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 Rise of Shadows [Rain/Ancilla]

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Rain Sword

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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Sam 2 Sep - 23:30

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Je soufflais un « pfff » en écoutant les déboires de la fille de porcelaine. Elle faisait une réelle fixette sur le fait que je sois la sois-disante « élue » et me jalousais ouvertement. Je me penchais vers Aly, une main au sommet de sa petite tête ronde. Un demi-sourire au visage, je lui fis remarquer :

_Non mais t'as vu la vilaine ? Elle te traite de gamine innocente, tu sais, comme ces autres gosses incapables qui se font utiliser comme de vulgaires jouets aux mains d'adultes dépravés. Comme si toi, mon Aly, tu serais du genre à vouloir d'une vie pareille.

Alasan ne nous écoutait déjà plus et fixait un point invisible en contre-bas de la fenêtre, replongée dans son univers.

_Comment dit-on déjà ? « Ce n'est pas la destination qui compte mais le voyage » ? Contrairement à toi, je n'ai pas peur d'aller « nulle part », tant que je n'ai pas à supporter des gens de ton espèce.

Au lieu de s'énerver comme elle avait l'habitude de faire, je la voyais désespérée, cherchant un terrain d'entente. Dans d'autres circonstances, j'aurai pu apprécier l'initiative, mais la connaissant, ce n'était qu'un jeu de roulette russe.

_Qu’est-ce que je dois faire pour que tu arrêtes de me détester ? supplia-t-elle. Dis-le moi… Laisse moi te présenter notre monde et t’instruire. Tu n’es pas obligée d’y croire, peu importe. Tu verras bien le moment venu. Tu n’as rien à perdre… Tu as tout le confort dont tu as besoin ici, tu l’as dit toi même. Et après ça nous pourrons sortir d'ici.

Je n'étais pas sûr de saisir à quel moment elle faisait référence quant à sortir d'ici. Je n'avais pas du tout envie ne serait-ce que de passer la nuit avec elle. La journée, c'était déjà trop. Et puis, elle comptait vraiment m'apprendre à lire ? Dans le genre où je devrais passer plus de temps avec elle ? Plutôt mourir.

_Tu veux pas plutôt qu'on cherche un moyen de sortir de cette chambre ? L'idée d'être enfermée sans condition de sortie a tendance à me rendre agressive à la longue.

Je m'approchais de la porte et testa le verrou, comme s'il allait s'ouvrir tout seul d'un moment à l'autre.

_Si seulement j'avais plus de force...

Je regardais ma main, impuissante, et serra le poing.

_J'en ai en fait. Faut juste la débloquer...

Je me retournais vivement vers elle.

_Au labyrinthe, tu disais qu'il te fallait un rituel et un matos spécial. Tu ne l'aurais pas, là, dans ta chambre ?
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Dim 3 Sep - 2:32

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« Tu veux pas plutôt qu'on cherche un moyen de sortir de cette chambre ? contourna Rain. L'idée d'être enfermée sans condition de sortie a tendance à me rendre agressive à la longue. »

Je me retins de lui faire une reflexion provocatrice. Je me retins très, très fort.

Elle s’approcha de la porte et testa à nouveau la solidité de la serrure, puis se retourna le poing serré pour me demander à nouveau d’invoquer ses foutus démons.

Je la regardai de travers, toisant son poing toujours crispé comme une menace. Et puis sans savoir pourquoi, j’affichai un grand sourire.

« Va te faire foutre. »

Puis je me mis à rire - un faible rire dont les spasmes troublants avaient plus la sonorité de pleurs contenus que d’amusement - avant de reprendre :

« Pourquoi je t’aiderai, hein ? Donne-moi une seule bonne raison. J’aime autant mieux te voir tourner en rond comme un lion en cage. »

Puis je ne pus retenir la provocation plus longtemps :

« Après tout, t’es habituée à être enfermée dans une cage, non ? »

Je soutins son regard sans la moindre appréhension.

« La vilaine, elle en a marre, alors démerde-toi. T’as qu’à taper la porte, ça changera de cible un peu. Personnellement, c’est pas elle qui m’arrêtera à moi. Mais pourquoi t’aiderais-je, dis-moi ? Tu ne veux rien savoir ! Je pourrais te tuer sans même bouger d’où je suis, si je le voulais. Alors avant de m’approcher, je te conseille d’y réfléchir à deux fois. »

… Et ça recommençait.

J’avais l’impression de vivre en plein délire. Mais que m’arrivait-il ? C’était pas moi d’agir ainsi.
J’avais l’impression d’être dans une fournaise.

En regardant Rain, je craignis à son seul regard qu’elle ne me crucifie sur place.

« Ne… ne me regarde pas comme ça… m’inquiétai-je. Mais merde, tu me pousses à bout ! Regarde dans quel état tu me mets… Je peux pas faire ce que tu me demandes, pour la simple et bonne raison déjà que ça ne se fait pas comme ça, tu n’as aucune connaissance en la matière ce serait de la folie ! Et dis-moi seulement qui on va sacrifier, la gamine ? Si tu commençais par le début au lieu de vouloir mettre la charue avant les bœufs, on pourrait faire ça rapidement ! Tu apprendrais comment faire un rituel, les sacrifices, les invocations… Mais tu t’obstines à refuser de t’intégrer et d’apprendre… Tu ne te rends pas compte à quel point c’est dangereux… J’ai failli perdre la vie à ma première cérémonie, bordel ! Tu comprends ça ou pas ?! J’ai failli mourir ! C’est ça que tu veux, crever ?! »

J’étais en train de devenir complètement cinglée. Je ne parvenais plus du tout à me contrôler et j’avais l’impression de sauter d’une humeur à l’autre sans comprendre pourquoi.
Je me relevai en reprenant la parole :

« Alors maintenant, je vais sortir. Mais si tu veux que je t’aide, il va falloir que tu fasses des concessions et que tu me laisses t’enseigner comment faire ton rituel. Parce que déjà, c’est à toi de les invoquer, sauf que tu n’as aucune idée de comment faire… Moi, je vais aller à la bibliothèque, parce que j’ai des recherches à faire. Toi, tu fais ce que tu veux. Tu me suis si tu veux ton initiation, ou pas, à toi de voir. Moi, je vais arrêter de te courir derrière. Va fouiner où il faut pas si ça te chante, mais ne compte plus sur moi pour te surveiller et venir te tirer de ton prochain faux pas. Et sache que ça ne sert à rien de fuir son destin. Il finit toujours par nous rattraper. »

Sur ces derniers mots j’allais taper sur la porte trois grand coup du plat de la main, évitant de regarder Rain qui se retrouvait à présent juste à côté de moi.

« Chael ! m’écriai-je. Chael, il faut que je vous parle. C’est vraiment important. »
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Dim 3 Sep - 14:31

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Ce n'était pas la première fois que la Détraquée faisait preuve de lunatisme, c'est d'ailleurs ce qui lui avait valu le surnom que je lui avais donné, mais c'était tellement flagrant et sans raison apparente cete fois-ci, que je restais clouée sur place, curieuse. Je voyais clairement les émotions affluer dans ses yeux et c'était drôle à voir. Son démon intérieur semblait mi-éveillé et plus elle luttait, plus il prenait l'avantage. Certes, elle ne bénéficiait pas de sa force pour l'instant puisse qu'elle l'a refusait, mais lui-même se nourissait de son amertume.
Je sentais l'excitation grimper en moi, celle de pouvoir affronter un vrai démon en combat singulier. Mais j'avouais que si cela se reproduisait, dans mon état je n'avais aucune chance. Et à ce qu'elle précisait, elle ne m'était d'absolument aucune utilité pour trouver un moyen de déverrouiller mes portes psychiques. Raison de plus pour quitter cet endroit.
Ce qui me mit hors de moi, en revanche, c'était le fait qu'elle avait râlé depuis le départ alors qu'apparemment, elle pouvait sortir rien qu'en demandant gentiment à la porte. Je me retins de lui exploser la tête contre le bois et mis de la distance entre nous, tant mes mains tremblaient d'envie. Sans que je n'y réfléchisse à deux fois, mon poignard fusa à travers la chambre et se planta dans le bois, à quelques millimètres du visage d'Ancilla. Si près qu'une mèche de cheveux s'était détaché de sa tignasse et, quand je m'approchais furtivement d'elle sans lui laisser le temps de comprendre ce qu'il venait de se passer, je souris cruellement en voyant la fine marque laissée sur son cou.

_Rappelle-toi que peu importe tes pouvoirs, chuchotais-je à son oreille, tu n'es rien sans "lui"...

Histoire d'accentuer l'effet dramatique, et de me faire du bien, je lui enfonçais sèchement la tête contre la porte en ricanant, avant de récupérer la dague.

_Ouvre encore la bouche et tu crèves. C'est mon dernier avertissement. T'as de la chance que je t'en laisse un!

Je rigolais en retournant près de la fenêtre, là où Alasan n'avait pas bougé. Si elle croyais que je me retiendrais de la tuer uniquement parce qu'elle a de quoi challenger mes propres démons, elle pouvait se foutre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude, et je me gênerais pas pour l'y aider.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Dim 3 Sep - 16:39

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« Je vais le chercher », répondit une voix derrière la porte.

J’eus pas le temps d’avoir la moindre pensée sur ce fait que j’entendis un sifflement suivit du bruit de la lame qui se stabilise, fichée dans le bois de la porte. Cette furie – quoi que j’avais du mal à situer qui était la pire furie de nous deux en ce moment – qui avait reculé sans que je ne m’en aperçoive, venait de lancer mon poignard.
Je portai ma main sur le côté de mon cou en ressentant une vive brûlure. Ce n’était qu’une éraflure qui ne saignait pratiquement pas, mais c’était fortement désagréable.
«  Espèce de… m’étranglai-je, avant de sentir quelque chose retomber sur mon pied. Mes cheveux ! m’écriai-je.
« Rappelle-toi que peu importe tes pouvoirs, me glissa-t-elle à l’oreille, tu n'es rien sans "lui"... »
J’allais pour parler mais je sentis mon front cogner durement dans le bois, voyant ainsi 36 chandelles. Et je l’entendis ricaner.
« Ouvre encore la bouche et tu crèves, me menaça-t-elle. C'est mon dernier avertissement. T'as de la chance que je t'en laisse un! »
Et de ricaner encore.
« Mais c’est quoi ton problème à la fin ?! J’en ai asseeeez ! » hurlai-je, ma voix se brisant dans l’aigu. J’agrippai mes cheveux à pleines poignées, n’aidant en rien des céphalées déjà amplifiées par la belle bosse dont cette tarée venait de me gratifier.
Un grognement de rage sortit de ma poitrine, un grondement guttural à peine humain qui me glaça le sang une fois que je réalisais ce qui se passait. Je lâchai mes cheveux, à présent d’un calme léthargique, et m’assis par terre face à la porte, en enfouissant ma tête dans mes bras que je laissai reposer sur mes genoux pliés. Le choc avait éveillé cet habituel bourdonnement dans mon crâne que je haïssais tant.
Là, je pris le temps de me calmer dans le silence approximatif qui s’était installé. Je sentis les larmes rouler longuement sur mes joues.

Les rires, les pleurs, la haine et la moindre chose que je pouvais ressentir n’avaient plus le moindre sens ni la moindre valeur à mes yeux. Ce n’était plus que des émotions qui ne m’appartenaient même plus. Je me sentais vide. Privée de toute liberté physique et mentale. J’aurais tellement voulu qu’El’Sha soit près de moi, si seulement il ne m’avait pas fui comme la peste dès que je lui avais avoué le terrible fardeau que je portais en moi. Si seulement je n’avais pas été assez stupide pour le lui dire… Je reniflai discrètement puis m’essuyai le visage dans ma manche.
Si je n’arrivais pas à la convaincre, alors autant en finir. Je ne supportais plus de vivre et même si cela sera sûrement bien pire de l’autre côté si j’échoue, je n’avais plus envie de continuer ici.
J’avais envie de lui dire de m’achever si c’était ce qu’elle souhaitait tant. Pourquoi ne le faisait-elle pas ? Elle avait dit ne pas pouvoir, tout à l’heure...
« Me tuer… Ya que ça qui t’intéresse, repris-je la gorge si sérrée que j’en avais mal. C’est ça qui te rend folle ? Ne pas pouvoir le faire ? Je ne sais pas pourquoi tu me hais autant ni même pourquoi t’es pas foutu de m’abattre, mais si c’est la seule chose qui compte pour toi ça pourra toujours s’arranger… En fait, je crois même que tu me rendrais service. Laisse-moi t’apprendre ce que tu dois savoir pour pouvoir toi-même invoquer tes foutus démons et en échange une fois que tu n’auras plus besoin de moi on s’arrangera pour aller quelque part ou rien ni personne ne pourra t’empêcher de me tuer. Qu’est-ce que t’en dis ? Me tuer avec mon propre poignard… Tu n’aimerais pas… ? Me voir me vider de mon sang sous tes yeux jusqu'à en crever... »
Je me bouchai le nez pour éviter de rire. Elle allait sûrement encore se foutre de ma gueule et je n’aurais vraiment plus qu’à aller me suicider pour en finir une bonne fois pour toute.
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Dim 3 Sep - 23:17

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Faisant tourner le manche entre mes doigts, j'étais satisfaite que, malgré que je ne pouvais achever l'autre Détraquée, je pouvais au moins sérieusement la blesser, tant que je n'avais pas en tête l'envie ou l'idée de la tuer.
Evidemment, celle-ci passa outre mon avertissement, puisse qu'elle savait qu'elle ne craignait pas vraiment pour sa vie. J'avais nettement moins de crédibilité dans cette situation. Agenouillée devant la porte, elle s'était laissée aller, à mi-chemin entre la folie et la dépression, je me demandais ce qu'elle allait choisir. Puis elle parla. Encore. D'une voix morne et sans artifices, simplement démente. Ou bien était-ce le désespoir. Peu importe, je me fichais de ce qu'elle pouvait bien ressentir. La haïr? Peut-être. Je n'avais pas de coeur pour aimer ou aprécier quelqu'un, alors, je me contentais d'émotions vide de sens, sombres. Ou alors j'imitais, quand il s'agissait de tromper quelqu'un. Pour Alasan, c'était différent. Je ne l'aimais pas à proprement parler, j'avais l'impression qu'elle m'appartenait. Que c'était normal qu'elle soit liée à moi. Je ne pouvais pas la détester, la frapper ou l'insulter. Alors nous restions ensemble, toujours. Même avant que je ne perde la mémoire, je pouvais le parier.
Alors, que cette fille ne comprenne rien à rien et cherche à me torturer depuis la première fois que nous nous sommes croisés, elle ne pouvait même pas espérer à mieux comme considération de ma part.

Appuyée au rebord de la fenêtre, je laissais mon esprit se perdre sur les collines.

_Si tu veux mourir, débrouille-toi toute seule, soufflais-je.

En contre-bas, alors que le soleil surplombait à ras l'horizon, offrant une couleur orangée au ciel et au village, je croisais le regard d'une silouhette encapuchonnée. Ses yeux bleus glaces, presque blancs, me fixaient avec une intensité surnaturelle. J'en fus profondément si mal à l'aise que je sentais les démons s'agiter en moi. Ne détournant le regard que quelques secondes, l'étranger avait disparu.

Qu'est-ce que c'était que ça?

Je fus surprise en entendant des voix derrière moi et revint brusquement à la réalité. La porte venait de s'ouvrir à la volée pour laisser place à un fidèle que je n'avais jamais vu. Du moins, que je n'avais pas pris la peine de regarder pendant mon séjour. Sûrement celui qui avait répondu à la Détraqué un peu plus tôt. Il était affolé.

_On est attaqués! Un groupe de blasphémateurs est à l'entrée du temple et fou le bazar! Chael est en train de les affronter, je... je sais pas s'il va y arriver. Il faut que...

Ah! Enfin la porte est ouverte! Ce pauvre homme n'eut pas eu le temps de finir sa phrase que le poignard lui perça la jugulaire dans une giclée de sang. Il avait mal choisit son jour, celui-là. Aly dans mes bras, je bousculais fortement Ancilla hors de mon chemin et, dans ma lancée, avant même que l'homme ne s'écroule, le projeta contre elle d'un coup de pied dans le dos.
Adieu, fille des enfers.
Sachant que l'entrée était occupée, je décidais de trouver une autre sortie. J'entraînais Aly par la main en descendant au rez-de-chaussé. Dans le capharnüm ambiant, personne ne faisait attention à nous. C'était une bonne chose.

_Allez, Aly. Montre-moi un peu tes talents mémoriels. Où est la sortie arrière?

Elle tira aussitôt ma main à travers le dédale de couloirs. Je regardais de temps en temps derrière-moi pour m'assurer que la Détraquée ou l'Hôte Blanc ne nous avaient pas déjà retrouvés. Par chance, pas encore. D'autant qu'ils devaient être bien occupés. La Détraquée avait le choix entre me poursuivre et aller aider son cher homme. Je ricanais, quel choix cruel.

Nous arrivâme dans les cuisines, apparemment bien occupées, et je stoppais brusquement Aly pour nous cacher derrière le mur.
Merde... les fidèles affectés à ce poste étaient tous morts, baignant dans leur sang. Au milieu de la pièce, l'étranger de tout à l'heure... Visiblement l'auteur de ce carnage. Au fond, la porte de sortie grande ouverte qui laissait entrer des rayons de lumière pourpre. La nuit n'allait pas tarder à tomber.

_Qu'attends-tu? demanda l'étranger, alors qu'il ne pouvait pas me voir.

Il s'agissait par ailleurs d'une étrangère. Comme elle m'avait démasquée, je me présentais lentement au chambranle de la porte, laissant Alasan contre le mur, au cas où elle aurait une chance.

_Qui es-tu? questionnais-je sournoisement.
_Une amie. Viens donc, avec ton enfant, qu'on sorte d'ici.

J'arcquais un sourcil, méfiante.

_Tu as deux options, ou bien m'affronter, et tu n'as aucune chance, ou bien me suivre gentiment.

Mon regard se posa sur un balais et je m'en saisis comme arme, brisant l'embout touffu, sourire en coin.

_Je ne suis pas très réputée pour l'obéissance aveugle, tu m'excuseras.

L'étrangère masquée haussa les épaules et se mit en position de garde. Je n'avais pas vraiment le temps de m'amuser ici.

_Aly, sors, ordonnais-je en m'élançant contre l'étrangère pour la retenir et la garder éloignée de la porte.

A peine avais-je porté un coup de bâton horizontal que mon adversaire esquiva habilement. Je senti une douleur sourde exploser sous mon menton et se répandre jusqu'à mon cerveau. Ma tête dodelina dangereusement, tandis que ma vision devint trouble... Je ne compris pas pourquoi l'étrangère s'était baissée, avant de réaliser que je venais de percuter le sol. Son coup précis m'avais sérieusement assomée. Ma vue s'assombrissait doucement alors que je sentais mon corps se faire soulever.

_Aly... murmurais-je au bord de l'inconscience.

Puis les ténèbres m'engloutirent.

L'étrangère souleva Rain sur son épaule comme un vulgaire sac, et l'emmena dehors. Un de ses confrères s'était déjà emparé de l'enfant. Elle n'avait pas résisté, si seulement la Krishna avait fait de même, ça aurait été plus simple. Cela dit, personne ici ne s'attendait à ce que ce soit réellement simple. Une partie de ses hommes faisait distraction à l'avant et personne n'avait pensé à un plan oeuvré pour s'emparer du vaisseau humain. Ses idiots de la Décade pensaient être les seuls à vouloir du pouvoir de la jeune femme. Et pourtant! Elle appartenait à l'Heptade depuis toujours, ils ne faisaient que reprendre ce qu'ils leur revenaient de droit.
Ils avaient fait le plus gros du travail en la trouvant sur l'île de la prison. L'étrangère et sa clique n'avaient plus eu qu'à la repêcher.

_En route, ordonna l'étrangère à ses confrères en targuant son cheval.

La Krishna s'était évanouie pour de bon, à l'avant sur son destrier. L'étrangère souhait mettre le plus de distance entre eux et les fidèles du culte adversaire avant qu'ils ne se rendent compte du stratagème. Ce ne fut pas compliqué. Quatre de ses hommes étaient à l'arrière, prêt à prendre en embuscade des éventuels poursuivant. Rien ne pouvait les retenir. Ils attendraient jusqu'au milieu de la nuit avant de prendre une route différente. Tout avait été calculé pour que personne ne les repèrent.
L'étrangère chevaucha alors avec une consoeur pour le restant de la route. La nuit tombée était à leur avantage, et le trajet durerait encore quelques heures.

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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Lun 4 Sep - 17:06

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« Si tu veux mourir, débrouille-toi toute seule. »
J’éclatai de rire. Elle ne voulait décidément rien entendre.
Je me relevai péniblement d’un air exaspéré, comme si j’avais à garder avec moi une sale gamine qui me faisait tourner en bourrique. C’était pas très loin d’être ça, si l’on considérait que la gamine en question était adulte. J’allais la tuer.
La porte s’ouvrit soudain en coup de vent.
« On est attaqués ! s’écria un homme.
- Quoi ?! m’exclamai-je abasourdie.
- Un groupe de blasphémateurs est à l'entrée du temple et fou le bazar ! Chael est en train de les affronter, je... je sais pas s'il va y arriver. Il faut que…
Le malheureux n’avait pu finir sa phrase, et ne la finirait jamais. Rain venait de lui planter mon poignard dans le cou.
« Rain, arrête ! » m’écriai-je paniquée.
Elle me bouscula pour toute réponse, me faisant tomber à terre.
Mon épaule me lança terriblement, mais je n’eus pas le temps de m’en préoccuper que la pauvre victime me tomba dessus, repoussée sur moi par Rain.
J’eus du mal à me dépêtrer du corps pour m’en dégager. J’avais l’impression de m’être ramassé un cheval sur la gueule. Bon, je n’étais plus à quelques bleus près. Mais le heurt sur ma jambe allait me faire boiter pendant un moment.
L’autre folle furieuse avait disparue - bon débarras ! - et seul le cadavre et les bruits d’un affrontement lointain m’entouraient. Je récupérai mon couteau toujours planté dans le corps.
Un liquide chaud coula le long de mon bras. Mon épaule saignait à nouveau, la plaie s’étant ouverte dans la chute.
« M… merde… » articulai-je blasée, énervée, épuisée, avançant le plus vite possible jusqu’à la salle principale avec un maximum de discrétion. J’étais au sommet de l’inquiétude.
Je tenais à peine debout et me voilà au cœur d’une guérilla au sein même du temple. Mais qu’avaient donc foutu les sentinelles ?!
J’essayai d’analyser vite et bien, aussi rationnellement que le pouvait encore mon pauvre cerveau malmené et enfiévré.
Une vingtaine d’hommes étaient en train de se battre contre les nôtres, et la première chose que je cherchai à savoir était où se trouvaient Chael et El’Sha.
Les repérer dans cette mêlée fut compliqué, mais je m’y appliquai aussi minutieusement que je le pus au milieu de ce chaos et malgré mon état.
Je repérai Chael au bout d’un certain temps, en train de résister contre trois hommes à la fois.

J’étais pétrifiée et restai plantée là à regarder, de longues secondes, avant d’enfin réagir pour lui porter secours. Je tentai le tout pour le tout afin de mettre en fuite nos assaillants. Là, blessée, fiévreuse et pieds nus, je devais faire peur à voir. J’évitais autant que possible de faire des invocations et je fuyais généralement tout contact avec les démons lorsqu’ils ne m’étaient pas imposés, mais il me semblait qu’il s’agissait là d’une réelle urgence.
Je levai les bras en l’air en psamoldiant.
A la fin de mon incantation, un courant d’air brûlant s’éleva, qui ne tarda pas à devenir un vent d’une force phénoménale. J’avançai lentement au milieu de la bataille perturbée, un sentiment de haine s’emparant de moi.
« C’est elle ! » détona-t-on dans mon dos.
Plusieurs hommes se massèrent autours de moi pour m’encercler. Une demi dizaine.
Je ne savais pas ce qu’ils me voulaient, mais un rapide coup d’oeil me permit de voir qu’ils appartenaient à l’Heptade. Depuis quand le culte de l’Heptade s’intéressait-il à moi ?
A Rain, oui, mais à moi…
Je réalisais soudain ce qu’il était en train de se passer. Pourquoi la présence de ces gens et ce carnage.
Le premier qui m’approcha vit la lame lui ouvrir la gorge d’un mouvement sec et s’écroula. Un de moins.
Mais, je ne me souvenais pas avoir réagi si vite… Non, je n’avais pas eu le temps ni le réflexe de réagir. Ca évoluait un peu plus à chaque jour. D’un mouvement de la main, je fis valser les trois hommes restants devant moi. Quatre de moins. Je ne me sentais plus du tout maître de la situation, ce qui a plutôt tendance à m’angoisser en temps normal. Pourtant là, je n’avais ni crainte ni surprise. C’était comme ça et c’est tout. J’étais reléguée au statut de spectatrice - qui était pourtant celui de mon hôte. Ou de pantin désarticulé que l’on manœuvrait, au sens propre du terme.
Le dernier homme derrière moi recula. J’aurais bien aimé le questionner, mais « je » ne lui laissai pas l’occasion de répondre car mon poignard se planta en plein dans son cœur. Cinq de moins.
A chaque homme que je venais de tuer, je ressentais une indescriptible sensation grisante. Bien plus enivrante que ce que j’avais pu ressentir certaines fois où j’étais vraiment en condition lors de sacrifices particuliers. Je me sentais tellement étrange. Non. Ce n’était pas moi qui ressentait cela. Je ne pouvais pas imaginer une seule seconde que je pouvais apprécier tuer des gens, ne serait-ce que pour survivre. J’avais toujours eu la guerre et tout ce qui s’ensuivait en horreur. Je ne faisais ce que j’avais à faire dans ce culte que par pur devoir, mais j’exécrai tout ce qui pouvait le constituer. Cela avait beau être nécessaire et pour une bonne cause, d’accord pour que j’y participe, mais que l’on ne me demandait pas d’être une fanatique comme Glenesh. Ou El’Sha, à sa manière. Comme n’importe qui en fin de compte qui a pu choisir d’intégrer ce culte, et qui n’y a pas été forcé.
Je me déplaçai vers Chael à pas rapide. Cela avait beau ne pas être moi aux commandes, je savais parfaitement ce qu’il allait se passer.

Les trois hommes s’écartèrent de lui et me firent face, mais il n’eurent pas vraiment le temps de faire quoi que ce soit que les uns après les autres s’écroulèrent sur place, mort. Leur cœur avait tout simplement cessé de battre.
Les assaillants restant prirent rapidement la fuite après quelques morts supplémentaires et je retournai auprès de Chael qui me regarda gravement. Puis j’eus lune sensation de vertige et l’impression de sortir d’un mauvais rêve.
« Chael ? Est-ce que vous allez bien... ? demandai-je à bout de force. Il me rattrapa juste avant que mes jambes ne me lâchent.
« Oui ma douce, je vais bien. »
Il passa sa main rapidement sur mon front pour constater la température, tut probablement une remarque sur la bosse, puis me mena dans le lit le plus proche pour m’allonger. Je me demandais combien de temps j’allais pouvoir rester là à me reposer. Probablement pas très longtemps, mais je profitai un maximum de ce répit. Chael sortit en disant qu’il allait rapidement revenir.
El’Sha ! Où était-il ? Je ne l’avais pas encore vu.
Une horrible pensée me vint : que ce ne serait pas très grave après tout s’il avait été tué ; il n’avait qu’à pas me laisser tomber tout ce temps.
Je chassai aussitôt cette pensée qui me blessa profondément. Et puis, comment avais-je pu penser à me reposer, alors qu’il était peut-être en train de mourir quelque part ici ?
Je me relevai difficilement, au bord des larmes.
La porte s’ouvrit sur Chael qui revint avec de l’eau fraîche, de quoi désinfecter mes plaies et recoudre mon épaule.
S’il s’en occupait lui… Est-ce que cela voulait dire qu’Ingrid était… ? Je ne voulais pas poser la question. Il y avait pas mal de gens que je connaissais depuis que j’étais arrivée ici, avec qui j’avais grandi et que je craignais à présent de savoir morts. Bon, Ingrid ne faisait pas vraiment partie des membres dont j‘étais le plus proche, mais tout de même.
La seule question que je voulais la poser, la voilà :
« Où est El’Sha ? Est-ce qu’il va bien ? »
Il me fit m’asseoir et je ne pus retenir un soupir de douleur en serrant les dents lorsque Chael déversa copieusement du vinaigre dans la plaie.
La porte s’ouvrit à nouveau avant qu’il n’ait eu l’intention de me répondre, et j’aperçus El’Sha.
Mon coeur bondit dans ma poitrine, et j’ai crus bien que j’allais également bondir à mon tour pour me jeter dans ses bras.
« Est-ce que tu vas bien ? me demanda-t-il inquiet.
Cette question devenait une formule un peu trop courante ces dernières secondes.
« Ne bouge pas ! » me sermonna Chael, comme j’étais déjà à moitié en train de me lever.
Je me retins de lui répliquer que la plaie serait encore là dans trente secondes, s’il voulait bien me laisser ce laps de temps pour me remettre de mes émotions.
Se faire recoudre était une épreuve assez pénible, mais se faire recoudre une deuxième fois, c’était encore pire.
Je remarquai qu’El’Sha avait l’air sérieusement épuisée, cernés de lourdes poches noires, et qu’il semblait peut-être même un peu plus maigre qu’auparavant. Ces derniers jours avaient dû être éprouvants pour lui, il n’avait pas l’air d’avoir beaucoup mangé ni dormi depuis un moment.
Chael me fit ensuite m’allonger et déposa une serviette fraîche sur mon front.
« Maintenant, il faut que tu te reposes. Entends bien et comprends vite, entama-t-il d’un ton grave et autoritaire. Tu devras te préparer à partir avant la tombée de la nuit. L’Heptade vient de frapper et ils ont emmenés Mademoiselle Sword avec eux. Tu vas devoir aller la chercher.
- Mais comment ?! m’exclamai-je. Je ne sais pas où ils sont partis, et elle ne voudra jamais me suivre, elle me déteste ! m’affolai-je, imaginant l’envergure d’un tel voyage, surtout dans mon état. Mais enfin, regardez tout ce qu’elle m’a fait… Elle va vraiment finir par me tuer ! Et si ce n’est pas elle qui le fait, ce sera moi qui vais la tuer. J’ai bien cru que j’allais le faire, tout à l’heure. 
- Si tu n’avais pas été aussi incompétente, tout cela ne serait pas arrivé, me réprimanda-t-il. Tue-là, et l’éternité ne sera pas assez longue pour que te faire entendre à quel point tu auras eu tort.
- Mais j’ai fait tout ce que j’ai pu ! Je lui ai même présenté mes excuses, mais il n’y avait rien à faire, elle n’a rien voulu savoir… La seule chose qui l’intéressait, c’était ses fichus démons… sauf qu’elle n’a même pas voulu comprendre qu’une telle cérémonie ne se faisait pas n’importe comment ! Comment aurais-je bien pu faire pour lui faire entendre raison ?
- Il aurait peut-être fallut que tu évites de la provoquer incessamment. »
Je restais surprise un instant. Avait-il espionné tout ce temps où j’étais enfermée dans ma chambre avec elle ou le présumait-il ?
« Ce n’est pas de ma faute ! me justifiai-je. Vous savez très bien que je vis une période compliquée et Mademoiselle Sword n’arrêtait pas de me pousser à bout ! 
- Je ne veux rien savoir Ancilla, haussa-t-il le ton. Il serait temps que tu accomplisses ta mission. Si tu t’y étais prise correctement, cela ne serait pas arrivé. Tout le monde ici compte sur toi, ne nous déçois plus. Tes affaires seront prêtes dans peu de temps. Essaie de dormir un peu, il te faudra être en forme au maximum pour le départ. »

Enfer et damnation. Jamais je ne pourrais me débarrasser d’elle. Même quand elle n’était plus là, je devais aller la chercher moi même au beau milieu de nulle part. Chael sortit, entraînant El’Sha avec lui afin que je puisse me reposer convenablement. Je bus un peu d’eau et mangeai quelques baies que Chael avait laissées puis je sombrai dans le sommeil.

El’Sha… J’avais enfin revu El’sha...
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Rain Sword

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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Jeu 7 Sep - 21:39

Rise of Shadows
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La vue du ciel obstruée par les barreaux rouillés et crasseux de ma cellule, je me frottais mollement les yeux. Je me sentais épuisée, faible, endolorie. J'avais l'impression d'avoir passé une semaine archarnée, mais je n'arrivais pas à me souvenir en quoi... La familiarité des murs délabrés de cette prison me rappelaient à la réalité. Il fallait que je sorte prendre l'air. L'odeur cadavérique avait du mal à s'en aller, et s'il y avait une odeur que je ne supportais pas, c'était celle de la mort froide.
Je n'avais toujours plus de lit. Ça faisait quoi? Cinq jours maintenant? Mon dos commençait à se plaindre de dormir sur un matelas déchiré et usé à même le sol. Je devrais piquer l'un des cellules voisines.
A peine vêtue d'un chemisier léger, d'un pantalon en toile et de bottines abîmées, je sortais dans le couloir. Le soleil brillaient quelques secondes plus tôt mais je ne voyais pas grand chose ici. L'obscurité avait prit possession du fort et pourtant, je n'avais pas vraiment peur. J'étais capable de ressentir la peur mais je savais la contrôler. Elle n'était que le fruit d'une imagination débordante sur les multiples façons de mourir et je n'avais pas peur de mourir. La Mort, c'est moi qui la portait.
La lune ronde baignait dans un feuilleté de petits nuages au milieu de l'océan nocturne. Sa lumière se reflétait sur les arbres autour de moi. Les brindilles et les feuilles mortes craquelaient sous mes pas, tandis qu'un vent glacial s'abbatit sur moi. Je devais fuir, j'entendais les aboiements des chiens de chasses loin derrière moi. En face, des hurlements de loups. Sur mes flancs, je savais que je tomberais sur un torrent trop puissant pour le traverser à la nage. Alors je choisis les loups, avec de la chance, ils ne me trouveront pas.
Je cavalais entre les arbres et étrangement, la forêt devenait de plus en plus dense, les branches me fouettait au visage et je pouvais entendre le souffle fétide des loups à ma poursuite. Ils étaient si près mais je ne les voyais pas.
Je criais:

_Aly!

Elle ne devait pas être loin. J'avais besoin d'elle.

_Alyyy!

Nulle part.

_Ah!

Le sol se déroba brusquement sous mes pieds et je dévalais douloureusement une pente raide. Comme une vulgaire pourpée, je me prenais de plein fouet tout les obstacles sur mon chemin. Les chocs me coupèrent le souffle et c'était meurtrie que je me retrouvais en contrebas. Argh! Comment j'avais pu louper une marche comme ça! Putain! Une brûlure intense me rongeait les abdos jusqu'au cou, si bien que je n'arrivais plus à reprendre mon souffle. Recroquevillée sur la terre, je ronchonnais en attendant que ça passe.
La couleur de la lune avait changée pour une teinte orangée flamboyante, faisant danser les ombres des canidés frustrés en haut de la crevasse. Les yeux plissés, pantelante, je pouvais voir leurs babines retroussées tandis qu'ils grognaient de mécontentement. Ces bâtards pouvaient toujours se fourrer leur casse-croûte dans le cul.
A peu près remise, je me relevais fébrilement. J'essuyais la sueur qui me piquait les yeux d'un revers de l'avant-bras. J'étais poisseuse et couverte de terre, pour ne pas changer.

_Alyyyy! appelais-je à nouveau.

La nuit noire était devenue opaque et seul les lumières de torches tenues par des être invisibles éclairaient les arbres devant moi.

_Je suis là, entendis-je d'une voix qui ne m'étais pas inconnue.

J'aurai voulu suivre la source de cette réponse, mais elle avait fait écho en moi, venant de partout à la fois.

_Aly? Où tu es? répétais-je en m'enfonçant dans les limbes.
_Là.

Une fois encore, elle était "là" et nulle part. Je ne savais pas où chercher. Mais eux m'avaient trouvé...
Ces ombres humaines qui se faufilaient entre le feuillage, à moitié dévoré par la lumière des flammes. Ils m'encerclèrent rapidement, et je ne pouvais pas fuir, j'avais les jambes molles et la douleur de mon buste devenait cinglante. Les mains tremblantes, je me grattais compulsivement sous le chemisier pour aténuer ma gêne. Mes ongles s'enfoncèrent dans ma peau déjà écorchée par endroits et j'en retirai du sang frais. Le mien? Je baissais les yeux et suivis des arabesques pourpres se dessiner sur mon vêtement. Elles prenaient la forme de mes tatouages... Et toutes mes faisait horriblement souffrir, comme... comme la première fois qu'elles avaient été faites.

_Rain! criais-je.

Mais je n'avais pas ouvert la bouche.

_Raiiin!

Elles étaient maintenant bien trop proches. Toutes ses formes couvertes par une large capuche m'observait à quelques mètres, je pouvais les entendre psalmodier, mais je n'arrivais pas à comprendre quoi, ils parlaient bien trop bas.
Je devais partir. Tout de suite. Je ne le sentais pas du tout. Mais alors que je me penchais, mes jambes ne m'obéirent pas et mes pieds restèrent clouées au sol. Là, brillant sous les torches, je vis les poignards que tenaient chacun d'eux, prêt à s'en servir.

_Rain, au secour... m'entendis-je pleurer.

Et ils fondirent sur moi.

Mes paupières s'ouvrirent brusquement, et se refermèrent tout aussi vite, éblouie par la lumière du soleil. Des mèches blondes me caressait doucement le visage, je sentais le duvet sous ma joue. Mais le cahot régulier et ma position inconfortable sur ce cheval me filaient la nausée. Ou bien était-ce le coup à la mâchoire qui me lançait encore. Nous avançions relativement vite et je me surpris à flâner, n'ayant aucunement l'envie de résister.
Puis les bribes de mon rêve me revinrent subitement en mémoire en même temps que les derniers évènements.

_Aly!!

Je me redressais subitement et l'arrière de mon crâne heurta violemment le visage de mon cavalier, un flash blanc voila un instant ma vue et je perdis l'équilibre. Je me ramassais lamentablement sur la caillasse et mon petit cri coupé fut étouffé par les hennissements de l'animal surprit. Son cavalier tentait de le stopper d'une main, l'autre cachant sa bouche que j'avais abîmé.
Je me relevais prestement, un peu étoudie et confuse, essayant de reformer le puzzle de la situation. Instinctivement, je cherchais Alasan du regard et la détecta d'emblée sur l'autre cheval, un jeune homme tenant la bribe.
En position de combat, les deux poings près de la tête, j'attendais que l'un d'eux se décide à m'affronter. C'était inutile que j'essaye de comparer ma taille à celle d'un cavalier. L'étranger qui me transportait venait enfin de calmer la bête et me faisait face. Je compris à cet instant qu'il s'agissait d'une femme. Les cheveux blonds et courts, probablement la trentaine à en juger par son visage assez sec, les pomettes saillantes et les doigts fins, elle ronchonnait et se tapotait ses fines lèvres dont la supérieure était fendue et saignait.

_Nom d'un guédé... râla la femme en s'essuyant le menton. Si je m'y attendais... Remonte, Rain, on a pas le temps de traîner. Je t'expliquerais en route.
_Qui êtes-vous, sifflais-je entre les dents, le regard passant de la femme à son acolyte qui retenait mon Aly.

Aly qui, soit-dit en passant, était fascinée par son cheval, et m'ignorait éperduement.

L'étrangère descendit de son cheval. A quelques pas de moi, prenant soin de garder une distance raisonnable envers un animal craintif, elle esquissa un geste de l'index et du majeur sur son front.

_Je m'appelle Mishraz Huang. Mais tout le monde m'appelle Mish. Je suis la chef des Niyamatatsu. On vient de te sauver la mise de ces décébrés de la Décade. M'remercie pas, surtout.

Je fronçais les sourcils. Niyamaquoi? D'où elle sort, cette gonzesse? Au moins, elle n'avait pas l'air trop agressive, si on ne faisait pas attention à ses deux sabres portés en croix sur son dos. Son sous-fifre avait un long marteau. Dans le genre, je n'aimerais pas comparer ma force à la sienne.

_Pas très causante, hm? Reprit-elle devant mon air sceptique. Nous sommes les fidèles de l'Heptade. J'imagine que tu connais certains de ces disciples... Pas les meilleurs, en plus.

Son regard inquisiteur longea mon buste et je me sentis étrangement gênée.

_Qu'est-ce que tu me veux? lançaise-je, toujours sur la défensive.

Elle pointa un doigt pour cibler par-dessus mon épaule.

_Primo, t'emmener loin d'ici. On a de l'avance, mais je ne doute pas que tes petits copains vont se mettre à tes trousses. Je sais que je ne peux pas trop te demander ça après que tu t'es pris mon poings, mais va falloir que tu me fasses confiance, au moins le temps du trajet. Promis, on prendra une pause dans quelques heures. Tu dois avoir faim.

Elle se pencha à son cheval pour fouiller dans l'un des sacs pendant, en tira un objet qu'elle me lança. Je l'esquivais au lieu de l'attraper, et me radoucit en constatant qu'il s'agissait d'une gourde.

_Bois un coup, et monte, ma jolie. Je vais te raconter ce qu'il se passe réellement chez les cultistes de la connerie. Je suis sûre qu'ils ne t'ont absolument rien appris sur ce que tu es, et le rôle qu'ils te prédisaient vraiment.

Son sourire éloquent ne m'inspirait pas confiance. Cela dit, je n'avais pas envie de revoir ces abrutis de la Décade. Loin de cette prêtresse détraquée et de l'Hôte Blanc qui m'en cachait bien trop.

_Je veux monter avec Aly...

Mishraz était déjà sur le dos de son poney géant et m'adressa un regard surprit.

_Aly? Ah! La gosse? Si tu veux, elle n'a pas l'air lourde, et ma belle Argos est solide. Faudra que tu me raconte d'où elle sort d'ailleurs, cette môme.

Elle siffla fortement.

_ Alceo! Donne la fille.

Elle avait un petit accent exotique, dont je venais seulement de prêter attention, qui lui donnait un certain charme. Mais je ne m'attendris pas pour autant.
Le jeune homme aux cheveux longs, retenus par une tresse, fit passer Aly de son cheval à celui de Mishraz, sans contestation. Voilà un fidèle bien obéissant. Pas comme les hommes qui entourent la Détraquée.
Plus ou moins rassurée, je grimpais à mon tour. D'une main, je tenais la chef par la taille et de l'autre, je serrai Aly face à moi. Ses petits bras se nouèrent autour de mon cou et sa présence effaça l'horrible rêve de cette nuit.
Les galops reprirent sous les ordres des cavaliers.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Jeu 7 Sep - 21:49

Rise of Shadows
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Je me réveillai en hurlant, le coeur battant la chamade. Des échos de cauchemars que j’aurais été incapable de raconter s’effaçaient déjà de mon esprit.
« Ancilla ! me secouait Chael impatiemment. Debout, il est temps de partir. »
Je me calmai, réalisant que ce n’était que Chael qui venait de me réveiller puis me redressai en me frottant les yeux. Je ressentais toute la vigueur qu’une limace pouvait avoir. J’aurais bien dormi quelques heures de plus. Dehors, le soleil s’apprêtait à se coucher.
« Pourquoi me faire voyager de nuit ? grommelai-je. J’aurais très bien pu partir à l’aube… Nous n’allons rien y voir…
- Parce qu’il y a urgence et que, ça tombe bien, ce sera la pleine lune ce soir. »
Il me donna un sac.
« Voilà quelques affaires qui ne seront pas de trop dans ton excursion. Une boussole, un peu d’eau et de nourriture et des habits de rechanges. Je t’ai aussi mis une outre de vinaigre pour ta plaie. Ne te trompe pas quand tu boiras…
- Je vous remercie mais ce n’est pas nécessaire. Je n’aurais pas l’occasion de me désinfecter, prétextai-je.
- Il n’y a pas de temps à perdre en protestation, ne discute pas. Il n’y aura personne pour te sauver si ta plaie gangrène.
Ok, l’argument était convainquant. Je devrais donc souffrir encore un peu.
« Ah oui, rajouta-t-il d’un air distrait. Tu trouveras également ton taser... A priori, l’appareil refonctionne normalement. Sois tout de même prudente. Et que je n’apprenne pas que tu auras à nouveau tasé Mademoiselle Sword... 
- Soyez tranquille…
Je me demandais à quel moment El’Sha lui l’avais remis.
- Maintenant debout. Va te changer et te préparer au plus vite. Tes hommes t’attendent, ils sont déjà prêts depuis un moment. »
J’acquiesçai et me levai faiblement. Mes hommes… J’imaginais qu’il s’agissait de Niglo, Glenesh et El’Sha toujours, ce qui signalait que les deux camarades de ce dernier allaient également bien.
Je retournai dans ma chambre, évitant la vue du petit cadeau d’adieu que m’avait laissé Rain et qui empestait déjà. Je retirai ma robe et mis des habits plus pratiques pour un long voyage. Un bustier et une jupe noirs qui arrivait au bas des cuisses. Un pantalon aurait certainement été bien mieux, mais je ne me voyais pas en mettre un. Je ne l’avais jamais fait, et ne le ferait probablement jamais. Je laçai ensuite une paire de bottes qui remontait jusqu’à mes genoux, et glissai dans celle de droite un petit canif récupéré dans un tiroir à côté de mon lit. Il n’était pas très grand, mais pouvait se révéler très utile en de nombreuses circonstances. Je vérifiai que ma dague était bien dans son fourreau à ma cuisse et glissai le taser dans mes vêtements. Je fourrai en passant quelques feuilles et un stylo dans mon sac. En me regardant dans le miroir, je remarquai la mèche de cheveux coupée. J’y portai ma main gauche pour essayer d’en faire chose d’à peu près esthétique. C’était en plein sur le côté, alors je ne pouvais pas faire grand-chose pour rattraper ça. Si ça avait été une mèche frontale, j’aurais pu me faire une frange, mais là, à moins de raccourcir l’ensemble de mes cheveux je ne pouvais rien y faire. Ah, que la peste soit de cette maudite garce… Je me demandais comment elle allait. Etait-elle bien traitée ? L’avaient-ils emmenée de force ou avait-elle suivi de son plein gré ? L’avaient-ils frappée ? Attachée ? Et la petite, qu’en avaient-ils fait ? J’imaginais qu’ils l’avaient aussi emmenée, sinon tuée et balancée quelque part. Cette pensée me tracassa sérieusement. Rain avait beau être un monstre qui ne voyait que par le sang, elle serait probablement complètement anéantie s’il arrivait quoi que ce soit à Alasan. Je me souvins cette image de Rain se réfugiant contre elle après que j’eus tirés les rideaux un peu trop vite pour laisser entrer le soleil.
J’eus soudainement une indicible sensation contrastée d’un grand vide de tristesse et d’attendrissement et j’expirai pensive. J’avais du mal à comprendre ce qui m’arrivait. Cette furie me rendait folle à me brutaliser en permanence et la seule chose à cet instant qui me marquait, c’est le souvenir de cette image touchante. L’image d’une mère et sa fille. Je me demandais comment Alasan l’appellerait si elle se mettait à parler. L’appellerait-elle maman ?
Bon, je n’ai jamais appelé Chael père, même s’il m’avait adoptée alors que je n’étais encore qu’une enfant. Mais c’était tellement particulier avec lui… Je réalisai que la dernière image que j’avais de la gamine, c’était ses yeux plein de larmes. Et l’autre conne qui me reprochait de l’avoir fait pleurer…
Pourquoi, déjà ? Ah oui… J’avais eu la maladresse de dire à Rain qu’elle avait eu de la chance et que tout était tellement plus facile pour elle, et elle l’avait mal supporté. Elle avait bloqué sur le terme « facile », complètement indignée. C’est vrai que c’était stupide de lui avoir dit un truc pareil, en y repensant… Mais elle avait tellement l’air inébranlable, comme si rien ne pouvait l’atteindre. Un roc que les vagues de l’océan ne sauraient éroder. Pourtant, je réalisai soudain que cet après-midi, alors que je n’avais pas même cherché à le faire, je l’avais blessée. J’étais vraiment la pire des empotées… J’imaginais bien qu’elle n’avait pas eu une vie simple, ce n’est pas ce que je voulais dire. Elle avait sans doute été marquée par beaucoup de choses qui avaient dû l’endurcir et contribuer à son caractère et toute cette violence.
Je me sentis nerveuse et inquiète.
En regardant mon visage dans le miroir, je fus frappée par un détail troublant : l’entaille sous mon œil avait déjà cicatrisée en quelques heures. J’en profitai pour prendre un bâtonnet de charbon et le glissai sous mon œil jusqu’à la cicatrice. Un nouveau maquillage auquel j’allais devoir m’habituer pour camoufler cette marque disgracieuse…
En regardant mes bras, je me rendis contes que les bleus avaient pratiquement disparus. C’était incroyable...
On tapa soudain à la porte et El’Sha me demanda si j’étais prête.
« J’arrive », répondis-je.
J’attrapai une épingle qui traînait sur la coiffeuse pour fixer cette mèche mutilée sous une autre de longueur intégrale et je me levai pour quitter la chambre.
« Voilà, je suis prête. »
J’avançai jusqu’à la sortie du temple où attendaient Chael, Niglo et Glenesh.
« Les traces de leurs chevaux montrent qu’ils se sont dirigés vers le sud-ouest, déclara Chael. C’est cette direction qu’il vous faudra prendre. »
Glenesh Niglo et El’Sha allèrent chercher les chevaux. Seule face à Chael, je lui demandai quelque peu penaude :
« Comment je vais faire pour la ramener... ? Je veux dire, à supposer que j’arrive à les retrouver sans trop d’encombre, et que j’arrive à rejoindre Rain sans me faire repérer, et si elle ne voulait pas revenir ? Si elle était mieux avec eux... Elle me hait, vous le savez...
- Nous avons perdu assez de temps comme cela. J’ai confiance en toi, tu arriveras à la ramener.
- Comment vous pouvez-en être sûr ? doutai-je. Dès que je suis à côté d’elle, je perds tout contrôle… Vous savez pourquoi. Et elle me rend folle ! Ca va encore mal tourner et elle ne me suivra pas jusqu’ici. C’est évident...
- Tu dois apprendre à te contrôler. Tu es une femme… dit-il avec un soupçon de malice étrange. Le plus puissant démon qui soit. Tu peux arriver à garder le dessus.
- Je vais faire de mon mieux, je vous le promets. Je ferai tout pour la ramener.
- Tu y arriveras, je le sais. Surtout sois bien prudente. Et n’oublie pas de suivre ton intuition et d’être réceptive. »
Je baissai les yeux. Je ne savais pas comment je le pourrais, j’avais l’impression de me préparer pour un voyage sans retour.
« Il… il prend de plus en plus de place. J’ai peur, vous savez… Ca me ronge... Tout à l’heure ce…
- Je sais ma chère enfant, je sais. Ce n’est pas une épreuve facile. Mais tu dois être forte. Il est normal d’avoir besoin d’un temps d’adaptation. Maintenant, en selle, dit-il comme les hommes arrivaient avec nos montures.
- Mais… Mais… ça empire ! Je...
- En selle Ancilla. »
Je me crispai et fis une révérence hâtive avant de monter sur Chao.
« Et reviens avec elle. »
j’acquiesçai de la tête.
« J’ai du nouveau au sujet de la prophétie, dis-je avant de partir. Elle n’était pas complète, il faut faire des recherches. Allez voir sur le mur de ma chambre. La petite Alasan a...
- Nous verrons cela à votre retour. »
Et me voilà partie avec mes hommes, une sensation désagréable de frustration extrême.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Ven 8 Sep - 20:58

Rise of Shadows
Rain Sword feat Ancilla

J’avançai en tête, El’Sha derrière moi, puis Glenesh et en dernier Niglo, qui fermait la marche.
El’Sha souhaitait passer devant au cas où il y aurait un problème, mais je refusai sa requête. C’était à moi d’y être. Et je ne me serais jamais pardonnée s’il lui arrivait quelque chose par ma faute.
Nous avancions au trot afin de pouvoir vérifier les traces qui n’étaient déjà pas très nettes, mais plus nous avancions et moins elles étaient visibles. Dans peu de temps, nous n’aurions plus de moyens de suivre leur trace. Le ciel était déjà très sombre, le soleil venant de se coucher depuis peu. Nous étions à présent entre chien et loup et l’angoisse montait en moi d’imaginer chaque seconde qu’il pourrait se passer n’importe quoi. Au bout de plusieurs centaines de mètres, les terres dévastées semblaient un peu plus végétales et les traces passaient au milieu de nombreux arbres. Je m’arrêtai net.
« Laisse moi passer devant, s’il te plaît... insista El’Sha, ayant bien compris pourquoi je m’arrêtais.  
- J’ai dit non. Je vais voir en avant, attendez moi là. »
N’écoutant plus les protestations d’El’Sha, je m’engageai bravement au milieu de ce coupe gorge potentiel. Je n’étais déjà pas tranquille lorsque le terrain était  à peu près bien dégagé, mais là qu’il devenait inquiétant, je sentais la peur cogner dans mon ventre. Je regardai au sommet des arbres et derrière chacun de ceux devant lesquels je passais, mais je ne décelai rien du peu que je voyais.
Chao se mit soudain à hennir et pencha brusquement en avant sur la droite. Je me cramponnai à son encolure, ma jambe avant me faisant mal au moment où tout mon corps bascula contre mon cheval. Après s’être repris à trois fois pour retrouver son équilibre, il se cabra brusquement dans un état de panique incompréhensible.
« Mais qu’est-ce qui t’arrive ? Calme toi ! » m’écriai-je, ne comprenant pas ce qu’il était en train de se passer. Avait-il fait un faux pas ?
Je n’eus pas le temps de me poser plus de questions que quelque chose tombée des arbres m’entraîna dans sa chute. Je vis le sol se rapprocher dangereusement et atteris au sol de profil, l’épaule non blessée la première. Par chance, l’homme avait mal calculé sa trajectoire et au lieu de me tomber dessus avait fini à côté.  
Chao lui, avait tracé tout droit devant.
J’aperçus sur le sol de nombreux trous camouflés dont celui où ma monture avait posé la patte...
Je sortis ma dague en hurlant :
« Une embuscade ! »
A moitié sonnée, je reculai pour m’éloigner de mon assaillant le temps que mes hommes viennent me porter secours. Je ne savais pas combien étaient les agresseurs. Cela m’aurait étonné qu’il n’y en ait qu’un…
Je sentis quelqu’un m’attraper par les cheveux et me glisser une lame sous la gorge.
Ils étaient donc au moins deux.
« Lâche ça ma jolie et tiens toi tranquille », dit-il.
Je lâchai mon poignard et levai les mains en l’air. Il me releva en tirant sur mes cheveux, ce qui me fis grogner de douleur. A côté, son camarade se remettait de son erreur de trajectoire et se relevait péniblement.
le laissant là, il commença à s’éloigner à reculons sur le chemin.
Mes hommes, descendus de leur chevaux, se hâtèrent d’arriver à notre niveau. Lorsque l’homme qui me tenait s’arrêta de reculer, je compris qu’il devait y avoir d’autres hommes embusqués.
« N’avancez pas ! » criai-je. Vous voyez pas que c’est un piège ?! »
L’homme tira plus fort sur mes cheveux et le fil de la lame laissa place à la pointe.
« Oui, n’avancez pas ou je lui tranche la gorge. »
Il retira son couteau et plaça son avant-bras sous ma gorge en se retournant pour me traîner rapidement.
Tout ce qui m’intéressait était d’arriver jusqu’à Rain, qu’importait la manière. Tant que mes hommes allaient bien… Mais les bruits d’un affrontement se firent déjà entendre en arrière. Je résistai autant que possible pour faire arrêter la marche à mon ravisseur, jusqu’à ce qu’il me plaqua contre un tronc d’arbre en remettant sa lame sous ma gorge.
« Mais tu tiens vraiment à mourir ? » s’énerva-t-il.
Sa main armée fut repoussée de mon bras gauche avant que ma main droite ne se referme fermement sur sa gorge. Je n’oublierais jamais ce regard. Ces yeux exorbités. Cette respiration qui cherchait à reprendre sa fonction. Cette expression de souffrance ni même ce gargouillis d’étranglement.
Je sentais les battements de mon cœur s’accélérer à l’intérieur de ma poitrine et des frissons me parcourir. Plus l’agonie s’amplifiait et plus je sentais l’extase m’envahir. Jamais donner la mort ne m’avait parut si grisant ni ne m’avait procuré un tel plaisir. Une mort lente et douloureuse.
Le visage rougissant de plus en plus, il mit de longues minutes interminables avant de rendre l’âme.
Lorsque son corps fut vidé de toute vie, je le relâchai simplement.
L’Imbriaque avait encore frappé…
Mais la sensation transcendantale perdurait au plus profond de mes entrailles.
Je rejoignis mes hommes qui se défendaient contre trois autres cultistes de l’Heptade.
Plus que trois.
Au passage, je me baissai pour récupérer mon poignard toujours à terre et le plantai dans le dos de l’adversaire d’El’sha qui s’écroula dans un cri.
Plus que deux.
Je me dirigeai vers l’adversaire de Niglo qui était en difficulté. Ma main agrippa son épaule et j’entendis un craquement sec au moment où mon bras retourna entièrement le type pour le projeter contre un arbre dans un mouvement en sens inverse.
Plus qu’un.
Mon corps ne réagit plus. Je me retournai soudain, vidée. Mes hommes me regardaient comme si j’étais l’Imbriaque lui même.
Et puis je réalisai que le dernier homme était déjà loin devant en train de s’enfuir.
« Rattrapez le ! intimai-je à mes hommes. Il faut l’interroger. 
- Et nos chevaux ? demanda Niglo. On ne peut pas les laisser là.
- Récupérons les et suivons ce sale bouseux de mécréant ! s’exclama Glenesh. Il nous mènera jusqu’aux autres. »
Ils se précipitèrent tous en arrière pour rejoindre leurs destriers et je me précipitai après un petit temps de réaction en sens inverse pour poursuivre l’homme et partir à la recherche de Chao qui avait disparu.
Je retrouvai rapidement mon cheval, soulagée. Je le fis s’allonger et le montai à nouveau après avoir vérifier qu’il n’était pas blessé.
Mais ni mes hommes ni moi-même furent capables de retrouver le fuyard. La seule chose que nous avions retrouvées, c’était leurs quatre montures.
La nuit était à présent tombée et il allait nous être difficile de nous diriger et ce, malgré le clair de lune.
« Et maintenant, que fait-on ? me demanda El’Sha après une longue recherche.
- Je t’avouerais que je ne sais plus trop, là... répondis-je découragée. On doit à tout prix retrouver leur piste... »
J’entendis soudain Glenesh s’écrier : Une trace dans la terre, là ! Nous nous réunîmes pour regarder. Ce n’était à priori qu’une empreinte de pas, mais c’était la seule piste que nous avions retrouvée. Nous décidions donc de suivre la direction qui menait à présent plein sud.
Je trouvais cela étrange. Pourquoi prendre la direction sud ouest pour virer plein sud en si peu de temps ? Peut-être qu’ils n’étaient plus très loin de leur destination. Ou bien que nous avions mal interprété l’indice. Comment le savoir ? Un peu plus loin, Niglo – qui avait l’œil vif, pas pour rien que c’était lui la vigie sur le bateau – repéra autre chose :
« Un morceau d’étoffe dans le buisson ici... » chuchota-t-il.
« Il aurait coupé à travers cette broussaille ? s’incrédulisa Glenesh. Vu l’épaisseur c’est peu probable. Alors pourquoi s’y est-il frotté ? »
Je descendis de Chao pour aller voir de plus près.
« Il a l’air d’avoir essayé, présumai-je. Les buissons on l’air d’avoir été piétiné par là. Il a dû abandonner et continuer tout droit. Reprenons la route ! On va bien finir par le retrouver. »
El’Sha m’aida à remonter sur Chao et nous repartions au trot.
De temps à autre nous trouvions des indices, comme une trace de pas ou un trognon de pomme frais et au bout de plusieurs heures, nous arrivions au niveau d’une rivière. Je réclamai une pause, j’étais épuisée et démoralisée. Je ne savais pas du tout si nous étions sur la bonne voie ou non. El’Sha vint me proposer de dormir un peu. J’hésitai et failli refuser, mais finalement je m’allongeai à même le sol en lui demandant de me réveiller dans une petite heure.

Je me réveillai soudain en m’écriant :
« Le fleuve ! Il faut passer de l’autre côté du fleuve ! »
Après avoir fait sursauter El’Sha, je me relevai pour repartir.
« Dépêchons-nous ! »
Mais nos deux compagnons n’étaient pas là.
« Ils sont partis faire du repérage, m’expliqua-t-il. »
Puis il me tendit de l’eau et à manger.
J’avalai difficilement ce que je pus. Il s’occupa ensuite de passer un coup de vinaigre sur ma plaie. La nourriture me semblait écœurante et peser une tonne dans mon estomac. Cela faisait longtemps que les nausées ne m’avait pas reprisent...
« Je ne te voyais plus trop ces derniers temps... 
- J’étais très occupé, se justifia-t-il.
- A quoi... ? questionnai-je.
- Peu importe. Repose-toi encore un peu, nous n’allons pas tarder.
- Non ! me révoltai-je. Tu n’es même pas venu me voir quand je suis revenu du labyrinthe des lamentations… Tout le monde devait être là à se demander ce qu’il m’était arrivé ! Mais pas toi…
- Chael ne m’a pas laissé venir te voir Ancilla… Il disait que tu devais te reposer. »
Je le regardai surprise. Mais pourquoi Chael l’avait empêché de venir me voir ?
Les nausées s’amplifièrent et je me levai  brusquement pour aller vomir un peu plus loin. El’Sha s’approcha pour savoir si j’allais bien, mais je me relevai déjà en disant que ça allait.
« Non ça ne va pas, me contredit-il. Tu devrais te reposer au lieu de courir après cette timbrée sanguinaire ! Tu es épuisée. Il aurait pu envoyer quelqu’un d’autre ! Même nous trois, on aurait pu y aller sans toi.
- Non, c’est à moi d’y aller. Tout est de ma faute. Je n’ai pas su… faire ce qu’il fallait avec elle, terminai-je coupable. J’ai pas su la rassurer ni l’accueillir comme il se devait… Et même après… j’étais… j’arrivais pas à...
- Qu’est-ce que tu racontes ?! me coupa-t-il. Dès la première seconde où on l’a croisée, elle a essayé de nous tuer Glenesh et moi ! Qu’est-ce que tu voulais faire d’autre ? Tu as fait ce qu’il fallait, elle ne t’a pas laissé le choix. C’est la violence incarnée, cette fille ! Elle n’éprouve aucun sentiment. Tu ne pouvais pas faire autrement. C’est une cause perdue.
  - Tu te trompes ! m’écriai-je. Je suis sûre que ça se serait passé autrement si j’avais été à la hauteur. J’ai passé beaucoup de temps avec elle et je commence à la comprendre… Je suis sûre qu’on peut la changer. Qu’on peut l’apaiser… Elle n’est pas totalement insensible… elle est capable d’… »
Glenesh et Niglo revinrent à ce moment là et nous remontions donc en selle pour un nouveau tour. L’aube était sur le point de se lever et nous n’avions toujours pas de piste concrète. La seule chose que je savais, c’était qu’il fallait trouver un moyen de traverser le cours d’eau.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Sam 9 Sep - 23:44

Rise of Shadows
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Non, décidément, ici aussi, il n’était pas possible de franchir le fleuve à guet.
« Mais pourquoi est-ce que l’on ne continue pas de suivre la piste ? m’interrogea Niglo.
- Parce qu’on perd notre temps et que l’on a assez de retard ! Ils sont passés de l’autre côté. Depuis le début… J’ai eu une vision pendant que je me reposais. 
- Mais alors pourquoi le guignol que l’on est en train de poursuivre n’a pas suivi les autres ? demanda El’Sha.
- Comment le savoir ? râlai-je. Il essaie peut-être de brouiller les pistes, encore que je ne sache pas pourquoi, si c’est bien le cas. Ils avaient l’air de vouloir m’emmener aussi… J’aurais mieux fait de partir seule en fin de compte. Je crois que j’y serais déjà. »
Le regard d’El’Sha à ce moment-là me mit mal à l’aise. J’avais dit quelque chose qui l’avait blessé, de toute évidence.
« Il va falloir repartir en arrière ou suivre la piste de notre fugitif, lança Glenesh. On ne peut pas traverser le fleuve. Dans tous les cas, je pense qu’il finira par rejoindre les autres tôt ou tard.
- Je vais continuer de longer le fleuve, on gagnera du temps. Il y a un pont quelque part, je l’ai vu.
- Et après ? demanda Glenesh. Comment on fait si on s’écarte de la piste et que tu nous perds ? Si tu n’as pas d’autres visions.
- C’est cet abruti qui nous rejoindra alors, dis-je.
- Ou pas, s’il doit arriver avant nous », lança El’Sha.
Personne ne semblait apprécier la décision et un sentiment de frustration refit surface.
« Faites ce que vous voulez. Moi, je vais par là. »
Sur ce j’éperonnai Chao de ma jambe gauche et repartie au galop vers le sud à la recherche du fameux passage qui pourrait me permettre de bifurquer vers le sud ouest.
J’entendis El’Sha m’appeler, mais je continuai d’avancer sans m’en préoccuper. Ils avaient qu’à tous partir de leur côté. Ou même rentrer s’ils le voulaient, ça m’était bien égal. Je n’avais besoin de personne pour réussir ma mission.
Derrière moi, tout le monde suivait toujours.
Devant moi, le ciel commençait à virer gris et le vent se levait.
Ce n’était pas vraiment la météo idéale pour un voyage, mais il allait falloir faire avec. Le temps pressait et je souhaitais en finir au plus vite. La poussière soulevée fouettait le visage et s’infiltrait partout, si bien que nous avions rapidement du mal à garder les yeux ouverts. Nous ralentissions donc l’allure.
« Il va falloir faire une pause le temps que ça se calme, me signala El’Sha lorsqu’il fut à mon niveau. 
- Dès que l’on pourra, répondis-je. Il faut un endroit pour s’abriter et être en sécurité. »
Au loin devant, il me semblait apercevoir des ruines qui pourraient faire l’affaire. Les chevaux continuait bravement, trébuchant de temps à autre et renâclant d’agacement. La pluie tomba au moment où je devinais le soleil au zénith et où nous atteignons enfin les ruines.
Nous nous dirigions vers une maison dont trois murs et le plafond semblaient tenir à peu près de façon fiables. Les hommes mangèrent, mais je refusais farouchement les fruits qu’El’Sha me proposa. Rien que de les voir me donnait envie de vomir et je préférai rester avec cette sensation de faiblesse générale et d’inanition pendant au dessus de ma tête plutôt que d’essayer de manger sachant que je ne pourrais supporter la nourriture. Etrangement, El’Sha n’insista pas et le groupe ne fut pas très bavard pendant la pause.
La pluie ne dura pas très longtemps et un vent puissant chassa les lourds nuages qui voilaient le soleil. Une pierre s’écroula quelque part dans les décombres et nous bondissons tous, alertes, sur nos pieds.
Des corbeaux s’envolèrent en coassant, mais rien de spécial n’arriva.
Le vent finit par retomber et nous pûmes reprendre le voyage lorsque le soleil avait bien avancé dans le ciel, le milieu d’après-midi à peu près. La suite se fit dans cette ancienne citée écroulée aux maisons branlantes et fissurées qui surplombait le fleuve. Un lézard effrayé grimpa soudain le long du mur pour se faufiler dans une bâtisse, et je me demandais mal assurée ce qu’il se serait passer s’il avait été à portée de ma main.
Alors que le soleil s’apprêtait probablement à glisser sous l’horizon d’ici un petit moment, un bruissement étrange nous parvins en face de nous.
« C’est quoi ce bruit ? s’inquiéta Niglo. Vous entendez ? 
- C’est… commençai-je préoccupée par ce bruit familier que je n’arrivais pas à remettre. C’est… Ce sont des Drilles, réalisai-je soudain. Cachons-nous vite ! »
Nous descendions de nos chevaux pour rapidement nous remettre à couvert.
Mais il fut difficile de calmer nos bêtes que l’essaim de créatures angoissaient. Chao hennit, commença à s’ébrouer. Si je n’arrivais pas à le calmer, il allait finir par se cabrer et ruer. C’était un cheval magnifique qui m’obéissait, mais il avait un tempérament fougueux et nerveux. Personne à part moi ne pouvait le monter si je n’étais pas là.
«  Shhhhhht… tentai-je de le rassurer en caressant doucement son chanfrein. Ca va aller mon tout beau, tout doux... »
Je réussis à le calmer un cours instant, mais lorsque les Drilles nous survolèrent, il poussa un hennissement paniqué, se cabra, cassant ses rênes, et parti au galop.
« Non, Chao ! » hurlai-je.
Les Drilles le prirent en chasse et je voulus me précipiter à sa suite, mais El’Sha m’attrapa le bras.
« N’y va pas, c’est de la folie ! 
- Je n’abandonnerai pas mon cheval ! hurlai-je furieuse.
Une colère sourde monta en moi. J’avais une envie monstre de le gifler, mais me contentait de retirer mon bras et de partir en courant après avoir sorti mon poignard.
« Merde ! s’exclama Glenesh.
Les hommes me rejoignirent et brandirent leur armes. Chao s’était arrêté de galoper non loin, mais les Drilles qui s’acharnaient sur lui le blessait un peu plus à chaque assaut. Je me jetai sur elles, donnant de grands coups de couteau dans tous les sens sans la moindre réflexion. Les Drilles se rassemblèrent autour de nous quatre, mais finir par fuir en constatant la dangerosité de nos armes.
Je me précipitai sur mon cheval le plus calmement possible pour ne pas l’effrayer davantage.
Ses blessures étaient heureusement superficielles, mais recouvraient la totalité de son corps.
« Comment je vais faire pour continuer ? m’inquiétai-je. Je ne peux plus le monter. Il doit avoir un mal de tous les diables… et puis ses rênes sont rompus.
« Passons la nuit ici, proposa El’Sha. Le soleil ne va pas tarder à se coucher. Nous verrons demain. »
Nous retournions donc auprès des autres chevaux et cette fois El’Sha insista vraiment pour que je mange.
« Ca servira à quoi ? Demandai-je. Je vais vomir… c’est du gaspillage. Et puis je n’ai pas faim.
- Mais tu dois reprendre des forces ! Surtout après ce qui t’attend. 
- D’accord, mais pas des fruits. »
Le soucis était qu’à part des fruits nous n’avions rien, et le secteur n’était pas très fourni en nourriture.
« J’essaierai de manger demain… » lançai-je en m’allongeant contre Chao.
Je le caressai doucement puis finis par me rendormir.
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