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 Darkness Memory [RAIN x ANCILLA]

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Ancilla
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MessageSujet: Re: Darkness Memory [RAIN x ANCILLA]   Dim 8 Oct - 3:45

Darkness Memory
Rain Sword feat Ancilla


« Eh bien ? Tu entres ou tu préfères rester devant la porte comme un bon toutou ? » s’était impatientée Mishraz avant que je ne me décide à entrer.
Ce fut quand je la vis refermer de nombreux verrous que je mon angoisse m’enserra la gorge. Elle le faisait exprès ?!
L’herboriste, une femme rousse avec de drôles de marques – dont des brûlures sur sa peau m’interpellèrent – ne se préoccupaient pas vraiment de nous le temps de finir ce qu’elle était en train de préparer.
J’écoutais distraitement Mishraz nous présenter à la dénommée Nona tout en observant discrètement ce qui m’entourait. Pas mal de plantes et de petits sachets d’herbes sur des étagères pour le plus intéressant. Je me demandais où elle avait pu se procurer tout ça, les plantes devenaient rares. TRES rares depuis la guerre et je regardais avidement toutes les plantes.
« J'aimerai que tu aides ma douce amie ici à retrouver la mémoire, expliquait-elle. Elle a eut un accident il y a quelques temps et ne se souvient plus de rien avant cet évènement. J'imagine que rien n'est trop dur pour toi, Nona ? »
Rendre la mémoire à Rain ? C’était pour ça en fait qu’on était là ?
Je ne voyais pas le rapport avec son âme ni tout le reste. Ma foi…
Je fus prise d’une douloureuse quinte de toux difficile à contenir, mais je fis de mon mieux.
Un petit sachet d’écorce attira particulièrement mon attention dans tout ce bazar. De la mandragore sous toutes ses formes se trouvait autour. Entier, en encens, les fruits, les fleurs…
Mon attention fut aimantée par la voix de l'herboriste qui se moquait, à priori, ouvertement de moi :
« … Tu t'attendais à un rituel long et chiant?  demandait-elle à Rain. A devoir tourner trois fois sur toi même, sacrifier une vierge et hurler à la lune ? »  
Je me retins de lui répondre qu’il n’y avait pas que les vierges que je pouvais sacrifier et qu’elle devait confondre avec ses stupides congénères pour le reste. Je préférais prendre sur moi plutôt que de menacer de la sorte, c’était plus prudent. L’idée de préparer un poison à base de Mandragore me trota dans la tête. Je connaissais bien cette plante et l’utilisais régulièrement pour divers rituels, mais il m’aurait été compliqué d’en faire une potion vu mes faibles connaissances en herboristerie. Je savais reconnaître les plantes interessantes, et m’en servir lorsqu’il le fallait, mais cela s’arrêtait là. Généralement je n’avais pas à me compliquer la tache à les préparer. Concernant la mandragore, je la faisais essentiellement brûler en encens. Cette plante avait tellement de propriétés… Et je me surpris à décider de m’en faire cette fiole de poison. Ca pouvait être pratique, d’avoir du poison sur soit. On pouvait tuer assez facilement et rapidement n’importe qui. A condition de réussir à le glisser dans une boisson ou de la nourriture, voire dans une plaie.
A côté,  un certain « dix heures » attira mon attention. On allait devoir attendre si longtemps ici ?! Sainte merde ! Je m’étouffais dans une toux paniquée en les regardant.
Mais la femme précisa qu’elle ne souhaitait garder ici que Rain.
Quoi, pourquoi je ne pourrais pas me reposer moi aussi ?! En fin de compte, j’aurais bien dû demander mon lit en arrivant. J’aurais gagné du temps.
L’idée de devoir repartir avec une Mishraz passant son temps à m’humilier me plut moyennement, à plus forte raison en laissant Rain ici à la portée de cette femme étrange. Et si Mishraz avait décidée de faire tuer Rain ? Je n’en revenais pas que cette dernière ait bu le breuvage sans même se méfier une seule seconde.
Booon… de mon côté, après une courte hésitation, j’enfouis le petit sachet d’écorce de mandragore dans ma botte. Hop, rejoints donc mon canif ma jolie, je suis sûre que tu me seras très utile. Feignant relacer ma botte, je me relevai l’air de rien et m’appuyai contre un mur en toussant à nouveau. Ma vision se voila de blanc, la fatigue se faisait toujours plus présente et je ne tenais plus. Je me suis relevée trop vite.
« Je ne me sens pas très bien...  » soufflai-je faiblement.
Il fallait que je mange, il fallait que je dorme, et le voile blanc s’assombrit jusqu’à devenir noir. ¨Puis, sous mes jambes qui se dérobèrent, je sentis le sol rejoindre douloureusement mon corps.
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MessageSujet: Re: Darkness Memory [RAIN x ANCILLA]   Lun 9 Oct - 21:53

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Le liquide ingurgité, je patientais calmement sur le canapé qu'il fasse effet, tout en me demandant à quelle vitesse il devait pomper dans mes veines. Je ne me souvenais pas m'être droguée dernièrement et n'avais pas la moindre idée des effets qui allaient m'envahir. Mais je n'eus pas le temps de beaucoup y réfléchir quand j'entendis un "boung" sonore venant de la pièce voisine. Titillée par la curiosité, je me levais jusqu'au chambranle de la porte menant au salon.
Par terre, la Détraquée gisait, inconsciente. Ou raide morte, aucune idée, pas que ça me concernait vraiment.

_Nom d'un troll! s'exclama Mishraz. Ah, il fallait bien que ce soit maintenant qu'elle nous fasse le coup de la panne, celle-là!
_Je me disais bien qu'elle avait l'air pas très en forme, ton amie, dit Nona, sans grand intérêt. Met là sur le fauteuil, je devrais avoir quelque chose pour la ressourcer un peu.
_Vous savez ce qu'elle a? demandais-je en calant mon épaule contre le bois, bras croisés.

L'herboriste trifouillait dans un rayon d'étagère emplis de bouteilles en tout genre, pendant que Mish se saisissait de la jeune fille cadavérique pour la poser sur le-dit fauteuil en cuir brun, en travers de la pièce, près d'une bibliothèque de bouquins. Je sentis soudainement le salon se mettre à tanguer... Ah... Les couleurs devenaient plus vives et je n'arrivais plus à savoir si la mixture faisait tout juste effet ou si elle m'avait prise avant même que je ne la boive. Je perdais gravement la notion du temps et la lourdeur de mon corps me rendait pataude. Je fronçais en voyant Mishraz pile en face de moi. Quand avait-elle bougé? Sa voix me parvenait de derrière, en fond sonore, et se répercutait dans ma tête comme... un métronome. Ou des tas de métronomes... Tic tac tic tac... Quel était ce bruit? Une montre? Non, l'horloge mécanique de la cuisine.
Des mains emprisonnèrent mes épaules et le visage de Mishraz – aux cheveux violet ? – tout près du mien me fit sourire. Elle avait encore des idées lubriques, je parie.

_Pas maintenant, marmonnais-je à moitié en riant.

L'arrière de mes genous rencontrèrent un obstacle et je basculais brusquement, sentant toute la pièce s'envoler loin de moi. Lâchant un couinement disgracieux, je m'agrippais farouchement à Mish.

_Au s'cours! m'écriais-je alors que le monde se tordait dans l'espace-temps, avec pour seul ancrage la belle cultiste.

Elle me parlait mais sa voix encore n'était qu'une ondulation dans un vaste océan, auquel je flottais librement. Je distinguais encore les coutours de la cuisine mais ils se mélangeaient avec un autre décors mémoriel... des briques de pierre grise. Il prenait de plus en plus forme, en même temps que Mishraz ne devenait qu'une masse floue et lointaine. Contre mon dos, la sensation moelleuse devenait froide et raide. Un goût métallique dans la bouche me fit claquer de la langue. Je me touchais la lèvre pour constater que je saignais.

_Ah! Tu vas m'le payer... sale pute! grogna l'homme en face de moi.

La mâchoire carrée, le visage fraîchement balafré, il se frottait le menton que je venais presque de déboîter d'un coup de talon. J'avais de vagues douleurs à l'abdomen et au torse mais en faisait totalement abstraction. Il était solidement bâti et faisait bien deux têtes de plus que moi, qui ne me plaignais pourtant pas de ma taille. Ça faisait au moins cinq minutes que nous nous foutions sur la gueule parce qu'il ne supportait pas que j'ai pu remettre ses gars à leur place. Ils avaient été débarqués en prison seulement quelques jours plus tôt et tentaient de faire leur loi. C'était sans me compter.

_T'as bien que d'la gueule, ricanais-je.

Il fonça sur moi comme un bélier et dans ma tentative de l'esquiver, je trébuchais sur le sol difforme. Son crâne me percuta pour m'encastrer dans le mur, me coupant le souffle. Je n'eu pas le temps de m'en remettre que mes pieds quittèrent le sol. Alors que je pensais subir un nouveau coup contre le mur, je passais littéralement à travers... la fenêtre.
Le vent me fouetta trop longuement le dos...


pour la suite:
 

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MessageSujet: Re: Darkness Memory [RAIN x ANCILLA]   Mar 10 Oct - 0:08

Darkness Memory
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Tout tournait une fois de plus. L’univers ondulait autour de moi, comme il se plaisait à le faire si souvent ces derniers temps. J’essayais d’ouvrir les yeux une fois, deux fois, trois fois, puis je finis par comprendre qu’ils étaient déjà ouverts mais que je n’y voyais plus rien. J’entendis des voix qui me paraissaient si loin. Mon estomac était terriblement noué et n’attendait que la moindre contrariété pour faire savoir son mécontentement.
Je me sentis soudain soulevée et une douleur zébra mon poignet. C’est là que je réalisais que je venais de chuter rudement. Une vision approximative revint, pommelée de tâches qui se révélaient tantôt noires tantôt blanches. J’avais également mal à la tempe, et lorsque je me rendis compte que Mishraz entreprit de me traîner je ne sais où je me débattis pour qu’elle me lache. Elle me fit alors littéralement décoller du sol sans le moindre ménagement pour me projeter jusqu’à un fauteuil à la première résistance que je venais de tenter de lui poser.
« Doucement ! » gueulai-je rageusement comme je venais d’atterrir brusquement sur le fauteuil.
Mishraz c’était déjà éloignée.
« Au secour ! » s’écria Rain à peine plus loin.
Je sursautai et si je n’avais pas été aussi vaseuse, je ne me serais certainement pas demandé si Mishraz n’était pas en train d’essayer de la tuer.
Toujours est-il que je basculai dans le vide en essayant de me retourner vivement pour voir ce qui se passait et je retrouvais à nouveau le sol dans un cri bref.
« Décidément y’en a pas une pour rattraper l’autre… s’exaspéra Nona. Quand tu auras fini avec Rain, tu viendras t’occuper d’elle ! »
Mishraz ne tarda pas à revenir vers moi et posa les poings sur les hanches.
« Mais c’est pas vrai, t’es encore par terre toi ?!  
Foutez-moi la paix ! » braillai-je le souffle court.
J’avais du mal à prendre ma respiration.
« Et puis t’as qu’à y rester après tout », dit-elle en quittant mon champ de vision.
L’herboriste revint peu après et me tendit un verre.
« Allez, bois-ça et débarrasse-moi le plancher en vitesse ! »
Je considérai le verre d’un œil frileux.
« C’est pas la peine, refusai-je. je ne peux rien avaler. »
Ma gorge se noua. J’en avais marre. Marre de ne rien pouvoir avaler d’autres que des putains de rats de merde et je me refusai à m’humilier à demander ça, mais je craquais.
« Non, je ne peux rien avaler ! Vous ne comprenez pas ? RIEN ! Rien d’autre que des rats, des insectes où je n’sais quoi, alors laissez-moi tranquille maintenant ! »
Elle me dévisagea un instant.
« Fallait le dire plus tôt ! s’exclama-t-elle. Essaie quand même d’avaler ça. J’ai horreur du gaspillage, quand il s’agit de mes plantes. »
Je tendis la main pour saisir le verre.
L’idée de le régurgiter aussitôt m’angoissa, mais ça ne coûtait rien d’essayer, si ça avait une chance de me soulager. Je portais le verre à mes lèvres, attendis un instant de voir la réaction de mon appareil digestif. L’odeur n’était pas spécialement agréable, mais elle ne sembla pas surexciter de trop mon estomac alors je le bus sans réfléchir.
Bon, c’était dégueulasse,  etj’avais bien de quoi avoir la gerbe – ce qui fut le cas – mais aucune répugnance foncièrement surnaturelle ne se fit sentir. Je n’allais pas vomir une flaque sanguinolente. Me voilà soulagée.
Trois rats pendirent soudain sous mon nez. Je le relevai incrédule pour voir l’herboriste me demander :
« Tout frais du jour. Tu me prendras bien les trois ?
- Beh... ?! » lancai-je interdite en reculant la tête.
J’entendis Mishraz rire.
La dernière chose à laquelle je m’attendais, c’était de voir trois rats crevés se balancer du bout de leur queue sous mon nez.
J’hésitais.
J’hésitais.
Un corbeau croassa au dehors.
J’hésitais toujours.
« Bon alors ? s’impatienta la rouquine. Tu attends l’apocalypse ? Décide-toi ! »
Je n’étais plus à une humiliation près.
Je serrais les lèvres.
« Soyez maudites ! » jurai-je en lui arrachant prestement les rats  des mains comme si elle allait jouer à me les retirer à ma barbe.
« Eh, ne me remercie pas. C’est moi qui régale. »
Nouveau rire franc de Mishraz.
Je la foudroyai du regard. Son rire haïssable me rendit folle.
« Ferme-là, espèce de putain sans cervelle ! » hurlai-je, en la fixant furieusement. Ferme-là, ou c’est toi qui va les bouffer ! » Chacun des traits de mon visage était crispé et tendu comme un arc.
C’était déjà difficile de vivre cela.
C’était difficile d’assumer cela.
C’était encore plus difficile d’en faire part et encore plus de se rabaisser à céder en public. Mais c’était insupportable de subir l’humiliation des moqueries.
« JE TE HAIS ! criai-je. JE TE HAIS ! JE TE DETESTE ET JE VAIS TE TUER ! TU ME PAIERAS TOUT CA ! »
J’étais à présent debout, les battements de mon coeur pulsant à toute vitesse et cognant à grand renfort dans ma poitrine. Peut-être était-ce le breuvage, ou seulement l’adrénaline, ou même les deux qui me maintenait dans cet état de fureur. Pour avoir retrouvé mes forces, je les avais bien retrouvées, et je restais là à lui faire face, la haine au ventre et des larmes de rage s’amoncelant au coin de mes yeux.
Je m’attendais à des coups ou n’importe qu’elle autre forme de violence – certainement trop habituée à Rain - mais elle se contenta seulement d’élargir son sourire narquois ô combien provocateur.
La salope.
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MessageSujet: Re: Darkness Memory [RAIN x ANCILLA]   Sam 14 Oct - 0:38

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L'écoeurante mélasse de mes pensées s'échappe peu à peu en quelques volutes de fumées. Toutes les images se fondent et se confondent en une masse difforme et vivante prête à m'avaler au moindre faux pas. Je me perds, je tombe et je vomis. Mes entrailles tournent à deux cent à l'heure, s'amusent à faire la toupie quand mon plan visuel est fixe et incompréhensible. Où suis-je? N'étais-je pas crevée comme un rat cinq minutes plus tôt? Les couleurs changent comme des spots de noël, se foutent de ma gueule et s'en vont. Loin de moi l'envie de les poursuivres et pourtant, c'est ce que je fais, complètement perdue. J'entend leurs voix m'appeler, me crier, m'incendier. Ils sont là, tout autour de moi, des loups affamés, des êtres ignobles avec pour seul ambition le sang qu'ils répandent sur leur toge, leurs enfants, et leurs maisons.
Je veux hurler, je veux fuir, mais mes pas s'engluent dans la boue noire et les ronces arrachent mes vêtements. Je sens la morsure de chacune de leurs épines jusqu'à l'os. Ces saloperies me retiennent et m'empêchent de rentrer chez moi. Chez moi, quelque part par là bas, derrière l'océan, derrière la terre, dans les étoiles, aussi. N'importe où ailleurs. Je me noie presque dans mes propres larmes alors que l'être humain me tend une main cadavérique bien trop grande pour m'appartenir. Il ne cherche pas à m'aider non, il veut m'enfoncer plus profondément dans la mouise.
Je ferme les yeux dans une tentative désespérée de le faire disparaître, comme si j'avais le pouvoir de changer la matière. Dans les ténèbres, au fond de mon crâne, une miriade de petits insectes grouilles par millions, en parallèle, en diagonale, en miroir quadrique, en cercle ou en rosas, ils s'asticotent dans un chuintement dégueulasse qui me force à rouvrir les paupières.

L'être humain est immonde. Une erreur monumentale de la nature qui est s'est ancré comme une sangsue pour vider l'énergie de toute chose. Il cherche à fourrer sa stupidité partout, même là où personne n'a jamais fourré les doigts. Il cherche à prendre le pouvoir de choses qui le dépassent, en sachant même que jamais il n'y arrivera vraiment. Sa bipédie l'a rendus prétentieux et pourris à l'intérieur. Et je suis coincée dans cette décharge de connerie humaine où on me fout jamais la paix.
Je vous vois, putains de dépravés. Unis main dans la main pour anéantir la vie des autres. Même si je suis incapable de me sortir de là. Faire ça à une gosse... Vous auriez pu prendre n'importe quelle vie pour vos plaisirs sadiques, un porc, un chien... Mais non, il fallait une âme, hein. Une âme profondément souillée par vos soins...


_Tu mourras ce soir, salope!

Crève.

_Nettois-ça, putain! Dépêche!

Crève.

_T'aimes ça, hein?

Crève.

_Relève-toi et t'en manges une autre, Marala'k...

Crève.

_Ta vie ne servira que pour mieux mourir.

Crève.

_Tu veux les tuer, pas vrai?

Crè... quoi?

_Hinhinhin! Tu veux les voir brûler vif. Les voir souffrir autant qu'ils t'ont fait souffrir. Sentir l'odeur de la chair cuisante, les entendre te supplier de les pardonner.

Je veux.

_Je peux prendre leur âme, si tu le désire. Je peux les tourmenter dans un cycle infernal éternel...

Oui.

_Tout ce que je te demande, en échange... c'est que tu me tende la main.

Oui!

_Ha! C'est cela... comme ça... approche, mon enfant...
_TUE-LES!!!
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MessageSujet: Re: Darkness Memory [RAIN x ANCILLA]   Sam 14 Oct - 9:47

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« Dis, quand tu auras fini de te faire injurier, tu voudras bien dégager de chez moi avec elle ? » demanda Nona.
Je contins un grognement, les trois rats toujours dans ma main se balançant dans le vide au gré de mon humeur.
« On va y aller Nona, répondit Mishraz sans perdre un millimètre de son sourire offensant. Laisse  donc à notre invitée le temps de prendre son déjeuner. »
J’avais envie de lui balancer les bestioles dans la tronche. Il n’y a  a rien de pire qu’un adversaire qui reste stoïque quand on veut le toucher.
Je me sentais déjà mieux avec le breuvage, et le rat ne faisait pas partie de mes mets préférés. Qu’elles aillent toutes en enfer avec leurs foutus rats !
Mais je n’allais pas aller loin le ventre vide malheureusement, alors...
Je cherchais le moyen de manger discrètement, mais avec les deux femmes autours de moi, je n’avais pas un seul angle pour manger dos à tout le monde.
« Vous êtes obligées de me regarder ? leur demandai-je, m’efforçant de retrouver mon calme. C’est un peu comme regarder quelqu’un pisser, si vous voyez ce que je veux dire. »
Nona haussa les épaules et s’en retourna à ses affaires, cessant de m’accorder la moindre attention.
Je tournai le dos à Mishraz et commençai à manger ma vermine le plus rapidement possible.
Le ventre à peu près plein et faisant abstraction de la répugnance que je vouais à ma nouvelle alimentation, je me sentais encore mieux.
« Bien, en route ! » lança gaiement Mishraz.
Trop gaiement. Je n’aimais pas du tout ça.
Je déposai les déchets sur la table basse et entreprit de suivre Mishraz en m’essuyant les mains sur ma jupe. Je n’en menais pas large.
« Eh, n’oubliez pas la gamine ! lança l’herboriste.
- Gardez-là avec vous, répondis-je d’un ton impliqué. Rain a besoin de sa présence.
- Mah, ok, marmonna-t-elle. Fichez-le camp maintenant et repassez les chercher demain matin. »
Et me voilà en train de descendre ces foutus escaliers derrière Mishraz.
Dehors, je pensais qu’elle allait me ramener dans le bâtiment où j’avais passé la nuit, mais elle se dirigea à l’exact opposé une fois sortie de l’impasse.
« Où va-t-on ? demandai-je anxieuse. Ce n’est pas la direction du bâtiment où vous m’avez enfermée... »
Elle ne me répondit rien.
Bien que je ne pouvais le voir, je devinais son sourire. Ce sourire malsain qui rayonne dans chaque parcelle d’un individu mauvais et que l’on ressent même sans  le percevoir.
Et je regrettais amèrement de m’être emportée.
Dans le ciel, le soleil voilé de nuages devait annoncer le début d’après-midi, presque le milieu.
Je la suivis en forçant l’allure, de plus en plus mal à l’aise. La grisaille obscurcissait la ville, donnant l’illusion que le soir tombait déjà.
Peu à peu, la population se faisait plus rare, plus oppressante ; Il n’y avait pratiquement plus de femmes ni d’enfants, et les hommes présents étaient pour la plupart en train de rire bruyamment et de se soûler la gueule en nous regardant passer avec un certain intérêt.
« Mishraz… ? »
Ma voix avait l’air d’être le miaulement épuisé d’un chat qui est à bout de force.
« S’il vous plaît...
- Avance. »
Les regards devenait de plus en plus insistants et pesaient de plus en plus sur moi. J’entendis bon nombre d’injures et vis bon nombre de gestes obscènes sur mon passage.
Je ne savais pas où elle me menait, mais ce qui était sûr, c’était que j’allais passer une nuit terriblement bien pire que la précédente si je restais dans le coin. C’était certain. Je le pressentais.
« Je… Je n’aurais pas dû dire ça, je suis désolée… m’excusai-je pitoyablement. S’il vous plaît ramenez moi, je me tiendrais tranquille... »
Un rire à peine audible me glaça le sang.
Un ricanement jubilatoire et triomphant. Le rire de celui qui obtient sa vengeance.
Je n’en menais vraiment pas large. Les larmes noyaient déjà mon regard. Qu’allait-elle me faire ?
Mishraz accéléra soudain et j’eus du mal à suivre son rythme. Encore un peu et elle allait sérieusement me distancer au détour d’une ruelle.
Et puis tout s’enchaîna très vite ; on me siffla comme si je n’étais qu’une vulgaire prostituée – chose qui pouvait se concevoir au vu de mon apparence et de mon hygiène à présent déplorables.
Je regardais autour de moi, trois hommes m’encerclèrent. Trois hommes répugnants.
Devant moi, Mishraz avait disparue.
« Alors poulette, t’as besoin de compagnie ? demanda le gros au crâne chauve et au visage couperosé.
- Ouais, elle veut un coup de queue ! se marra le second. »
Le troisième se contenta de ricaner.
Tous étaient soûls.
« Je ne fais que passer ! paniquai-je. Laissez-moi partir s’il vous plaît... »
Les hommes hurlèrent de rire comme si je venais de sortir une blague hilarante. Et je les comprenais. Il fallait vraiment chercher la merde pour se balader dans un endroit pareil.
« C’est nous qui allons te passer ! lança Crâne d’Oeuf Rosacé.
- Ouais ! On va te passer dessus », précisa le second, un homme maigre aux dents pourries et aux cheveux mal coupés.
Ils empestaient la sueur et l’alcool à des lieues à la ronde.
Je tentai de m’enfuir en passant entre les deux hommes, mais je fus repoussée en arrière sur le troisième.
« Allez, fais nous voir ça ! dit-il en glissant sa main entre mes jambes.
« Lachez-moi ! m’écriai-je. Je suis une prêtresse, vous n’avez pas le droit de me toucher ! rajoutai-je naïvement dans la foulée, comme si cela avait la moindre chance de me sauver.
« Vous entendez ça les gars ? lança le gros porc dépourvu de pilosité crânienne. On va baiser de la prêtresse aujourd’hui !
- Ouais, profanons là ! s’écria Dents Pourries.
- Non ! hurlai-je à plein poumons. Lachez-moi !
Mes hurlements redoublèrent comme l’homme dans mon dos me renversa en arrière jusqu’au sol. Devant-moi, le gros porc s’empressa de venir entre mes jambes pour relever ma jupe sur mon ventre. Je me débattis et réussis à lui asséner un formidable coup de pieds dans les couilles.
Un de moins.
Il s’écroula le souffle coupé, puis brailla aussi fort que moi lorsqu’il en fut capable en me traitant de sale pute, de traînée, et j’en passe.
Ses deux camarades se marraient et me retournèrent sur le ventre pour éviter de rejoindre le gros porc sur le banc de touche.
Moi je pleurai en criant, et je continuai toujours même lorsque plusieurs gifles plurent sur mon visage, m’étourdissant complètement. La cinquième finit par me calmer dans un hoquètement de douleur.
« Non, arrêtez… arrêtez...  » pleurai-je.
J’avais cessé de me débattre mais je tremblais comme une feuille. Une fois de plus, tout tournait autours de moi et j’avais un mal de crâne affreux.
« C’est ça, tiens toi tranquille… m’intima Dents Pourries. Tu vas voir, tu vas aimer ça salope.
Il fit remonter ses mains le long de mes cuisses pour retirer ma culotte, puis se pressa contre moi. Il embrassa ma nuque et je sentis ses doigts glacés pénétrer sans la moindre délicatesse dans ma chair, m’arrachant un cri rauque, malgré la vaine tentative de remuer pour lui empêcher l’accès à mon intimité. Son autre main se glissa dans mon corsage pour caresser mes seins.
Je me sentis bizarre. Un mélange d’horreur, de dégoût, de détresse, de panique, de douleur avec une étrange sensation qui me contracta le ventre et me coupa le souffle. Il retira ses doigts qu’il promena le long de mon corps et je sentis son sexe qui se frotta entre mes jambes, comme il m’assurait que j’allais mouiller et jouir comme une truie.
En face de moi, le troisième homme - dont je voyais enfin le visage - à l’apparence aussi peu engageante que les deux autres et aux cheveux mi-court assortis d’une pilosité mal rasée, avait déjà liberté son appareil génital de son pantalon rapiécé et se préparait à…
Seigneur, je ne voulais pas savoir. J’étais en train de hurler. De hurler mon désespoir.
Je sentis la verge derrière moi s’enfoncer à son tour dans mon ventre, et s’ensuivit le fatidique va-et-vient du rapport sexuel.
Je sentais son souffle moite dans ma nuque, et le halètement de ses soupirs gras ricocher sur ma peau ou au creux de mon oreille.
Devant moi, Mal Rasé entreprit de prendre ma bouche d’assaut et agrippa mes cheveux poisseux jusqu’à me faire mal.
« Ca te plaît hein, de te faire prendre comme une chienne ? Oh oui ça te plaît, ya qu’à t’écouter gémir.
- Ah, c’que t’es bonne… » lança son camarade derrière moi en caressant mon sexe, son autre main toujours plongée dans ma poitrine.
C’est comme ça que mi-pleurante mi-gémissante et subissant leurs injures, j’attendis qu’ils assouvissent leur bas instinct et me libèrent.
Et honte à moi, il y sont arrivés. Mon corps a palpité.
J’avais une nausée épouvantable et un renvoi douloureux, mêlé des rats avalés, de sperme et de sang. Au loin, les voix des trois hommes s’éloignaient. Moi, j’aurais bien voulu me relever, mais je ne m’en sentis pas capable. J’avais mal partout, et surtout à mon amour propre. J’avais perdu deux ongles dans la bataille et je n’osais même pas imaginer ce à quoi je pouvais bien ressembler à cet instant. Je n’étais plus qu’une souillon, rien d’autre.  Jamais de toute ma vie je n’avais été aussi sale et misérable.
J’étais toujours en train de glapir et je hurlai en voyant une silhouette encapuchonnée se baisser pour s’accroupir à mon niveau.
« C’est qui la putain sans cervelle, maintenant ? »
Mes larmes et gémissements se muèrent en spasmes et tout mon corps se contracta atrocement. Je ne parvins plus à respirer et émis un grondement régulier et incontrôlable. Je ne maîtrisais plus rien et j’aurais fini par tomber en pamoîson si elle ne m’aurait pas gifler à son tour pour me calmer.
Je respirais bruyamment et difficilement. J’essayais de trouver mon air. J’essayais de survivre.
J’essayais d’oublier pour ne pas sombrer.
« Alors ? C’est qui, la putain ?
- C’est moi... » répondis-je en larmes, tout mon corps secoué de violents tremblements.
Et je le pensais vraiment.
Jusqu’où elle était capable d’aller ? J’étais terrifiée. Pouvait-elle seulement avoir une limite après ça ?
Elle sourit.
« Bon, on peut rentrer à présent. Au fait, t’étais pas obligée de me suivre jusqu’ici, tu sais ? Tu pouvais retourner dans ta cellule toute seule comme une grande fille. »
Elle se releva en riant.
Je me sentis tellement misérable.
La veille, j’avais réussi à réprimer ma colère pour tenter de la jouer fine. Aujourd’hui, je n’y étais pas parvenue, et voilà le résultat. J’avais payé cher mes excès d’humeur. TRES cher.
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Rain Sword

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MessageSujet: Re: Darkness Memory [RAIN x ANCILLA]   Aujourd'hui à 20:46

Darkness Memory
Rain Sword feat Ancilla

J'ouvris lourdement les yeux sur un décors inconnu. J'avais la bouche pâteuse et le cerveau en bouillie, et seul un faible gémissement résonna au fond de ma gorge. Néanmoins suffisant pour attirer l'attention d'une jeune femme qui m'était totalement étrangère. Les cheveux courts et blonds, elle m'observait avec curiosité, une main repoussant une mèche de cheveux sur mon front humide. Le corps pesant fortement, je n'eu pas le courage de me redresser. Je tentais de me rappeler ma présence ici, essayant de rassembler les souvenirs de ces dernières 24 heures.

_Comment tu te sens? entendis-je.

Mishraz... Mishraz Huang, c'est ça. J'avais avalé un truc qu'il fallait pas. Ah, non, je m'étais volontairement droguée par la vieille dame pour retrouver la mémoire. Des bribes d'images me revenaient doucement, mais rien de vraiment flagrant. J'étais bien trop vaseuse, toutes mes pensées n'étaient qu'une brume épaisse. Je n'arrivais même pas à penser, en fait.

_J'ai la tête dans l'cul putain... marmonnais-je. Et j'ai soif.
_Tiens, j'ai demandé à Nona quelque chose pour te remettre sur pied rapidement. Ta cérémonie esprituelle ou dans le genre, c'est dans 3 heures. T'as dormi vachement longtemps. J'ai hésité à te réveiller de force mais ça aurait cassé ton trip.

Je me redressais difficilement sur un coude, plutôt ravie de ne ressenti aucune douleur de mon dernier affrontement, même si je ne doutais pas que mes blessures étaiet encore grossières. Dans un coin de la cuisine, Aly me fixait, sa peluche déformé sous ses bras. J'avais l'impression d'avoir rêvé d'elle, mais pas moyen de mettre le doigt dessus. Frustrée, je saisi le verre en pâte à sel tendu par Mish et descendit d'un coup son contenu.
Nona venait de faire son apparition, une cigarette roulée au bec, qu'elle partagea avec la blonde. J'imaginais bien qu'il n'y avait pas que du tabac là dedans. Elle capta mon regard pleins de reproches et sourit en coin avant de préciser:

_Ta mémoire te reviendra petit à petit. Pour l'instant, ce ne sont encore que des rêves. Pas la peine de me regarder comme ça.

Je grommelais et fit un effort considérable pour me mettre en position assise. D'après Mish, il allait falloir qu'on se bouge.
Quelque chose me fit tilter.

_Où est Ancilla?

Mishraz eu un petit rire et souffla une fumée verdâtre avant de rendre la tige à la propriétaire.

_Elle est rentrée... Après avoir passé une soirée chaude hier.
_Chaude com... Non en fait, je m'en fou. Etonnant qu'elle soit encore là.
_Je pense que l'obsession qu'elle a pour toi et Chael lui font surmonter des tas de choses...

Elle était clairement louche. Je me demandais un instant si elle ne l'avait pas simplement tué.

_Vous l'avez tuée?

Mishraz éclata de rire alors que Nona leva les yeux au ciel avant de retourner à ses occupations dans la pièce voisine. Je me massais le front, son rire avait réveillée ma migraine. J'espérais que le breuvage ferait effet dans pas longtemps.

_Bien qu'elle le mériterait amplement, je tiens pas à être l'étincelle de la prochaine guerre. Quoique... ça serait pas si mal, en fait. Enfin! Lève-toi, va falloir te préparer pour la cérémonie. C"est pas à moi de m'occuper de ce genre de choses d'hab' et je me cale une bière dans un coin, mais c'est pas tout les jours qu'on a un phénomène comme toi. T'auras peut-être des choses à me raconter d'ici ce soir...

Je savais pertinemment qu'elle était intéressée par mon passé, mais je doutais légèrement qu'il n'y avait qu'une question de commérage dans le lot. Peu m'importait, je n'avais rien à cacher et rien à regretter pour un corps comme le sien.
Elle me tendis une main et je me débarassais du verre avant de m'en servir pour m'aider à me relever. Mes jambes semblaient pourvu d'une volonté propre tant je ne les sentais presque pas. La migraine s'était heureusement estompée mais sans l'appui de Mish, je serais tombée lamentablement.
Après avoir remercié Nona pour son temps, nous quitâmes l'appartement, Aly sur les talons. Elle était silencieuse – enfin, plus qu'à son habitude – et me suivait sans distraction. Je lui pris la main pour ne pas la perdre de vue, je n'avais pas envie de passer le reste de la journée à la chercher. Les ruelles étaient toujours autant bondées mais cette fois, Mish me tenait fermement la main. Elle agissait de manière un peu inhabituelle pour moi qui n'avait connu que des rustres et des bâtards depuis des mois, et cette façon d'être me rappelait étrangement quelqu'un. Un visage familier, mais lointain. La curiosité l'emporta et je me rapprochais d'elle pour me faire entendre, la voix basse.

_Pourquoi je t'intéresse autant?

Ma question la prit au dépourvu et elle freina un moment, étonnée. Je grognais quand Aly me bouscula à cause de cet arrêt brutal. Mais elle reprit aussitôt la marche.

_Mah, je te l'ai dis. Tu es unique. Et j'aime les choses uniques. Elles valent beaucoup.

Je resserais brusquement ma poigne.

_Si tu comptes me vendre, je te tuerai et tout ton clan avec toi.

Elle ralenti le pas pour m'étudier calmement avant de répondre:

_Je n'en doute pas. Mais quand tu auras une âme, tu ne tueras plus avec autant de simplicité.
_Qu'est-ce que tu en sais? Tout le monde tue.
_Pas faux, mais toi, tu n'as jamais eu d'âme. Enfin, tu l'as eu étant enfant, si j'ai bien compris. Tout ce que tu as fais depuis, tu n'as rien ressenti. Tout sera nouveau pour toi. Comme... une première fois.

J'allais rétorquer quand elle ajouta:

_Enfin, c'est que mon hypothèse...

Elle me sourit.

_J'aimerai sincèrement voir ton histoire de mes propres yeux.

Mon histoire? J'étais visiblement un objet d'amusement pour elle, une distraction dans sa vie coutumière. Quelque chose de neuf et d'intéressant.

_Ne me dis pas que je suis la chose la plus intéressante que tu ai vu de ta vie? me moquais-je.
_Ah! Eh ben... j'ai vu des choses intéressantes, si. Mais brèves. Toi... tu promets d'être un sujet profond et pleins de surprises... Je n'ai encore pas vu l'ombre de tes démons... et je doute qu'ils soient très enclins à te laisser avoir une âme.

Ça, ce n'était pas faux. Cela dit, s'ils n'étaient pas capable de prendre possession de moi par la force, il n'y avait pas de raison pour qu'ils soient capable d'empêcher quoique ce soit d'entrer en moi, non? Je soupirais quand un vague vertige m'enveloppa. Le Saut du Jugement... Seven Hell... Tout ces gens, ces bâtiments. Ils m'étaient étrangement familiers.

_Je suis déjà venue ici... murmurais-je.

Etonnament, Mish m'avait entendu.

_Evidemment, on est passé par là hier.
_Non je veux dire, il y a longtemps.

Elle m'entraîna brusquement dans une impasse étroite avant de me lâcher, face à moi. Je reculais d'un pas, contrarié, Aly derrière moi.

_C'est pas le moment pour s'envoyer en l'air. Je fais pas ça dans la rue.

Elle lâcha un petit rire.

_C'est tout ce qui te retient? Et la pucette dans le lot?
_La puce...ette?

Ma vision de la blonde aux cheveux longs dans mes délires nocturnes s'interposa contre celle de Mishraz... Non, c'était pas possible.

_Lamia?

Un large sourire fendit son visage.

_Ça y'es, tu te souviens?
_Ouai, plus ou moins, répondis-je en me massant le front. C'est encore flou...
_Eh! C'est tout l'effet que ça te fait?
_Putain, ça remonte à vingt deux ans... Tu étais aussi jeune qu'Aly, à l'époque. Je compend pas, pourquoi me mentir sur ton intérêt pour moi, si nous avons été... amies?
_Je ne mens pas, je n'ai jamais vraiment su tout sur toi, et puis, depuis que nous avons été séparées, je n'ai plus jamais eu de nouvelles. (Elle secoua la tête, amusée) Vous n'avez pas changées d'un pouce.
_Alors que toi, même si je n'avais pas perdu la mémoire, je t'aurai pas reconnue.

Elle se frotta la tignasse.

_Ahlàlà, tu n'as jamais été une grande émotive, de toute façon, rétorqua-t-elle en souriant. C'est bien ce qui m'avait attiré chez toi la première fois! Mais je comprend mieux pourquoi, maintenant.

Si j'avais des doutes à son égard jusqu'à maintenant, et que de toute manière je savais bien que le temps changeait les gens, j'étais tout de meme satisfaite d'avoir un pion de mon côté.
Je lui souris en retour, un peu malicieusement, et lui accorda un baiser qui la laissa sur sa faim.

_Je t'attire, hm?
_Je croyais... que tu ne voulais pas faire ça dans la rue?...

Je me retournais pour sortir du cul-de-sac, ricanante.

_C'est bien ce que j'ai dis.

Le retour était visiblement plus serein pour Mishraz, mais en ce qui me concernait, je sentais l'angoisse grimper au fur et à mesure que je m'approchais de mon âme. Je redoutais comme j'espérais cet instant, avoir la puissance et la souffrance à la fois... Je pouvais choisir de vivre comme je l'avais toujours fais jusqu'à maintenant, mais ce n'était pas une vie. J'avais besoin de ce changement, de cette nouvelle étape dans mon existence... j'avais besoin de cette ascension physique et psychique. Tout ne se déroulait pas comme prévu, je n'avais fais que subir les évènement, mais tout allait dans mon sens.

Mishraz ne m'avait pas lâché d'une semelle. Ni moi ni Aly. Pas même quand nous prîmes un bain. Sa manie avat finis par me taper sur le système et je l'avais envoyé bouler une heure avant la cérémonie.
J'avais profité du temps pour faire le point sur mes souvenirs. Mish n'avait pas eu tort, j'avais bien plusieurs décennies. Mais je n'en connaissais pas le nombre exacte, les souvenirs trop lointain n'étaient encore que des sensations chimériques. Parfois, j'avais des visages en tête sans la scène. Et d'autre fois, j'avais une scène au milieu de sans-visages. Mon cerveau accumulait ces données par bribes, m'évitant bien heureusement un choc violent.
Je repensais à Mishraz, aux moment que nous avions passés ensemble. Je me souvenais à quel point elle était attachée à Aly, et de quelle manière j'avais tué toute sa famille... Je ne lui avais pas encore demandé pourquoi elle avait changé de nom. Je m'en fichais pas mal, en fait.

On toqua à la porte, m'extirpant de mes rêvasseries, et Mish m'attendait. Elle était habillée d'un ensemble plutôt élégant pour l'occasion, obligeant mon regard à se promener le long de son chemisier ouvert sur un débardeur moulant son imposant poitrine. Une écharpe entourait négligeamment son cou et ses épaules, et un collier pendait jusqu'à son ventre plat. Il représentait une main avec un oeil en sa paume, façonné dans du métal gris. Son jean déchiré lui donnait une allure décontractée et ses bottes remontant jusqu'au mollet ajoutait une touche de féminité. Je n'avais jamais porté vraiment d'intérêt vestimentaire pour quiconque mais j'admettais qu'elle avait fait plus d'effort que moi.
Je n'aurai néanmoins su dire si son sourcil relevé faisait référence à mes vêtements que je n'avais pas changés depuis trois jours ou sur le voyeurisme flagrant que je venais de faire.

_Je me sens désarmée, fis-je remarquer.
_Pourquoi? Parce que je suis trop canon?
_Non, parce que je n'aime pas me sentir propre. J'ai l'impression d'être vulnérable au monde.

Elle m'octroya un regard surprit, avant qu'il ne se change en une mine dégoûté.

_Je n'sais pas trop quoi en penser... Enfin, au moins, tu ne rechignes pas à te laver, t'en a juste pas le réflexe. C'est de mauvaises habitutes que t'as donné à la pucette, ça.

J'haussais une épaule et la suivis en dehors, accompagnée d'Aly. La chapelle était au centre de la ville et la nuit était déjà tombée lorsque nous arrivâmes devant ses immenses portes.

_Prête? me demanda Mish.
_Non.

Je serrais les poings et respirait grossièrement.

_Allez. Ça fait un bail que j'attend tout ça.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Darkness Memory [RAIN x ANCILLA]   Aujourd'hui à 22:05

Darkness Memory
Rain Sword feat Ancilla

Je naviguai chancelante derrière Mishraz dans les ruelles sombres et froides en me tenant le ventre. J’avais un mal de chien. Mon corps  semblait prêt à tomber en miettes, à se déliter comme du sable mouillé et l’odeur de mes agresseurs me hantait. Je la sentais sur ma peau, je la sentais sur mes cheveux, je la sentais jusque dans ma bouche.
Un écoulement désagréablement chaud roula le long de mes jambes et je réalisai que je n’avais pas récupéré ma culotte. J’imagine que ces ordures étaient repartis avec car je ne me souvenais pas l’avoir vu sur le sol. Leur trophée...
Je m‘arrêtai soudain pétrifiée devant une vitrine poussiéreuse et fendue, mon reflet ayant captivé toute mon attention.
J’étais voûtée, les mains tenant toujours mon ventre, les cheveux d’une crasse poissée innommable recouvrant mon visage sale et luisant dont la pommette gauche était enfle et cernée d’une belle marque rouge. Une crasse mêlée de poussière, sang, sueur, larmes, morve, vomi, salive, sperme et j’hésitais quant à l’exhaustivité de la liste. Ma jupe était déchiré sur la longueur.
Je ne pouvais plus contrôler le moindre tremblement et j’avais l’impression d’avoir pris soixante ans d’un coup. Je n’arrivais pas à me reconnaître. Moi, qui avait toujours pris soin de moi d’aussi loin que je me souvenais. Moi, qui avait horreur de la saleté et qui me lavais tous les jours. Combien de temps cela faisait-il que je ne n’avais pas pris de bain ? Trois jours, quatre ? Je n’étais plus rien, plus rien d’autre qu’un déchet à l’image de tous les porcs de cette cité. J’étais comme eux, aussi sale et répugnante et je me haïssais comme je le crois bien, personne ne s’est jamais haï. Était-ce vraiment moi, là ?! Cette chose repoussante, écœurante à en gerber qui ne pouvait inspirer rien d’autre que le dégoût ? Et cette odeur, par l’enfer !
Non, c’était une illusion, je n’arrivais pas à y croire. J’étais épuisée et en état de choc, voilà tout. Salie, bafouée, déshonorée et j’allais devoir vivre avec ça pour le restant de mes jours.
Si j’en avais eu la force, j’aurais brisé la vitrine d’un coup de pied. Mais je me contentai de me remettre en marche pour suivre ma tortionnaire qui commençait à montrer signe d’impatience.
L’immeuble de détention n’était pas très loin. Si je n’avais pas croisé ces trois ordures, je m’en serais tirée sauve. A moins que Mishraz se serait décidée à arpenter le secteur jusqu’à ce que l’on s’occupe de moi. Elle en était bien capable…
Je gravis lentement les premières marches, ignorant les gardes malgré mon angoisse.
Lorsque j’aperçus que Mishraz continuait de monter tranquillement après le premier étage, je crus que le cœur allait me sortir par la bouche. Je m’arrêtai quelques marches avant la regardant monter. Non, elle n’allait pas me ramener là-haut ?! Je n’avais pas déjà assez subi comme ça ?! Elle s’arrêta finalement à la moitié de l’étage et se retourna.
« Tu te tiendras sagement, tu as dit ? »
Je m’empressai de faire signe de la tête pour confirmer.
« La prochaine fois que tu me traites de putain, je t’enferme dans un bordel et ce sera toute la ville qui te passera dessus. J’espère que c’est clair ? »
Je baissai les yeux.
« Tu as perdu ta langue ? rit-elle. Elle n’est pas restée accrochée sur la bite de ce pauvre type quand même… »
« C’est très clair... » soufflai-je dans un filet de voix éteint.
Je pouvais y entendre des larmes.
- Bien ! Parfait, tu peux rentrer là alors, on se revoit demain soir pour la cérémonie. Autant te le dire tout de suite, je te déconseille d’y tenter quoi que ce soit. »
Elle ouvrit la porte et je rentrai dans la pièce.
« Est-ce que je pourrais me laver ? demandai-je.
- Oh, on verra demain pour ça. »
Et elle referma la porte dans un sourire et s’ensuivit le bruit du loquet dans la serrure.
Jusqu’au bout. Elle allait me pourrir la vie jusqu’au bout et je m’effondrai en larmes une nouvelle fois. Je ne pouvais même pas me laver. Je puais. Oh, je puais. C’était horrible. J’en avais la nausée. Je me traînai jusqu’au lit et délaçai mes bottes.
Faire partir l’odeur.
Je devais faire partir l’odeur.
J’allais faire partir l’odeur.
Et surtout le goût.

La nuit arriva, me toisa, repartie. Je m’endormis tard, et le bruit angoissant de la porte me tira de mes cauchemars au petit matin. J’étais allongée sur le dos et tournai la tête en direction de la personne qui s’amenait. Je me sentais tellement faible. Je cillai plusieurs fois des yeux en voyant une silhouette éblouissante entrer dans la pièce. Ma vision s’ajusta et je reconnus Docélia, toujours aussi rayonnante du plus profond de son être.
Cette aura…
« C’est beau... » m’émerveillai-je sans comprendre comment j’avais pu y être si insensible la veille.
Peut-être était-je juste en train de délirer. Mais...
C’était l’apaisement.
C’était… c’était tellement pur et puissant. Un être de lumière. Un ange tombé du ciel. Ca ne pouvait être que ça. Aucun humain ne pouvait dégager une telle beauté intérieure. C’était un être immaculé.
Pendant quelques secondes tous mes maux avaient disparus, et cela aurait certainement durer plus longtemps si Docélia n’avait pas interrompu mon émerveillement.
« Mais... Sainte Marie mère de Dieu… » s’exclama-t-elle troublée en lâchant les vêtements qu’elle tenait.
Son irradiante beauté s’assombrit d’un coup, comme si les nuages voilaient soudainement le soleil.
Et ma quiétude béate alliée à une étrange sensation de piété s’évanouit brusquement.  
La douleur refit surface, entêtante, mordante, et reprit place dans les moindres replis de mon cœur, de mon âme et de mon corps.
« Avec quoi as-tu fais ça ? » me questionna-t-elle.
Je ne compris pas de suite et mon visage pris une expression d’incompréhension. Puis je sentis l’odeur du sang. Le goût du sang. Qu’avais-je  bien pu faire ?  
Je vis le sang. Il y en avait partout. Les draps, l’oreiller et le matelas en étaient recouverts.
Je me redressai lentement. Tout le long de mes bras, de longues entailles profondes formaient des motifs ésotériques. Il y en avait tellement qu’ils se superposaient à un point qu’on ne les reconnaissait plus. Il y en avait même sur ma poitrine, tout autour du tatouage et un peu partout sur mon corps. Sur le ventre, les jambes…
Je me souvins alors vaguement de m’être mutilée pendant une bonne partie de la nuit, dans un état second. Il fallait que j’évacue le stress. Que j’évacue le mal-être. Que j’évacue la honte.  Que je me punisse. Que je fasse passer l’odeur et le goût de l’horreur sur mon corps.
« Avec mon couteau... répondis-je d’un murmure.
- Donne moi ça tout de suite et lève-toi. »
Je glissai ma main sous l’oreiller pour le récupérer. La lame était rougeoyante dans l’éclat de la lumière du jour sur l’acier. Je la repliai et lui l’envoyai.
Elle dut sérieusement se pencher pour qu’il ne finisse pas par terre. Je n’avais plus la moindre force.
Elle me considéra un instant, écoeurée, lorsque je sortis du lit dans un vacillement.
Ma peau tiraillait de tous côtés et me démangeait affreusement.
« C’est pas vrai… » s’outra-t-elle.
Je n’arrivais pas à expliquer cette impression que j’éprouvais en me perdant dans son regard. J’avais l’impression d’être un livre ouvert.
Et je me remis à pleurer en me laissant tomber assise sur le lit. J’avais tellement honte. J’avais envie de fuir la lumière et d’aller me cacher dans les ténèbres. Je n’avais plus de culotte, et le frottement de mon intimité contre le matelas me crispa. J’avais les cuisses affreusement collantes.
« Je vais te chercher de quoi te laver, tu n’es pas présentable pour participer à la cérémonie dans cet état. En attendant mange. Je t’ai amené quelque chose que tu devrais supporter et qui reste à mon avis toujours plus convenable que de la vermine », m’informa-t-elle en ramassant et me tendant un tissu qui contenait quelque chose.
Lorsqu’elle fut repartie – sans oublier de verrouiller la porte – je jetai un œil et  trouvai un lapin fraîchement tué. Alors ce n’était pas juste la vermine que je pouvais avaler ? C’était juste parce que je n’avais que ça sous la main que je m’évertuais à m’en nourrir ? De la viande crue et du sang  ? C’était juste ça ? Le lapin passa assez bien en effet, même si la viande crue était toujours aussi pénible à ingérer.
Docelia revient rapidement un seau d’eau qui sentaient une légère odeur étrange.
« Allez, déshabille-toi. Nous parlerons une fois que tu seras propre. »
J’obéis même si l’idée de me dénuder me répudiait, moi, qui suis si pudique.
Propre ? Je pris le gant de toilette qu’elle me tendit pour le tremper dans l’eau. Elle était à peine tiède. Comment me laver dans ces conditions ? Bordel ! J’avais envie d’un bon bain bouillant qui sentait bon la lavande le thym le romarin ou que sais-je encore – et accessoirement de me noyer dedans, mais ce n’était qu’un détail – et je n’avais qu’un foutu seau pratiquement froid qui sentait une odeur pas spécialement agréable. J’essayai de me nettoyer les cheveux, mais je m’y prenais mal. Je n’arrivais pas à retirer les croûtes qui les collaient les uns aux autres.
« Je suis dégueulasse ! m’écriai-je en me remettant à pleurer. Je suis dégueulasse et je n’arrive même pas à me laver... »
J’étais inconsolable.
« Je vais m’occuper de tes cheveux, dit-elle. Fais le reste. »
Le malaise était terrible. J’étais nue. J’étais sale. Puis mon corps me faisait mal. Sans compter les blessures, je ne supportais plus le moindre contact. Et j’avais beau frotter, je me sentais toujours aussi sale.
« Quand je vois de telles horreurs, je me demande pourquoi nous nous battons encore pour vous sauver, s’exaspéra-t-elle. 
- C’est pas ma faute… m’étranglai-je. J’ai rien pu faire… ils… ils… étaient… »
Je ne parvins pas à finir ma phrase.
« Il n’a rien fait ! Il m’a laissée tombée... déviai-je.
- Que crois-tu ? C’est un démon ! N’espère pas qu’il prenne soin de toi ou qu’il te protège si ce n’est pas dans son intérêt… et tu peux me croire, ça doit bien l’amuser et plus tu tomberas et plus il se régalera et en tirera parti. Ta détresse et ta souffrance sont son essence. Il s’en nourrit ; ce sera toujours comme cela avec le mal et dis toi bien que cela ne fait que commencer. Il fera tout pour que tu suives son chemin. »
Docelia ne s’en sortait pas mieux avec ma chevelure. Je la sentais tirer sur les mèches séchées, les étirer et les brosser. Ca me faisait mal et même si j’essayais de rester impassible, je finis par exprimer mon agacement et ma douleur.
« Je ne vais rien pouvoir faire de plus, je le crains. Il va falloir couper. »
Et je me remis à sangloter.
« Non ! Pas mes cheveux…
- Il n’y a pas le choix, me réprimanda-t-elle patiemment. Ce ne sont plus des mèches de cheveux, c’est du crin. 
- Essayez encore, s’il vous plaît !
- Ca suffit ! On a pas le temps de toute façon et tu as plus important à penser qu’à ta coiffure, tu ne crois pas ? Tu n’as pas idée de ce que tu vas encore endurer alors garde tes forces au lieu de les gaspiller en jérémiades. Si tu te soucies tant de ton apparence, commence par arrêter de te taillader ! Et puis des cheveux, ça repousse ! Maintenant je ne veux plus t’entendre pleurer. Ce n’est pas à moi de m’occuper de toi, alors estime toi heureuse que je le fasse. Tu dois apprendre à être forte si tu veux t’en sortir ici bas. »
Je fis l’effort de prendre une grande inspiration pour me calmer.
« D’accord... »
Elle posa la brosse et récupéra des ciseaux dans un tiroir.
J’eus du mal à contenir mes larmes.
Mes cheveux…
« Je vais faire de mon mieux pour couper le moins possible », m’annonça-t-elle.
Mes pleurs retentirent à nouveau et je l’entendis soupirer, puis vint le tchac tchac tchac des ciseaux aiguisés qui coupent.
Tchac, tchac, tchac !
Tchac, tchac, tchac...
Tchac, tchac, tchac.
Chaque coup de ciseaux me donnait envie de hurler.
A quoi allais-je ressembler ? A un homme ? J’allais perdre toute ma féminité… Je venais déjà de perdre mon honneur. L’Heptade m’aura vraiment tout pris.
Je tâtais le résultat quand elle avait fini. Elle avait dû couper plus de la moitié.
Mes cheveux qui dépassaient les aisselles n’atteignaient même plus les épaules à présent.
Elle redonna un bon coup de brosse énergique pour essayer de rattraper ce qui restait. La douleur était insupportable, mais je préférais cela à un raccourcissement supplémentaire alors je me mordis les lèvres sans rien dire. Je m’en pris aux peaux sèches que j’essayais d’arracher avec mes dents.
« Voilà, j’ai fait de mon mieux. Maintenant habille toi avec la tenue que je viens de t’amener. »
Elle me tendit une sorte de soutane aux couleurs de l’Heptade que j’enfilai sans protester malgré ma répugnance. Quand on se fait briser, on finit par tout accepter. Tout. Même les choses les plus humiliantes. J’aurais aimé pouvoir dire que je me sentais au moins propre à présent que je venais de me toiletter – de la manière la plus sommaire qu’il puisse être, rappelons-le – Mais il n’en était rien. Le meilleur des bains n’y aurait rien changé. J’étais souillée et je le resterai jusqu’à la fin.
« Est-ce que tu veux prendre l’air cinq minutes ? me demanda-t-elle.
- Non ! paniquai-je. Je ne veux pas sortir ! Je ne veux plus sortir… Je veux juste quitter cette maudite citée... »
Je me mordis encore les lèvres, et je sentis le goût du sang se renforcer dans ma bouche.
« La cérémonie commencera ce soir, tu le pourras bientôt, quand tout sera fini. Maintenant nous allons en parler. Tu acceptes de nous apporter ton aide ?
- Si c’est que veut Mademoiselle Sword », répondis-je l’esprit ailleurs.
Elle s’assit sur une chaise qui était à côté du lit. Et je cherchais un coin de lit pas trop sale pour m’asseoir à mon tour et l’écouter.
« La cérémonie se passera dans la chapelle, commença-t-elle. Nous allons devoir tout préparer. Il ne faudra rien laisser de l’extérieur nous perturber. »
Elle m’expliquait ce qu’elle attendait de moi. Ce que je devais faire. Au fond de moi plus rien n’avait d’importance. Que je meurs ou que je vive, que je sois libre ou damné pour l’éternité. Je n’en avais plus rien à faire. Je perdais toute notion d’espace temps et de raisonnement.
« Eh, tu m’écoutes ? Tu entends ce que je te dis ? » me demanda Docelia.
Je la regardai soudain, émergeant de mes rêveries cauchemardesques. J’avais bien trop de pénis et d’injures à mon esprit pour être attentive, et elle devait bien s’en douter puisque elle ne s’énerva pas..
« Oui, la cérémonie finit ce soir... » répondis-je distraitement.
Dans sa grande patience, elle soupira et reprit.
« Non, elle commence ce soir... 
- Oui ce soir, me repris-je. A l’extérieur de la chapelle... 
- Non, à l’intérieur, s’impatienta Docelia. Essaye donc de te concentrer cinq minutes pour l’amour de Dieu ! »
Je baissai les yeux, me retenant de pleurer.
« Tu vas tout faire rater si tu continue ainsi, m’avertit-elle. Il n’y aura rien de compliqué, mais il faudra que tu te concentres un peu. Que tu te concentres et que tu suives le mouvement. Il n’y aura rien de compliqué. Tu as déjà fait des cérémonie bien plus complexes et délicates que celle-ci. Tu ne voudrais pas faire la faire échouer ?
- Non. Je ferai de mon mieux. »
Lorsque l’heure fut venue, nous nous rendions à ladite chapelle pour le bon vouloir de tous ces gens qui m’avaient fait tant de mal. Un jour, ce sera mon tour. La roue tourne.
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Darkness Memory [RAIN x ANCILLA]
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