac étaient empilés les uns sur les autres. Probablement des pommes de terre. Je décidais de laisser tomber, pour partir à la recherche d'un couteau. De préférence, pas dans la cuisine. Je refermais donc la porte derrière moi pour accéder à l'étage du dessus. La cantine était ouverte et plusieurs hommes étaient déjà à table, discutant joyeusement, attendant que le repas leur soit servis. J'évitais cette pièce, tout en notant qu'Aly s'y trouvais peut-être, pour me diriger dans le couloir. Apparemment, c'était les dortoirs. Certaines chambres étaient ouvertes, et deux ou trois personnes se reposaient sur leur hamac. Si je ne me trompais pas, il y en avait quatre par chambres, et trois portes de chaque côté, donc six chambres au total, sauf si certaines pièces n'étaient pas faites pour dormir. Rien qu'à y penser, j’appréhendais vraiment le moment d'aller me coucher. Hors de question de dormir avec ces molosses sans cervelle. Je pense que, s'il m'en est permis, je m'aménagerai un coin dans une cale, à l'abri des regards indiscrets. Cela dit, les chambres semblait assez fortunées. Il y avait un hublot qui laissait passer le soleil, en espérant qu'il soit possible de l'ouvrir. L'air marin, ça fait du bien aux poumons.
En traversant lentement le couloir, illuminé par des lanternes à poix, j'entendis le bois craquer sous les pas d'un matelot. Le dit El'sha, il me semble. Il m'ignorait royalement et avançait à grandes enjambées, de telle sorte que je dû m'écarter de son chemin avant qu'il ne me rentre dedans. Il se dirigea vers la porte du fond et tapa du poing dessus, assuré. Je le regardais faire avec curiosité. Pour marquer autant de respect devant cette pièce, il devait s'agir de la cabine de la capitaine. Et si le bruit de tout à l'heure venait de là ? Je m'éclipsais dans une chambre vide pour pouvoir l'espionner. Je n'entendais pas de réponse et me demandais s'il allait tout de même entrer ou pas. Pour ce que j'en avais vu, madame la Détraquée avait besoin de repos, elle était peut-être déjà en train de dormir. Je restais dans mon coin en dehors de la vue du gars, patientant calmement.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Débarquement    Dim 18 Juin - 1:47

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« Bordel, ce bruit… C’est assourdissant... » me dis-je à bout de force.
Je me relevai péniblement. Bon, le miroir n’était pas brisé, c’est déjà ça. J’avais assez de tourments comme ça sans avoir à supporter par dessus sept ans de malheur.
Mais comment j’allais remettre le meuble en place ?
J’essayai de le redresser, mais j’arrivais à peine à le soulever. Le bois ne pouvait pas être si lourd, sans quoi il n’aurait pas basculé si facilement… Je commençais à avoir un sérieux problème.
Je ne devais pas paniquer. Pour l’instant, tout allait pour le mieux. Je devais juste accélérer les choses.
J’avais redressé la coiffeuse de moitié lorsque la porte s’ouvrit.
« Qu’est-ce qu’il s’est passé ?! » s’inquiéta El’sha en accourant pour m’aider à soulever le meuble pour le remettre en place. J’étais plus essoufflée que quelqu’un qui aurait couru un cent mètres et j’entendais à peine ce qu’il me disait.
« J’ai trébuché », prétextai-je.
- Ne te moque pas de moi…
- Qu’est-ce que tu me veux ?
- Le repas va être servi, je venais te chercher... »
- J’arrive. »
Le parasitage – réduit à un simple bourdonnement à présent – s’était assez atténué pour que je puisse comprendre correctement mon interlocuteur.
Je m’assis sur le tabouret.
« Tu veux que je te mène ton repas ?
- Je t’ai dit que j’allais venir. Et ne me demande pas de me reposer ça ne sert à rien, j’ai beaucoup trop de choses à faire. 
- Ca peut bien attendre », estima-t-il en me regardant gravement.
- Non, ça ne peut pas attendre ! Je vais devenir folle si tout cela ne se termine pas au plus vite !
- Et as-tu pensé à ce qu’il allait se passer après ? Tu crois vraiment que…
- Ca suffit, sors d’ici tout de suite. 
- Ancilla… S’il te plaît, écoute-moi… Il faut vraiment que tu te reposes…
- Mais je ne peux pas me reposer, tu sais bien que je n’y parviens pas ! Comment le pourrais-je ?
- Si tu abandonnais cette histoire insensée ce serait tellement plus simple ! »
J’eus un rire étrangement inhabituel qui s’acheva sur une toux sèche.
« C’est bien trop tard pour faire marche arrière... »
Le regard d’El’sha s’obscurcit et se planta dans le mien.
« Pourquoi tu as fait ça ? Qu’est-ce que tu vas y gagner en fin de compte ? De mourir d’épuisement ?
- Ne sois pas stupide… Il… il n’ira pas jusque-là. Il a besoin de moi. 
- Mais après, Ancilla ? Après ! Quand il n’aura plus besoin de…
- Tais-toi ! Mais tais-toi, à la fin, s'il te plaît ! Je ne veux plus parler de ça, c'est compris ! T'as même pas fermé la porte... N'importe qui qui va ou sort de la cantine pourrait nous écouter...
- Je suis juste inquiet pour toi... Tu n'aurais jamais dû... »
Il y eu trois coups sur la porte et Glenesh apparut devant l’appartement.
« Tu devais aller la chercher El’sha, pas lui tenir la grappe pendant trois heures. Fous-lui la paix un peu au lieu de la faire chier toutes les trente secondes, t’es toujours sur son dos ! Elle est assez grande pour savoir ce qu’elle fait.
Cela, je n’en était plus si sûre…
« Merci, Glen, répondis-je néanmoins en évitant de laisser paraître mon désarroi.
- Ouais, ouais, et sinon, le repas refroidit. »
Je me levai et avançai lentement dans le couloir pour me rendre à la cantine.
Après ? Je ne sais déjà pas quoi faire maintenant, alors comment penser à après ?
Comment expliquer la vérité à tous ces gens sans risquer une révolte et surtout comment les convaincre de participer à cette folie ?
Il allait me falloir trouver comment, et rapidement.
L’imbriaque s’impatiente.
Une fois assise à ma table, je fixai mon assiette en touillant et retouillant incessamment la nourriture.
Trop chaud. Trop fort. Trop… écœurant. Je ne peux plus supporter l’odeur du poisson. Trop lourd.
Je mangeai une bouchée que je mâchai longuement. Puis une deuxième que je mâchai tout aussi lentement.
Pfff… trop froid à présent.
Et j’avais envie de vomir.
Je restai prostrée. Allez, au moins une dernière bouchée, ou El’sha qui me surveille depuis tout à l’heure, assis  en face de moi, va encore m’emmerder.
La bouchée de trop.
Le goût du poisson devint soudain épouvantable, comme s’il pourrissait instantanément dans ma bouche. J’eus une déglutition bruyante et plaqua une main contre mes lèvres. C’était immonde.
Je me levai et courus jusqu’à la porte pour remonter sur le pont et ainsi aller soulager mon estomac dans l’océan.

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MessageSujet: Re: Débarquement    Dim 18 Juin - 15:16

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Je me plaquais furtivement contre le mur de la chambre adjacente lorsque était apparu dans le coin de mon regard une silhouette. Un autre gars de l'équipage. Le rythme cardiaque effréné, tout ce que j'avais entendu confirmait mes doutes. Il se passait bien quelque chose de louche dans ce rafiot, et je comptais bien savoir quoi. Une « histoire insensée » ne concernait sûrement pas une aide ouvrière. Et qui était ce « il » ? Un homme puissant au-dessus d'elle ? Le commanditaire de la récupération de débris prisonniers dont personne n'en aura rien à foutre de leur destin ? Évidemment. En tant que main d'oeuvre, n'importe quelle personne plus proche de leur continent aurait suffit. Ils compte bien faire quelque chose en secret, et à mon avis, sûrement pas quelque chose que le premier clampin aurait accepté.
Le problème, c'est que personne ne me croirais. Ils penseront tous que je ne cherche qu'un moyen de foutre le bordel, alors qu'il leur a été promis la liberté. Ils foncent tous comme des bœufs chez le boucher, inconscients, crétins conditionnés. Tssk. Qu'ils crèvent, je m'en fou. Je me tire dès que je peux, avec Aly. D'ailleurs, je devrais aller la chercher pour manger un bout aussi. Ça ne sert à rien de se prendre la tête tant qu'on a pas posé pied à terre, ce n'est pas comme si je pouvais m'enfuir à la nage... Quoique... il reste des barques de secours. Je pourrais attendre la nuit pour m'en procurer une... Et après quoi ? Je ne suis pas navigatrice, je vais tourner en rond et mourir de faim, en entraînant la gosse dans mes conneries. Quelle super idée. Putain... je commence à croire que j'aurais mieux fait de rester sur l'île.

Le grincement de la porte m'indiqua qu'ils étaient en train de sortir. Pour aller manger, à ce que j'ai compris. Je restais dans l'ombre de la chambre, jetant un œil pour m'assurer qu'ils étaient tous partis, avant d'en sortir. Je trouverai bien des indices sur ce qu'il se trame ici... Je tirais le gros bouton de porte, mais il résista. Elle avait fermé à clef, mince. Je retournais dans la chambre d'à côté pour réfléchir. Il fallait profiter de la pause repas pour les fouilles de bureau, vu que la nuit, ce serait impossible. Le regard rivé sur l'océan, offert par le hublot, je sursautai. Le hublot ! Je jetais un œil furtif dans le couloir, entendant les éclats de voix et de rires des prisonniers, et fermais la porte, avant de me précipiter à la fenêtre ronde que j'ouvris d'un coup sec. Me penchant au dehors, je pouvais voir avec satisfaction que la cabine du capitaine en possédait une aussi. Tout ce que j'avais à faire, c'était m'accrocher au cordage qui entourait le navire. Par chance, je me trouvais du côté ont les barques avaient été retirées, ce qui ne gênait en rien un déplacement.
Doucement, j'attrapais la corde au-dessus de moi et me faufila à l'extérieur, par la force de mes bras. C'était pas mal risqué de tomber à l'eau, mais la quasi immobilité du bateau à l'arrêt était un bonus, malgré qu'un vent abrupte me balayait les cheveux vers l'arrière, mais j'avançais lentement jusqu'au hublot voisin. Je vérifiait que personne n'était entré dans la pièce pendant ce temps, avant de tirer l'encadrement. Il ne céda pas tout suite, et je cru un instant que mon plan était foutu. Finalement, le craquement du bois me fit sourire, et j'entrais, jambes en premier.
Un hamac, une armoire et une coiffeuse était tout ce qui composait la chambre en mobilier. Mais ce n'était pas ce qui me figea sur place.
Nombreux outils étranges étaient répandus sur le sol, outre ceux de coiffure et de maquillage. Des bougies étaient collées à la cire au bois des surfaces planes, comme le bureau et la coiffeuse, des morceaux de craies et de fusain traînaient ci et là, sans compter les innombrables dessins à même les murs, ou sur des feuilles placardées. Des symboles, pour la plupart. Dans un coin de la pièce, un bâton en bois, celui qu'elle portait ce matin. J'étais presque sûre de distinguer dans tout ce foutoir des tâches de sang. Sur les étagères, des flacons de multicouleurs, rouge, vert, bleu, violet... En m'approchant pour en saisir un, je remarquais qu'il y avait soit du liquide, soit de la poudre. Dans des bocaux plus gros, des ingrédients de toute sorte, herbes ou... petits organes, des yeux, des cœurs, des pattes... voire même des rongeurs entiers, des rats ou des corbeaux. Sur le bureau, un assemblement d'alchimiste composé de fioles. Des pierres brillantes reposaient en vrac, sans compter plusieurs livres empilés à même le sol. Un gros ouvrage était ouvert sur le bureau, mais je ne parvenais pas à en comprendre l'écriture. Pourtant, je reconnu certains symboles...
En relevant doucement mon chemisier, je constatai en effet que l'un des dessins était tatoué sur ma peau. Putain... Qu'est-ce que ça signifiait ? J'allais me reculer quand une violente migraine s'empara de moi, me courbant en deux, mains sur la tête. Je grognais de douleur, tandis que, les yeux fermés, des flash blancs me percutèrent. Je tanguais dangereusement quand toute cette mascarade cessa aussi vite qu'elle était apparu, me laissant pantoise et confuse. Ouvrant les yeux, j'avais l'impression d'être dans un environnement familier, comme si des souvenirs se manifestaient, mais que je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus.
Dieu de merde, c'est de pire en pire sur ce rafiot. Cette femme est une sorcière, c'est clair et net. Je devais partir au plus vite. Mon corps tout entier me hurlait de fuir. Prenant mon courage à deux mains, et l'esprit un peu plus clair, je jetais quand même un œil aux livres. Inutilement, puisse que j'étais incapable d'en lire les titres.
Tout mes soupçons étaient maintenant clairs et net : cette femme était une sorcière, comme les gardes en parlait parfois sur l'île, et qui a bien l'intention de se servir de nous. De pauvres prisonniers qui ne manqueront à personne et que personne ne cherchera à savoir ce qu'il leur ait arrivé. Quoiqu'il en soit, ce ne sera pas mon cas.

Ne traînant pas plus longtemps, et m'assurant avoir tout remis en place pour éviter d'éveiller des soupçons, je retournais à la fenêtre pour faire le chemin inverse, refermant correctement le hublot derrière moi. Pendue au cordage, j'entendis, plus haut au-dessus de moi, un écœurement guttural, comme si quelqu'un... vomissait. Pour confirmer ma pensée, un filet rougeâtre dégoulina pas loin de moi. En relevant la tête et prenant appuis sur mes jambes, je vis qu'il s'agissait de la capitaine. Je fronçais. Je comprenais mieux pourquoi elle nous cachait tant de choses quant à notre destination. Son état actuel en était sûrement le résultat.

Je rentrais dans la pièce et décida de partir à la recherche d'Alasan. Il fallait que j'ai une petite discussion avec elle. Je devrais la trouver à la cantine. Quittant nonchalamment la chambre, un flottement étrange dans la tête, je rejoignis la salle à manger. Comme je le pensais, Aly était en train de manger, seule à une petite table du fond. J'allais me servir avant de m'asseoir à ses côtés, face au vacarme de la pièce. Au moins, le boucan empêcherait quiconque de m'entendre.
Elle me sourit brièvement avant d'avaler un autre morceau de poisson. Visiblement, elle aimait bien. J'engouffrais quelques morceau dans mon gosier avant de lui raconter, à voix basse et proche de son oreille, ce que je venais de découvrir.
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MessageSujet: Re: Débarquement    Lun 19 Juin - 0:12

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Je me rendis jusqu’au pont, mi chancelante mi courante. J’espérais arriver à me retenir jusqu’à y parvenir, mais j’en doutais un peu plus à chaque seconde qui passait. J’étais en haut des escaliers lorsque mon estomac se contracta pour un premier renvoi. La bouche fermée, je courus sur la rambarde et mon estomac se contracta une nouvelle fois, évacuant toute la nourriture dans les flots en une seule fois.
« Aaaaah... » gémis-je.
Je respirai lentement, à pleins poumons.
Mon estomac me faisait un mal de tous les diables, mais il n’avait pas l’air d’en avoir fini avec moi.
Je me demandai combien de temps allait mettre El’sha à arriver. J’étais prête à parier mon commandement qu’il allait arriver d’une seconde à l’autre. J’aurais bien parié mon âme, si seulement elle m’appartenait encore.
Je me redressai et me retournai. Tiens, El’sha était là, mais il ne m’approcha pas. Il attendait que Niglo descende du nid de pie pour aller le relayer.
En attendant, il me regardait d’un regard triste, presque accusateur.  
Je fuis son regard.
Je me dirigeai vers le treuil de l’ancre en passant devant lui.
« On repart », annonçai-je. Dis à Niglo d’aller demander à tout le monde de retourner à la chiourme. »
Il m’attrapa le bras. J’avais horreur quand il faisait ça.
« Quoi encore ? » demandai-je.
Il ne répondit rien et me lâcha, avant de dire finalement :
« Pense à changer ton bandage. »
Je soupirai et allai remonter l’ancre avant de me rendre à la barre. Il me fallut un bon moment avant d’y arriver et je m’attendais à tout moment à voir El’sha débarquer pour terminer.
Le vent soufflait dans la bonne direction, alors il n’y avait pas grand-chose à faire. Niglo déjeunait, El’sha le remplaçait à son poste et Glenesh… la dernière fois que je l’avais vu, c’était devant ma chambre ou dans la cantine, je n’arrivais plus à me souvenir. Dans tous les cas, il devait être en train de finir son repas.
Je fixai l’horizon devant moi. Je devrais avoir assez de calme pour penser. Je devais trouver une solution rapide pour donner des explications à tout le monde sur la vérité, mais je ne savais toujours pas comment m’y prendre. Je demanderai peut-être conseil à El’sha quand il sera redescendu. Pour une fois, il pouvait peut-être se rendre utile avec ce qu’il me disait.
A qui parler en premier ? Aux dix occupants, ou bien à Rain ? L’une comme les autres, il allait falloir les mettre au courant rapidement. Si je commençais par la femme, j’avais l’avantage de pouvoir m’entretenir avec elle tranquillement à l’écart et trouver le moyen d’être convaincante. J’avais l’avantage que si ça ne se passait pas comme prévu, je pouvais la neutraliser rapidement
en attendant de lui faire entendre raison. Mais si jamais elle trouvait le moyen d’aller alerter les esclaves, elle raconterait tout à sa manière et ce serait fichu… D’un côté, parler aux autres en premier serait délicat. Je tournais en rond dans mes questionnements. Il me fallait trouver les priorités dans cette histoire pour savoir comment m’organiser. Je regardai l’océan. J’avais envie de me jeter dedans pour que tout se termine. D’en finir une bonne fois pour toute avec tout cela. Et après ? Je n’osai pas imaginer ce qu’il se passerait si je m’amusais à faire ça. L’éternité ne se profilait pas très rose, mais si je pouvais éviter au maximum de la rendre infernale, il valait mieux que je fasse attention. Quelque part à ma droite, le soleil s’apprêtait à se coucher d’ici quelques temps.
« Qu’est-ce qui différencie un esclave de son maître ? demanda la voix de Niglo dans mon dos.
- J’en sais rien.
- L’un porte des chaînes et l’autre les tire ! »répondit-il amusé.
- Va raconter tes blagues stupides à quelqu’un d’autre, soufflai-je maussade. 
- Oh, allez, quoi !
- Tu as gardé un œil sur la femme ?
- Je ne l’ai pas eu tout le temps dans le champ de vision, mais elle était avec les autres le peu de fois où je l’ai vu. »
Je me demandais où elle était la majorité du temps il ne l’avait pas eu dans le champ de vision. L’idée qu’elle se promène sans surveillance ne me plaisait pas trop.
« Sois gentil, arrange-toi pour garder un œil sur elle et la gamine avec les gars. Je ne pensais pas avoir besoin de le signaler », le réprimandai-je.
Il acquiesça presque penaud et se retira. Quelques minutes plus tard, El’sha arriva à son tour.
« J’imagine que tu n’as pas changé ton bandage », m’aborda-t-il.
- Tu imagines bien. »
Il prit ma main et regarda le tissus intégralement rouge.
« Viens par là que je te nettoie ça... »
Il avait la trousse à pharmacie dans sa main libre et m’amena m’asseoir sur une caisse à proximité. Je le laissai faire. A vrai dire, j’étais trop épuisée pour protester.
Il défit doucement la bande gluante et nettoya mon index avec de l’eau de mer avant de remettre un autre bandage.
« Voilà, c’était pas si compliqué », me gronda-t-il gentiment.
Malgré tout ce qu’il pouvait m’agacer à être toujours derrière moi, je me demandais ce que je ferais sans lui. C’était le seul à prendre soin de moi, à s’inquiéter et à me conseiller au mieux. J’avais souvent envie de l’écouter, de me laisser aller et de tout abandonner comme il me le conseillait régulièrement. Si seulement je le pouvais. Il ne pouvait pas comprendre. Il ne savait pas tout.
« Tu vas leur parler quand ? m’interrogea-t-il.
J’eus un moment de doute. J’avais envie de répondre que je ne savais pas.
« Demain », répondis-je finalement.
Je rajoutai :
« Ce soir, peut-être. A la femme. »
Il ne répondit rien mais hocha de la tête.
« On ne va pas tarder à mouiller pour la nuit, l’avertis-je. Va chercher les gens quand ce sera fait. »
Il me demanda si j’avais mangé quelque chose depuis le déjeuner et j’éludai la question.
« Garde un œil sur la femme et sur la gamine. 
- Niglo me l’a transmis tout à l’heure.
- Bien, je vais dans ma chambre.
- Je t’amènerai ton assiette.
- Laisser tomber, je n’ai pas faim. »
Il protesta, mais je lui tournai le dos et partis descendre les escaliers pour aller me coucher.
Arrivée devant la porte, j’eus un pressentiment inexplicable. A peine je l’ouvris que le hublot devant moi fis de même. Je fronçai les sourcils. Je refermai la porte et avançai pour comprendre. Le hublot était bien fermé correctement lorsque j’ai quitté la pièce, il ne pouvait pas s’ouvrir sur un simple appel d’air. En regardant de plus près, je me rendis compte que le système d’ouverture avait été forcé.
Dans la chambre, je pouvais percevoir flotter ça et là des halos d‘énergie rouge.

Bordel, ça commençait bien. Celle-là, j’allais la garder personnellement à l’œil.
Je fis le tour de la pièce pour vérifier que rien ne manquait. Je n’en avais pas l’impression, c’était déjà ça. J’hésitai un instant à feindre l’ignorance pour ne pas lui donner de soupçons, et puis je me dis qu’elle ne devait pas être si stupide que ça. Quand on force une entrée, on se doute bien que le système de fermeture sera cassé et que l’intrusion sera aperçue. Mais d’un côté, elle pouvait toujours nier que ce soit elle.
Le bon côté dans tout ça, c’est que si elle a pu voir le matériel, je pouvais lui parler plus aisément de la chose. Le moment était venu.
Je me dirigeai vers le tuyau sur le mur qui était relié directement à la cabine afin de m’adresser à la personne qui avait repris le pilotage.
« El’sha, Glen, Niglo, amenez-moi tout de suite cette petite pute. 
- Bien reçu », me répondit immédiatement la voix d’El’sha.
En attendant, je remis un peu d’ordre dans les produits de la coiffeuse qui étaient répandus au sol.


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Rain Sword

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MessageSujet: Re: Débarquement    Mar 20 Juin - 13:43

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Le repas manquait un peu de sel, mais j'en fis outre mesure, j'avais tellement faim que j'avais englouti mon plat en moins de cinq minutes. Aly avait terminé peu après mon arrivé et passé le reste du temps à m'écouter en regardant fixement l'eau de la carafe qui vacillait sous le balancement du navire. Je savais que ces moments d'absences n'était rien d'autre que des observations intenses de sa part, et que, du moins la plupart du temps, elle m'écoutait vraiment. Mais si le sujet ne l'intéressait pas particulièrement, elle ne montrait aucun signe d'attention.
Durant mon monologue et mes questions rhétoriques, j'avais pris soin de détailler mes confrères. Contrairement au temps où j'étais sur l'île avec eux, ils ne me regardaient plus vraiment de travers. En fait, soit ils m'ignoraient totalement, soit ils semblaient curieux, se demandant sûrement pourquoi j'avais droit à un traitement de faveur. Si la faveur consistait à rester attachée plus longtemps que les autres...
Je repensais à ma découverte de la chambre de la Détraquée. Tout ces bibelots occutes... et ce symbole... Je soulevais ma chemise, observant la multitudes de tatouages runiques sur mon corps. J'en avais oublié la signification, si un jour je l'avais connue. Pourtant, à ce moment précis, je pouvais voir les flammes de torches portées dans les mains de plusieurs personnes, les visages à demi-caché par les jeux d'ombres et la nuit ambiante. Tous marmonnaient quelque chose dans une langue que je ne comprenais pas. Ils m'entouraient, et je sentai la dureté de la pierre sur mon dos. J'étais allongée à mi-hauteur.
L'une des personnes, plus en avant que les autres, tenait un couteau dans les mains.

Avant qu'elle ne l'abatte sur moi, tout mes tatouages me brulèrent atrocement.

Je sursautais, surprise par la violente lumière du jour. Papillonant des yeux, le coeur tambourinant, je mis un instant à me rappeler où j'étais. Mes muscles me faisait souffrir tant ils étaient enraidit, ma poigne déchirant presque le pan de ma chemise.
Une petite main emprisonna la mienne et je posais les yeux sur Alasan, qui batait des jambes dans le vide, assise à côté de moi. Mon hallucination s'estompa comme un mauvais rêve, et je me détendis, lâchant mon vêtement pour prendre la main de la gosse.

_Putain... j'me suis endormie debout, je crois.

Pourtant, j'avais la nette conviction que ce n'était pas une hallucination, mais bien la réalité. Mon passé?
Ce n'est que lorsque je pris mon verre d'eau de ma main libre que je remarquais que je tremblais furieusement.

_Okay... Qu'est-ce qu'il m'arrive, moi, encore, maugréais-je à voix basse.

Je terminais quand même de m'hydrater le gosier, tout en remarquant que le pied de la table sur laquelle nous mangions était fracturé. Un bout de bois pointu comme un pieu dépassait. Comme le mobilier était cloué au parquet pour éviter les accidents de violentes vagues, il n'avait tout de même pas bien résisté aux chocs. Un plus pour moi. Je lâchais Aly pour me pencher, et tirer un peu plus l'écorchure. Elle céda, ne laissant que la moitiée verticale du pied de table, et je me retrouvais avec une arme létale provisoire dans la main, un pieu grossier bien aiguisé. Je me senti tout de suite mieux. Cependant, je n'allais pas m'en servir. Pas maintenant. Je le tendis à Aly, qui le pris dans ses mains en le contemplant.

_C'est un pieu, Aly. Tu l'utiliseras quand je te dirais, d'accord? Juste là.

Je pointais de l'index sa carotide, et elle hocha grandement la tête. Puis je le lui cachais dans la ceinture de son pantalon, à l'échancrure de son dos, pour éviter qu'elle ne se blesse avec par mégarde. Son t-shirt ample le recouvrait parfaitement. Je souris. Ce n'était pas la première fois que je lui demandais de tuer pour moi. A chaque fois, cela marchait. Les gens ne se méfiaient tellement pas des enfants, et encore moins des déficients mentaux, qu'elle pouvait les approcher en toute innocence, avant de leur planter couteau, fouchette, ou bâton dans la gorge. Tout ce que je pouvais trouver qui soit suffisamment pointu pour faire abondamment saigner. Même si elle manquait le point vital, c'était assez pour faire diversion.
Même si tout le monde ici faisait plus ou moins confiance à leurs hôtes, ce n'était pas mon cas. Plus j'apprenais sur eux, et moins j'avais envie de les croire. Cela dit, je n'ai pour l'instant aucune preuve pour les classer du côté des amis ou des ennemis, même si je ne donnais pas l'envie d'être mon amie. Je resterai sur mes gardes, prête à toute éventualité, même celle de fuir à la nage. De toute manière, on avait tellement peu progressé depuis ce matin que j'avais pu voir l'île de la prison pas loin à l'horizon, quand j'étais perchée à la coque. Il me suffirait de rentrer à a nage et de leur voler une barque. Tant pis pour les risques. Je préfère encore mourir que d'être à nouveau esclave.

A peine m'étais-je retournée pour repousser nos assiettes, prête à faire un tour, que je vis les trois marins entrer dans la salle, cherchant quelqu'un du regard. L'un deux me vit et fit signe aux deux autres, avant qu'ils ne se dirigent tous vers moi. Quelle surprise. Ils se plantèrent devant ma table, mains sur le pommeau de leur arme, avant que le plus proche m'interpelle.

_Suis-nous sans histoires, Ancilla veut te voir.

Sérieusement? Elle m'a vue y'a même pas vingt minutes. Qu'est-ce qu'elle peut bien encore me vouloir? A-t-elle remarqué que j'ai fouillé dans sa chambre? Ce n'est pas comme si j'étais a seule personne de plus à bord. Le regard las, je haussais une épaule et me relevais. J'avais au moins la sécurité de la fuite à tout moment, d'autant que je connaissais la disposition de l'étage.
Prenant Alasan par la main, je suivis le chef de groupe hors de la cantine. Les deux autres fermaient la marche.

Nous traversâmes le long couloir jusqu'à la porte du fond. Le matelot l'ouvrit.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Débarquement    Mar 20 Juin - 16:07

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Je me passai un peu d’eau sur le visage pour me rafraîchir. C’était plus une habitude qu’une réelle tentative de masquer les apparences. Tout les produits furent rapidement remis en ordre. Je me demandai soudain si elle était tombée sur ma correspondance et me levai si vite pour aller vérifier que mes lettres étaient toujours là que je manquai à nouveau perdre l’équilibre.
Entre les sacs d’ingrédients divers celui de mes vêtements de rechanges, il y avait celui où je gardais précieusement le courrier que je recevais régulièrement, via un messager, de Chael.

Je recomptai les lettres pour être sûre qu’il n’en manquait aucune. L’idée qu’elle ait pu violer mon intimité en lisant mon courrier me rendit furieuse. Et puis, je me dis qu’elle ne savait probablement pas lire. Je pris la dernière lettre reçue pour la relire.

Ma chère Ancilla,

A l’instant où tu reçois cette lettre, tu dois être en train de te préparer pour ta mission. Je sais à quel point tu peux être inquiète. Ne doute pas. Tu te débrouilles très bien et j’ai confiance en toi. Tu réussiras. Tu es la meilleure. Tu accompliras de grandes choses, tu verras. C’est dans ton destin.
Je t’avais dit d’attendre mon signal pour le départ, je te le donne à présent. Il est temps de te mettre en route, même si ton absence me pèse terriblement. Tu es très courageuse, je suis tellement fier de ta merveilleuse personne.
Mes pensées restent près de toi...

Affectueusement,

Chael
 




Je la reposai et en pris une autre au hasard.


Ma toute petite chose…

Je sais combien il t’es difficile de te faire à ta nouvelle condition. Mais il le fallait. On n’échappe pas à son destin. Tu es née pour les servir, née pour aider à mettre en place un avènement nouveau.
C’est pourquoi tu as été choisie. Pour servir tous les grands de ce monde. On ne comprends pas toujours les choses. Parfois il faut du temps, mais sois sûre que tout s’éclaircira un jour à tes yeux magnifiques. A ton regard profond et innocent… Si cela ne tenait qu’à moi, je t’aurais épargné ce terrible tourment. Mais tu es forte, tu vas le surmonter.
Tu es Ancilla, la servante des Séculaires et Surannés, mais tu restes ma délicate poupée, ma jolie princesse, ma tendre…




Deux coups frappés à la porte me firent sursauter. Je n’eus pas le temps d’esquisser le moindre geste qu’El’sha entra dans la pièce.
« Nous l’avons amenée.
- Je ne t’ai pas autorisé à entrer, il me semble ! » le tançai-je durement en cachant aussi vite que possible ma lettre dans un repli arrière de ma robe.
Je me sentais empourprée suite à la relecture de mon courrier et d’autant plus gênée de m’être fait surprendre. Au moins, cela devait me redonner des couleurs. 
« Désolé d’avoir dérangé Madame dans la relecture nostalgique de sa grande correspondance », me répondit-il hautain.
- Ça suffit El’sha, ne t’amuse surtout pas à me provoquer. Attendez-moi derrière la porte. 
- Les désirs de Madame sont des ordres, continua-t-il dans sa provocation maniérée.
- Toi, j’aurais deux mots à te dire tout à l’heure, stupide animal ! »
Il ne rajouta rien et se contenta d’inviter Rain à entrer et puis referma la porte nous laissant seules.
Je regardai cette dernière d’assez mauvaise humeur. Croisant les bras et soutenant son regard, je questionnai :
« Je voulais savoir si tu avais trouvé ce que tu cherchais dans ma chambre ? »
Mon regard restait planté dans le sien.
Sans lui laisser l’occasion de répondre quoi que ce soit, j’enchaînai :
« Ne me mens pas. Pas à moi, ça ne marche pas. Alors maintenant, je te conseille de ne pas jouer les plus malignes et de répondre à ma question. J’ai la faiblesse de remarquer que j’ai été un peu trop gentille jusqu’ici, mais ça peut toujours s’arranger si tu dépasses les limites. Et il me semble que de fouiller dans mes affaires fait partie des limites qu’il vaudrait mieux ne pas dépasser. »
Je sortis mon tazer et jouai avec en le faisant pivoter des deux mains sur lui même.
« Maintenant sale petite peste, donne moi une seule bonne raison de ne pas te coller une châtaigne et de te remettre aux fers. »

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MessageSujet: Re: Débarquement    Mar 20 Juin - 20:36

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Je me penchais de côté lorsque j'entendis la voix agaçée de la capitaine, pour comprendre ce qu'il se passait, mais elle cachait quelque chose dans son dos. Quel mauvais caractère... Son subordonné ne se laissa pas impressionner et lui répondit avec impertinence, avant que lui et ses camarades ne nous laissent seules dans la chambre. Je souris en coin, amusée de la situation. J'avais tellement l'habitude de ce genre de relation parmis les gardes de la prison que ces scènes étaient devenues un divertissement pour moi, surtout lorsque j'avais rien d'intéressant à faire de mes journées. Elle détourna alors son humeur de chien sur moi.

_Je voulais savoir si tu avais trouvé ce que tu cherchais dans ma chambre ? cingla-t-elle à mon égard, ignorant ma fille.

J'arquais un sourcil. Il me semblait pourtant avoir bien tout remis en place. J'ouvris la bouche pour nier en bloc quand elle continua, menaçante.

_Ne me mens pas, grogna-t-elle. Pas à moi, ça ne marche pas. Alors maintenant, je te conseille de ne pas jouer les plus malignes et de répondre à ma question. J’ai la faiblesse de remarquer que j’ai été un peu trop gentille jusqu’ici, mais ça peut toujours s’arranger si tu dépasses les limites. Et il me semble que de fouiller dans mes affaires fait partie des limites qu’il vaudrait mieux ne pas dépasser.

Pour ponctuer ses propos, elle sortit son arme électrique qu'elle fit grésiller, un fin éclair bleuté passant d'une pointe à l'autre, tout en jonglant avec.

_Maintenant sale petite peste, siffla-t-elle, donne moi une seule bonne raison de ne pas te coller une châtaigne et de te remettre aux fers.

Un grand sourire étira mes lèvres. Je murmurais quelque chose à l'oreille d'Alasan avant de la repousser doucement derrière moi. Reportant mon attention sur la Détraquée, je laissais échapper un petit rire moqueur.

_Dis moi, ma vieille, grinçais-je entre mes dents. Combien crois-tu que d'hommes m'ont déjà menacé de la sorte? T'es ni la première...

J'esquissais un pas glissant pour combler la distance entre nous.

_Ni la dernière.

Je bloquais son poignet et le lui tordit. Ses doigts lâchèrent l'arme que je récupérais de ma main libre, avant de poursuivre la prise. Exerçant une pression sur le coude, elle se tourna de biais par réflexe nerveux, et j'achevais en me plaçant de côté, donnant un coup de pied à l'arrière de son genou pour me retrouver derrière elle, le bras prêt à craquer, l'arme contre son dos, et la demoiselle agenouillée.

En face de nous, près de la porte, Alasan se tenait sur la pointe des pieds, terminant de fermer le loquet de sécurité. Puis elle se tourna, serrant sa peluche fortement entre ses bras.

_Un cri, un geste et tu perds ton bras, en plus de subir une bonne décharge. Même si tes hommes entre, ma gamine tueras le dernier des trois. Quoique je doute qu'ils soient prêts à me désobéir, toi en otage.

Je resserai ma prise avant de poursuivre.

_Primo, tu as beaucoup à apprendre sur la gentillesse, vieille. Deuxio, je n'ai pas mis le pied dans ta piaule, au cas où t'aurais pas remarqué, on est une bonne dizaine de prisonniers ici, tu ne te demande pas si des criminels font parti du lot? Parce que j'en connais un certain nombre, qui n'attend qu'à ce que tu fermes les yeux pour te planter. Tu veux peut-être leur nom? Je sais pas si j'devrais te le dire. Tes manières d'accueil laisse pas mal à désirer. J'en ai vu des types dans ton genre qui ne savent pas parler autrement que par des menaces. Et tu sais quoi?

Je lui tordis un peu plus le bras, à la limite de le lui casser.

_J'ai horreur des menaces, grondais-je à son oreille. Ces types l'ont apprit au prix de leur vie. Essaye encore, et ton pauvre équipage minable ne fera pas long feu.

Je relâchais ma prise et la repoussais du pied, la laissant s'étaler par terre.

_Maintenant, soit on a une vraie discussion, soit on la termine dans le sang.

Un sourire carnassier fendit mon visage.

_Même si j'ai une préférence pour le sang, grognais-je d'une voix sourde.

L'envie de l'électrifier un coup me démangeais, mais n'aiderait en rien la situation. De l'autre côté de la pièce, Aly n'attendais qu'un sentiment de moi pour utiliser son pieu, toujours caché. J'avais follement envie que cette abrutie de sorcière pète un câble et tente de se servir d'elle, auquel cas ma petite beauté n'aurait même plus besoin de l'approcher pour l'embrocher. Ah! Ou bien qu'ils tentent d'enfoncer la porte, ses marins! Oh! Je n'aurais qu'à m'enfuir avec Aly par la fenêtre, en ayant, au passage électrifié encore cette détraquée, et lui planter le pieu au travers de la gorge. Oh! Jouissif!
Des tas de scènes sanglantes affluèrent dans mon esprit, toute à mon profit. J'en tremblais d'excitation, le sourire jusqu'aux oreilles. L'envie me brûlait les tripes... Mais je me retenais. Je connaissais cette part en moi de folie meurtrière et tentait tant bien que mal de la garder en laisse. Elle n'était pas la solution à tout les conflits. Et pourtant... pourtant j'adorais les sensations qu'elle me procurait. Respirant à profondes inspiration pour essayer d'être calme, j'attendais la réaction de la capitaine.

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