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 Rise of Shadows [Rain/Ancilla]

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Rain Sword

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MessageSujet: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Dim 25 Juin - 23:07

Rise of Shadows
Rain Sword feat Ancilla

Les marins firent descendre le ponton, et je suivis la Détraquée du regard, le sourire encore scotché à mon visage suite à sa scène de rage. Elle bouffait souvent des insectes rampants? Elle était totalement perchée, la pauvre fille. J'en avais vu des types cramés du ciboulot, et elle faisait un bon score dans le tableau.
Accompagnée des deux derniers gus, je descendis avec Aly. Il n'y avait pas grand chose à voir de ce côté-ci du continent, apparemment. Quelques cabanes – décrépies – de pêcheur se dressaient contre le temps et les tempêtes, le sol était sec et des mauvaises herbes asséchées le fissurait par endroit. Pour seul paysage, des arbres morts et une rangée de rocheuses qui touchaient le ciel, entouré par une brume légère. Il faisait un peu plus frais que sur l'île de la prison, je ne serai pas contre me dégoter un gilet.
Mauvais point pour moi, ce lieu n'était qu'un point de passage. Peut-être que la Détraquée ne mentait pas sur le fait qu'il ne restait plus grand chose de ce monde... Il n'était pas encore temps de se faire la malle, donc.
La Détraquée s'approcha sans hésiter à un cheval noir arnaché sous un porche. Trois autres cheveaux attendaient sagement, tous plus beau les uns que les autres. Alors que nous nous en approchions tous, Alasan les ignorait éperduement, les yeux levés sur la lignée pointue barrant l'horizon. Elle voulait qu'on s'en aille, je le sentais. Mais pour l'instant, c'était impossible. Patience.
Les trois guignols détachèrent chacun leur cheval, et l'un d'eux attachait une petite cariole à deux des bestiaux, avant d'y charger les bagages.

La Détraquée m'interpella.

_...la gamine ira avec un de mes hommes...

Fut tout ce que je retenu dans son babillage. Je perdis mon sang froid et m'approcha dangereusement d'elle, poings serrés, nos souffles s'entrechoquaient.

_Ne crois surtout pas que je t'accorde, à toi ou à tes foutus mâles, la moindre parcelle ou la moindre hésitation de confiance, vociférais-je à voix basse. S'ils osent toucher à un seul cheveux de ma gosse, je les tue, et je te crève aussi.

Je me retournais vers Aly et la tira doucement vers moi. D'un geste de la tête, j'indiquais la charrette avant de nous y diriger.

_On va là dessus, si ça te plaît pas, on peut régler ça au corps-à-corps.

J'étais tellement enragée qu'elle ait simplement suggéré cette idée dégueulasse que j'avais envie de lui briser tout les os, à cette pute pour hommes.
Enio et Auguste restaient silencieux, un peu à l'écart. Je ne savais pas s'ils prendraient ma défense, mais vu qu'ils doivent se douter que quelque chose cloche dans le plan d'une capitaine qui n'en a rien à faire d'eux, je peux presque parier sur leur coopération.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Lun 26 Juin - 1:00

Rise of shadows
Rain Sword feat Ancilla

La réaction de cette folle furieuse fut nette et sans appel après que je lui ai annoncé les conditions du voyage. Elle s’approcha de moi d’une telle brusquerie que je vis le moment où elle allait me coller une droite. Elle n’en fit rien bien que je me doutais parfaitement que ce n’était pas l’envie qui lui en manquait. Je me cambrai en arrière en évitant de reculer. Je ne voulais pas lui laisser le plaisir de sentir mon appréhension. Elle en jouait déjà assez comme ça. Elle était si près de mon visage que je pouvais sentir son haleine.
« Ne crois surtout pas que je t'accorde, à toi ou à tes foutus mâles, la moindre parcelle ou la moindre hésitation de confiance », déclara-t-elle doucement, comme si elle ne voulait être entendue que de moi seule.
Mes hommes continuaient à charger les bagages sans faire attention à nous.
« S'ils osent toucher à un seul cheveux de ma gosse, je les tue, et je te crève aussi. »
Dire que je voulais me la coltiner toute la chevauchée...
Elle décida d’aller se loger au milieu des bagages avec Alasan. Au milieu de mes affaires. Je me contins pour ne pas la menacer de lui arracher les yeux si jamais elle s’amusait à toucher à mes sacs ou à les abîmer.
Un peu de courage, nous allions enfin arriver à destination.
Je m’adressai à mon cheval.
« Allez Chao, on va y aller… Sois gentil mon beau, couche-toi. »
Je tirai doucement sur les rennes et il s’allongea.
Il m’était plus facile de m’installer ainsi avec mon bras toujours en écharpe. D’ailleurs je n’allais pas tarder à retirer cette entrave car il me semblait que mon bras allait beaucoup mieux.
Je m’installai en amazone et une fois que tout le monde fut prêt, nous partions.
Enfin.
Les deux anciens esclaves étaient derrière Niglo et Glenesh, attelés au chariot.
Je partis en tête aux côtés d’El’sha.
« Hey ! m’interpella-t-il. On fait la course ?
- Tu sais bien que mon cheval est plus rapide que le tiens », déclinai-je préoccupée.
J’étais fatiguée de tout ça.
« Alors je prends un peu d’avance. »
Il éperonna son cheval et partis au galop.
« Très bien ! relevai-je finalement le défi. Ya Chao ! Dépêche toi ! »
Je l’éperonnai à mon tour pour rattraper El’sha.
Je finis par le rattraper sans trop de difficulté et à ralentir une fois que j’eus une bonne avance.
« Et j’ai gagné, signalai-je alors une fois qu’il fut à ma hauteur.
- Comme toujours », répondit-il. Comment tu te sens ? »
Je haussai les épaules.
« On arrive bientôt, » changeai-je de sujet.
- Tu vas pouvoir te reposer. »
Me reposer ne rimait à rien mais j’évitai de le signaler.
Nous attendions en amont que la charrette arrive. Nous étions presque rendus sur les lieux.
Nous avancions tous ensemble pendant un petit moment et enfin nous voilà rendus.
Glenesh de dire :
« Tout le monde descend, nous sommes arrivés. »
Mes hommes descendirent, les deux nouveaux arrivants aussi, et ils allèrent récupérer les bagages.
Je ne voulais pas savoir comment ça allait se passer avec Rain et la mioche vautrées dessus comme deux grosses vaches.
Si jamais elle posait encore des problèmes, ça allait mal finir pour elle à présent. Elle allait vite le comprendre. Chael, ce n’est pas moi. Il ne plaisantait pas. Je m’adressai à mon cheval une fois que tout le monde était descendu :
« Allez mon Chao, couche-toi s’il te plaît. »
Je tirai à nouveau les rennes vers le bas et il s’exécuta.
Non loin devant, j’aperçus le temple. Un temple immense. Et devant le temple Chael.
Je descendis et avançai devant moi, un sourire timide mais ravi sur le visage. Derrière-moi, tout le monde suivait. El’sha et Glen à ma suite et Niglo qui refermait toujours la marche.
Mon cœur battait vite et ma respiration s’emballait.
Arrivée à la hauteur de Chael, j’exécutai une profonde révérence respectueuse en baissant le regard. Lorsque je me redressai, il attrapa ma main gauche qu’il releva jusqu’à sa bouche et y déposa un délicat baise-main du bout des lèvres.
« Mon petit oiseau à l’aile cassée... »
dit-il en apercevant mon bras droit en écharpe.
« Non, mon bras n’est pas cassé… dis-je gênée. Je me suis juste froissé un muscle ou deux… Je le laisse au repos mais ça va déjà bien mieux.
- Bien ! s’exclama-t-il dans un grand sourire. As-tu fais bon voyage ?
Ses cheveux argent volaient au vent. Il avait la grâce et le charisme d'un souverain.
« Ce fut fatiguant… Mais dans l’ensemble tout s’est bien passé. »
- Tu n’as ramené que deux hommes ?
- Il y a eu quelques soucis sur le navire, expliquai-je penaude, baissant les yeux. Je vous raconterai... »
- Soit. Et ces deux demoiselles derrière-toi ? demanda-t-il en fixant Rain et Alasan avec un intérêt certain.
- Ce sont celles que vous attendiez. »
Il fit quelques pas jusqu’à me dépasser pour se retrouver face à elles.
« Je vous souhaite la bienvenue dans mon domaine, mes demoiselles, leur adressa-t-il en les saluant respectueusement. Je me nomme Chael. J’espère que vous avez fait un bon voyage et que ma douce Ancilla s’est bien occupée de vous. Ici, vous ne manquerez de rien. J’y veillerai personnellement. »
Je mordis ma lèvre inférieure en fixant le temple devant moi. Un sentiment terrible m’étouffait et j’avais envie de tuer. C’était un sentiment d’injustice, c’est ça. C’était injuste. Humiliant. Injuste et humiliant. Cette sale garce ne méritait pas de telles bienséances. Juste d’être enchaînée dans une cage, battue et fouettée à sang jusqu’à plier, briser et ramper au sol.
Et je ne supportais pas que Chael puisse parler de moi de cette façon.
« Ces "demoiselles" sont dangereuses et nous ont causé beaucoup de torts, cadra El’sha. Quant à Ancilla, elle a fait de son mieux, comme toujours, mais elle a vraiment besoin de se reposer à présent. »
Je le regardai, surprise de son intervention. Il avait les bras croisés et dévisageai Chael avec impertinence.
El’sha non plus, je pus le constater, n’avait pas supporté la remarque de Chael.
Je le regardai mal à l’aise et lui faisait comprendre sans rien faire d’autre que de le regarder, de laisser tomber.
« Ce n’est pas à toi que je me suis adressé, El’sha, répondit patiemment Chael. Tu serais bien aimable de laisser répondre les personnes à qui je parle. Mais puisque tu t’en inquiète, va donc te reposer avec Ancilla et veille sur elle. Moi, je vais installer ces demoiselles dans leurs quartiers. »
Il pria Rain de l'excuser pour l'interruption et attendit la réponse à sa question de base.
El’sha fit un signe de tête et me rejoignis.
« Allez, viens. »
Nous allions nous reposer dans la chambre qui m’était assignée. Une grande pièce avec un lit deux places. Des décorations occultes étaient éparpillées dans tous le temple au milieu des torches.
« Et les bagages ? m’inquiétai-je.
- On ira les chercher plus tard. Essaie de te reposer un peu, je suis là. 
- J’ai suis trop nerveuse pour me reposer... 
- Ce n’est pas grave, restons juste là, tous les deux… »
Son regard perturbé me déstabilisa. Il s’était assis en face de moi sur le lit. Il était si près.
Il me retira le tissu et l'atèle de fortune et me massa le bras et le poignet pendant un long moment. Lorsqu'il arrêta, je poursuivis moi-même pendant un temps encore de faire travailler mon bras. Je n'avais plus mal.
Nous restions là à parler de tout et de rien jusqu’à que quelqu’un vienne nous chercher pour le repas du soir.
Nous nous rendions donc à table dans la salle principale du temple. Je m’assis à lma place habituelle, a droite de Chael – qui était en bout de table – sur le côté perpendiculaire. El’sha prit sa place également habituelle en face de moi.  A côté de lui Glenesh, à ma gauche Niglo. Configuration habituelle toujours. Et à l’autre bout de la table avait était placée Rain et Alasan.
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Lun 26 Juin - 18:58

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Il n'y eu pas de protestations, et je me calais confortablement parmis les bagages. Je suis prête à parier que c'était mieux que de me retrouver sur le dos d'un cheval. Allongée d'un côté, Alasan en face de moi, jouant avec sa peluche, je croisais les bras derrière la tête et me laissais aller à la contemplation de la végétation déchue. Nous cahotions sur une route de béton rongée par la nature, et au bout de quelques longues minutes, le soleil peinait à traverser une étendue plus riche en feuillage. Les arbres reprenaient des couleurs, et le silence jusque là pesant, laissait place à quelques chants d'oiseaux brefs. Nous avançions sans obstacles vers un lieu de vie. Ça me rassurait un peu. Peut-être que, finalement, il y avait des villages environnant sur le continent.
Enio et Auguste, chacun derrière un des hommes de main de la Détraqué, discutaient sur leur avenir. Croyaient-ils vraiment à ça? Je ne me leurrais pas sur le fait qu'ils mourront d'une manière ou d'une autre. Un pressentiment funeste, en quelque sorte.
Un peu plus en avant, j'entendis la jeune femme et son bras droit – et sûrement amant – se défier et détaler au pas de course. Les sabots des cheveaux se firent entendre longuement après les avoir perdus de vu. Perchée sur ma charette, je me disais que je pouvais tout aussi bien partir maintenant. A vrai dire, ma fugue manquait tellement de challenge que je préférais attendre encore. Je me réinstallais, étudiant la géographie sur notre passage. Avoir un cheval serait plus aisé, bien que je ne savais pas trop comment fonctionnaient ces bestiaux. Rien de tel que d'apprendre sur le tard.
Pendant notre longue route, j'offris à boire et à manger à Aly, grignotant par la même manière. J'avais bien fais d'emporter des vivres avec moi, il n'aurait pas fallu compter sur l'hospitalité de cette bande de guignols. Personne ne m'a d'ailleurs interrogé sur le contenu de mon sac. Peut-être que, dans le fond, ils s'attendaient vraiment à ce que je sois docile. Oh, tant que personne ne me menace, je suis prête à faire de belles découvertes.

Nous débouchâmes sur une grande plaine verte, de nombreuses et éparses maisons de brique, reliées entre elles par des terrains de terre, et, à leur centre, un majestueux temple. Cerné par une dizaine de piliers, la plupart brisés, il se fondait dans la végétation par les lierres cendrées qui creusait dans la pierre. En face, un autel attendait patiemment un quelconque rituel. Si je n'étais jamais venue ici, ce lieu me semblait familier, mais pas rassurant.
Nous nous arrêtâmes au centre du village, près de l'autel, où la Détraqué et son homme nous guettait, à cheval. Je descendis, suivie d'Alasan, attirée par la figure masculine qui venait à notre rencontre depuis le temple. Un homme sobre, grand et sec, vêtu d'une chemise pourpre surelevée par un gilet plus sombre, ainsi qu'un pantalon de toile de la même couleur, et des bottes usées, dont les lacets se croisaient à l'arrière. Il dégageait une aura particulière, celle d'un homme imposant, d'un chef. Ses yeux bleux glace me fixait avec intérêt, et sa longue crinière grisâtre ondulait à chacun de ses pas. Il soigna sa barbe avant de croiser les mains, un fin sourire au visage, tout en nous approchant.
Lorsqu'il fut enfin à notre hauteur, je m'aperçu que nous étions tous restés silencieux, suivant inconsciemment la capitaine sur le chemin, obnubilés par sa personne. Quelque chose en lui m'inquiétait, pourtant, il avait l'air d'un simple humain. Je senti Alasan se presser contre moi, les yeux rivés au sol, pour prendre ma main. Elle n'était pas à l'aise. C'était étonnant. Je la réconfortais d'un baiser sur sa tignasse, serrant doucement sa main.
Ancilla esquissa une lourde révérence face à l'homme, ce qui me fit hausser un sourcil. Etait-ce l'homme dont elle recevait les ordres, ou bien elle était simplement trop soumise envers les mâles? Je retins un ricanement.
Suffisamment proche, je les entendis converser un moment.

_...Ce sont celles que vous attendiez, déclara-t-elle.

Je me raidis instinctivement lorsqu'il vint vers nous, les yeux plissés.

_Je vous souhaite la bienvenue dans mon domaine, mes demoiselles, annonça-t-il avec solennité, avant de courber légèrement la tête.

Voici un hôte bien plus accueillant.

_Je me nomme Chael. J’espère que vous avez fait un bon voyage et que ma douce Ancilla s’est bien occupée de vous. Ici, vous ne manquerez de rien. J’y veillerai personnellement.

J'ouvris la bouche pour répondre quand l'acolyte me coupa la parole, rappelant que je n'avais pas été facile à gérer. Le dit Chael, que j'appellerai l'Hôte Blanc, parce que j'ai un gros problème de mémoire avec les noms masculins, réprimanda sans forcer l'interruption, installant immédiatement une tension entre les hommes. Apparemment, il était fortement respecté, mais il ne semblait pas être malveillant à mon égard. Son regard s'adoucie à l'instant même où il reposa les yeux sur moi et Aly.

_Mes excuses pour cette insolence, mes demoiselles, reprit-il. Avez-vous été bien traité durant le voyage?

Je jetai un regard en biais à la Détraqué, ne pouvant m'empêcher de grimacer de dégoût en repensant à la manière dont "j'ai été bien traité".

_Si par là, souriais-je amèrement, vous estimez que se faire électroquer et menacer est un bon accueil, eh bien, elle sait s'y faire.

Je n'étais pas commère, mais puisse qu'il me posait la question, et que je détestais cette pimbèche, je n'avais pas de raison d'être malhonnête.
Son regard se durcit à mes propos, et je me demandais un instant si je n'étais pas allée trop loin, dans le genre où il me gifflerait pour avoir presque insultée"son petit oiseau". Mais il n'en fit rien, du moins pour l'instant, et la Détraquée avait déjà prit congé avec ses hommes.

_Je règlerais ce différent comme il se doit plus tard, décida-t-il. Pour l'heure, si vous voulez bien me suivre, je suppose que vous aimeriez comprendre un peu mieux ce qu'il vous arrive. Avez-vous faim?

Il nous guida lentement vers le mausolé.

_Oh, oui, je ne serais pas contre un bon repas, soufflais-je. Et je commence à en avoir marre d'être traînée d'un bout à l'autre de l'océan sans réponse.

J'étais un peu agressive, mais il n'en fit pas fortune.

_Vous aurez toutes les réponses que vous désirez autour d'un plat préparé par ma cuisinière personnelle. On ne fait pas mieux qu'elle. Par ici.

Les immenses portes en pierre du temple s'ouvrirent toutes seules. J'étais un peu troublée par la courtoisie excessive de cet homme, d'une part pas habituée à un traitement de faveur positif, d'autre part parce que de toute manière, il en fallait plus que ça pour avoir ma sympathie.
Nous traversâme un hall arrondi, des gravures de toute sorte ornaient les murs, éclairées par les nombreuses chandelles. Des portraits, des peintures, des statuettes étranges sillonaient ci et là. Au sommet, un lustre brillait anormalement. Ce n'était pas des flammes, mais la même électricité que celle du tazer de la grande folle. De la magie? J'étais si contemplative de ce décors somptueux que je trébuchais sur la première marche d'un large escalier. Un peu honteuse, je me raclais la gorge avant de grimper, suivant de près l'Hôte Blanc. Il sourit à ma maladresse.

_Le décors vous plaît?
_Euh... Oui, bafouillais-je. C'est... joli.

Etrangement, je me sentais bien, en harmonie avec moi-même, contrairement à ce que j'avais ressenti près de l'autel.

_Ce n'est pas fait pour être joli, si je puis me permettre. Chacun de ces objets possède une utilité particulière... Tout comme vous deux, mes demoiselles.
_...Je ne suis pas un objet.
_Non, bien sûr que non. Je ne cherchais pas à vous offenser. Vous comprendrez mieux bientôt.

En haut des marches, nous prirent la toute aussi grande porte en face, qui donnait sur une salle à manger, moins grande que le hall, mais tout aussi impressionnante. Une longue table nappée d'un drap rouge, sur laquelle reposait déjà des plateaux fumant de nombreux mets. La salive me monta à la bouche. Des lanternes accrochées aux piliers ornaient la pièce, qui contenait par ailleurs de nombreuses portes. A l'autre bout, un piedestral menait à une large baie vitrée. En nous approchant du bout de table, je pouvais y voir un jardin gigantesque, fait d'une multitude de couloirs de haies bifurquant et se croisant les uns les autres, en somme, un labyrinthe. Je n'y voyais pas le centre, car une épaisse brume non naturelle y cachait scrupuleusement des secrets. La curiosité m'envahis, je voulais y aller. Mais j'avais faim, malgré la viande que nous avions avalé plus tôt.
Notre hôte s'assit sur son siège attitré, en bout de table. Je pris place à mon tour, avec Aly, en gardant un minimum de distance. Trois chaises nous séparaient de lui. Il ne fit aucune remarque et désigna les plats d'une main.

_Faites-vous plaisir, mangez à votre guise.

Si l'hésitation d'une tentative d'empoisonnement me saisit, ce fut bref. Je ne voyais pas l'intérêt de toute cette mascarade pour me tuer avec autant de complexité. Je servis Aly de viande et de légumes, avant de me servir à mon tour. Une servante apparu pour remplir nos verres de vin, ce que je ne refusais pas, d'autant que c'était une belle femme charnue.
Tout en mangeant sans trop de délicatesse, je questionnais l'hôte.

_Où sommes-nous? demandais-je d'abord.
_A Realmwitch, au continent du Mirkabra.
_Pourrais-je avoir une carte, après le repas?
_Si vous le désirez.

Tout ce que je veux hein?

_Qui est Ancilla?
_Une prêtresse de la Décade, me répondit-il sans hésiter. Elle est née pour servir son culte, et entre autres, moi-même. Le Suprême.

J'avalais un morceau de travers et toussa grossièrement avant de le faire passer avec du vin. Le Suprême... le chef?

_Eh bien ça... Et en quoi me ramener ici, moi et Aly, peut vous servir?

Il sourit.

_N'avez-vous vraiment aucune idée de votre rôle, Rain?

Tiens, je ne me souvenais pas lui avoir dit mon nom. Je secouais la tête, lasse.

_J'ai tout perdu. Un accident. Ma mémoire... Je ne me souviens de presque rien. C'est... confus, parfois.

Il médita un instant, mains croisés. Il ne mangeait pas, buvant simplement un verre de vin.

_Vous êtes la Krishna, Rain. Le vaisseau des démons.

Cette révélation ne me surprit pas plus que ça. Comme si je l'avais toujours su. Je levais la tête, me plonger dans son regard, évaluer son sérieux. S'il mentait, il mentait très bien.

_Dites-m'en plus.
_Il existe en ce monde plusieurs cultes. L'Heptade, prêcheurs des 7 vices, la Magie Noire, autrement appelée le Saakh'ri, les Gourous, des semi-démons, les Célestes, notre parfait contraire, car ce sont des Anges... Et la Décade, celle dont nous, et vous, faisons parti. Vous trouverez plus d'information à leur sujet dans notre bibliothèque.

Je n'osais pas lui dire que les lettres n'avaient aucun sens pour moi, et le laissais continuer.

_Vous êtes unique en votre genre, car si des vaisseaux existent, vous êtes la seule capable d'ouvrir la voie à de nombreux démons. Le commun des mortels ne peut contenir qu'un seul démon, et, la plupart du temps, finit dévoré par celui-ci. Mais vous, en tant que Krishna, êtes capable de servir d'hôte pour un grand nombre de démon, sans subir le moindre effet secondaire. Je ne connais pas le compte exacte, mais, si cela peut vous aider, chacun de vos tatouages représente l'un d'eux. Grâce à un rituel complexe, nous pouvons graver une nouvelle "porte" en vous. Ce pouvoir, comme vous pouvez le constater, est sans limites, et convoité par de nombreux cultes. Vous êtes la Main Démoniaque en ce monde, Rain.

Je pris un instant pour assimiler tout ça. Je devais avouer que ça tenait la route...

_Pourquoi je n'ai vu aucun démon, alors?
_Eh bien, une formule est nécessaire pour activer le pacte avec le démon, et si j'en crois ce que vous me dites, vous ne vous souvenez d'aucune de celles-ci pour faire appel à l'un d'eux.
_Je peux pas les trouver dans un de vos livres?
_Malheureusement non. L'activation est créée entre le vaisseau et le démon, elle est personnelle. Pas forcément unique, car cette "clef" peut être un mot de passe identique à celui d'un autre vaisseau, mais vous seule la connaissez. A moins que...

Il jeta un oeil à Aly.

_Votre jeune amie ici en sait quelque chose?

Je secouais la tête.

_Aly ne parle pas. Et à ce propos, qui est-elle? Elle est spéciale aussi?

Il s'humecta le gosier un instant, pensif.

_Je ne saurais le dire. En soit, elle vous est rattachée. Mais nous ne connaissons pas son rôle, son histoire, comme nous connaissons la vôtre.
_Vous... connaissez mon passé?
_Me croiriez-vous si je vous le contais? sourit-il.
_...Non, je suppose que non.
_Je vous laisse le plaisir de le découvrir vous même, dans ce cas.
_En attendant, z'avez pas répondu à ma question. A quoi je vous sert?

Son regard brilla d'intensité un instant.

_J'aimerai... Nous aimerions, nous, Surannés et Séculaires du culte de la Décade, faire de vous notre atout. Accorder la venue d'un puissant démon, un parmi tant d'autres déjà en vous, mais plus particulier, qui assurera notre suprémacie face à la déchéance de ce monde.
_Et quel est ce démon?
_Le Sanat Kumara, fit-il théâtralement, les mains écartées.

Wow. Ce nom... me disait absolument rien. Il refusa cependant de m'en dire plus sur cet être suprême, jugeant qu'il était temps pour moi d'aller me reposer. Je n'insistais pas, m'étant décidée à rester ici quelques temps, pour en apprendre plus. Il m'expliqua que la cérémonie de fusion devait se faire dans un contexte précis, et que tout les éléments n'étaient pas en notre possession. Puis il nous conduisit dans une chambre magnifiquement gothique, tout à fait à mes goûts décadents. Une servante nous attendais devant la porte.

_Voici Anaëlle, elle sera votre servante attitrée pendant votre séjour. Si vous avez besoin d'elle, sachez qu'elle loge dans la chambre d'en face. Elle vous guidera pendant mes absences. N'hésitez pas à lui poser des questions, et si besoin, à m'appeler.

Il esquissa une légère courbette.

_Au plaisir de vous revoir pour le dîner, mes chères.

Puis s'effaça dans le couloir. Je jetais un regard en coin à la servante. Il fallait avouer que cet homme avait bon goût en matière de femmes.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Lun 26 Juin - 23:05

Rise of Shadows
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« Comment va mon farouche petit oiseau ce soir ? »
l’adjectif utilisé me frappa et me mit mal à l’aise. Je pouvais me tromper, mais l’intonation et le terme ne présageait rien de bon.
« Je vais bien, merci... 
- Il faudra que nous ayons une petite discussion, très chère. Mais pas ce soir. Ce soir, nous allons fêter l’arrivée de nos invitées et nous allons tous nous amuser. Demain sera un autre jour. »
Voilà qui confirmait bien mes soupçons. Quand Chael parlait ainsi, cela ne présageait vraiment rien de bon.
« Chael ? Je me sens vraiment bizarre ces derniers jours... »
Il me sourit.
« C’est normal ma douce.
- Mais… Je... je ne suis plus moi-même… C’est comme si… »
Il posa son index sur mes lèvres.
« N’y pense plus. Cela va passer, il faut laisser le temps faire son œuvre. Tout finira par rentrer dans l’ordre. »
Je baissai les yeux dans mon assiette.
Les cuisinières ne tardèrent pas à venir les remplir.
« Et maintenant, mangeons », proclama Chael.
Il nous fut servi un plat de viande accompagné de champignons de carottes et de pommes de terre.
Autour de moi j’entendais rire, parler et chanter joyeusement, mais moi, je remuais mon repas sans y toucher. Seul El’sha, en face de moi, semblait s’inquiéter bien qu’il ne dit rien.
« Tu ne manges pas ? demanda enfin Chael.
- Je n’arrive plus à manger… expliquai-je. Je vomis le triple de tout ce que j’ingurgite.
- Ca n’arrivera pas ce soir, m’avertit Chael. Mange maintenant. Il faut que tu reprennes des forces. »
J’obéis.
En effet, mon estomac ne rejeta pas ce que je mangeai et cela me fit du bien d’arriver à prendre enfin un repas décent.
Je me demandais ce que Chael allait me reprocher, bien que je le savais. La traversée a été une vraie catastrophe et j’ai bien failli faire échouer la mission. Il a dû avoir un rapport d’une façon ou d’une autre et je vais en voir de toutes les couleurs…
J’enfouis mon visage entre mes mains avant de saisir ma tête.
« Quelque chose ne va pas, ma douce ? 
- Ce n’est rien, j’ai juste mal à la tête. »
J’avais envie de demander à sortir de table pour aller me coucher. J’étais éreintée. J’avais besoin d’une bonne nuit de sommeil.
« Peut-être voudrais-tu aller te coucher ? me demanda-t-il.
- Je vais attendre la fin du repas. »
Ma réponse parue le satisfaire. J’avais bien répondu. Comme si j’avais choisie la réponse juste à un Quiz.
Réponse A : Avec plaisir
Réponse B : Non Monsieur, pas avant la fin du repas, je n’oserais pas vous faire cet affront
La réponse B était la plus judicieuse.
Lorsque toutes les assiettes furent vides, resservie encore puis vide à nouveau, et que le dessert fut terminé, les servantes vinrent débarrasser la table. Ce fut le signal pour la quitter et il ne restait plus que Chael, mes hommes, Rain et Alasan.
Chael me proposa :
« Que dirais-tu de danser ?
- Ce serait avec grand plaisir demain, répondis-je timidement. Je suis tellement fatiguée... 
- Très bien, répondit-il déçu. J’aurais tellement aimé te voir danser ce soir. C’est un tel ravissement… »
Je me sentis rougir.
El’sha me regarda. Il ne regardait plus que moi.
« D’accord, acceptai-je finalement. Je vais le faire ce soir. 
- Ah, tu m’en vois comblé ! » s’exclama-t-il gaiement.
La chaise d’El’sha grinça d’un aigu à vous briser les dents. Il venait de la repousser et de quitter la table brusquement pour se diriger vers la sortie. Je regardai Glenesh. Il soupira discrètement et se leva pour rejoindre El’sha.
Chael me tendit un verre.
« Tiens, ma douce… Un petit remontant. »
Je tendis ma main pour me saisir du verre au contenu rougeoyant et à l’odeur douceâtre mais sucrée. De l’hypocras. Des herbes flottaient à la surface du vin.
Je n’étais pas très partisane de cette boisson, mais je ne me voyais pas la refuser de la main de Chael.  
Je la bus d’un trait et lui rendis le verre. Chael fut le seul à rester attablé. Tous les convives se rassemblèrent en face de la scène qui était à droite de la table. Chael tira son fauteuil pour se mettre dans le bon axe.
Avec l’aide de quelques autres prêtres(ses) je préparai rapidement l’espace. Des bougies noires furent éclairées et disposées tout autour, aux côtés de divers ossements. Juste en face de la scène se trouvait des rideaux fermés qui recouvraient un autel.
Rain et Alasan furent invitées à se placer au centre des spectateurs pour être aux premières loges.
Moi, je m’inquiétais de ne toujours pas voir El’sha revenir. Je n’avais déjà pas envie de danser devant l’autre furie, mais j’aurais au moins été réconfortée de voir El’sha.
Je me tenais droite et seule sur la scène, attendant le signal pour commencer. J’éprouvai le tournis, mais j’essayai de l’occulter.

La lumière principale s’éteignit brusquement, nous plongeant dans la pénombre, ne laissant que les bougies pour seul éclairage. De parts et d’autres de l’assemblée, il y eu une clameur de surprise. Une musique à base d’orgue s’éleva dans le même instant, renforçant le côté malsain qui s’installait.
https://www.youtube.com/watch?v=VzMAwJ6OhI4
Je souris devant le petit effet réussi. J’attendis, immobile, une dizaine de secondes pendant lesquelles je dévisageai l’assemblée puis penchai doucement de droite à gauche en fermant les yeux, envoyant ma tête du côté opposé où penchait mon corps. Je ne sais pas ce que Chael avait mis dans l’hypocras, mais je commençais à me sentir dans un état second.
J’envoyais mes bras devant moi dans des mouvements amples et circulaires, deux fois du même côté puis inversai le sens, tout en continuant à balancer ma tête de chaque côté. Je remontai ensuite mes bras au dessus de moi avant de les refaire descendre lentement et gracieusement le long de l’avant de mon corps. Je frappai du pied, alternant un coup l’un un coup l’autre, en croisant et décroisant mes bras, mains ouvertes, devant moi.
Je tournai lentement en ondulant mon bassin et faisant jouer mes bras, toujours placés au dessus de ma tête, et continuai un instant d’onduler souplement, dos aux gens. Je me mis à trottiner circulairement sur la scène d’un sens puis de l’autre avant de tournoyer rapidement sur moi même.
J’aperçus enfin El’sha qui était revenu, et se tenait à côté de Glenesh et de Niglo. Je ne pus m’empêcher de sourire en le voyant.
Deux personnes, chacune d’un côté de l’autel, tirèrent les rideaux pour les ouvrir.
Je cessai ma danse et me rendis devant l’autel qui se trouvait perpendiculaire à moi et à l’assemblée.
Une jeune femme vêtue d’une légère robe blanche y était attachée. Elle était terrorisée, et le fut encore plus lorsque elle me vit me pencher lentement, la main droite glissant de la jambe associée, pour récupérer mon poignard sous ma robe.
Ses yeux écarquillés d’effroi exultait la folie et l’horreur.
Ma lame en main, je fis les derniers pas qui me séparait d’elle, un rictus froid et insensible fendant mon visage. Ce n’était ni la première ni la dernière personne que ma lame allait embrasser.
Arrivée à sa hauteur, je relevai bien haut mon couteau, à deux mains.
Je psamoldiai à l’intention des grands de ce monde pour qui ce sacrifice allait être réalisé.
Ma lame se planta d’un coup sec dans le cœur de la jeune victime, mettant fin à ses hurlements et sanglots. Un peu de sang éclaboussa mon visage. Je retirai ma lame, faisant jaillir bien plus de sang encore. Mon visage était piqueté de rouge. L’un des prêtres vint me remettre un réceptacle et je m’agenouillai pour le déposer au sol, là ou le sang gouttait régulièrement, fuyant ce corps que la vie avait fuie.
La musique prit fin.
Mes hommes s’approchèrent de moi et je compris qu’ils allaient m’accompagner pour la danse suivante. Je les suivis et remontai sur scène, heureuse de voir El’sha près de moi.
J’étais au centre et eux aux coins de la petite scène.
Le vin, le sang, El’sha à présent là… Je me sentais au-delà de l’état second.
https://www.youtube.com/watch?v=FcEizDACxNk
Cette fois, l’orgue avait laissé la première place au violon mais les chœurs étaient toujours bien présents. Je mis mes mains sur mes hanches et tournai la tête une dizaine de fois de droite et gauche comme pour faire non, souriante et presque démente. Je secouai ma tête et la saisis entre mes mains. Je prenais de l’assurance et dansai prétentieusement. L’air paraissait lourd. Au plafond, je pouvais percevoir les orbes de lumières qui se rassemblaient, spectatrices du ballet.
Mes hommes s’étaient rapprochés de moi et notre danse revêtit un certain aspect lascif dans une sorte de parade nuptiale où ils faisaient leur possible pour me saisir et moi pour glisser entre leur doigts. Je me déhanchai et ondulai avec toujours autant de grâce. Je contractai et décontractai mon ventre à de multiples reprises et mes mains parcouraient mon propre corps.
El’sha et moi nous avançâmes face à face, tournions un instant chacun dans une direction opposée circulaire, changions de sens, avant de nous approcher jusqu’à être front contre front et de nous regarder dans le blanc des yeux. Reculant d’un côté, avançant de l’autre, faisant le balancier de droite et de gauche en décalage avec El’sha, je finis par pivoter dans une pirouette jusqu’à être dans son dos, afin de faire le tour et de repasser de l’autre côté. Je tournai le dos à la scène, retournai à l’autel. Je plongeai mes mains dans la plaie béante puis répandis le sang du visage de ma tête jusqu’à ma poitrine puis mes hanches. J’étais en extase. Je me penchai ensuite pour récupérer le verre à présent gorgé de sang.
Je retournai parmi mes hommes, face à l’assemblée qui me regardai comme hypnotisée. Je fermai les yeux et bus bien la moitié du verre. Je sens une coulée de sang glisser le long de mon menton afin de s’en aller rejoindre le sol.
Je regardai ensuite El’sha qui était à ma gauche, la tête penchée et lui tendis le verre, lui lançant un regard espiègle. Il lança un coup d’œil à quelqu’un derrière moi – probablement à Glenesh – et prit le verre pour boire une gorgée. Il le tendit ensuite à Glenesh qui fit de même, qui lui même la tendit à Niglo à son tour. Ce dernier me rendit la coupe après avoir bu et, après avoir vérifié qu’il restait un peu de contenu, je descendis à pas feutré de la scène, me dirigeant tout droit jusqu’à Rain en souriant. Arrivée en face d’elle, je portai la coupe jusqu’à ses lèvres en lui chuchotant à l’oreille.
« Du sang, rien que pour toi... »

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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Mar 27 Juin - 18:52

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La jeune servante était une jolie fille, une demoiselle plus petite que moi, aux cheveux courts et blonds, des yeux en amandes serties de deux billes émeraudes, une peau pailletée de tâches de rousseur. Elle nous entraîna, Aly et moi, pour prendre un bain. Un vrai. Ce temple était agencé de la même manière qu'un château et les pièces étaient de taille luxueuse. L'eau courrante était chaude, et je pris, pour la première fois depuis des lustres, un véritable repos. Alasan semblait ravie de partager la baignoire, et l'eau dû être changée plusieurs fois tant nous la rendions noire. Quoique, sa peluche y était aussi pour quelque chose. De son côté, Anaëlle nous avait apporté serviette et produits d'hygiène. L'odeur m'offusquait tellement j'y étais peu habituée, mais bon, fallait faire avec.
Une fois propre, coiffées et habillées de vêtements semblant neufs, une chemise noire et un jean pour moi, une robe tout aussi sombre pour la fillette, nous suivîmes Anaëlle dans les corridors, visiter l'étendue du temple pendant une bonne partie de l'après-midi.
Si toute cette histoire me rendait perplexe, je n'avais pas autant envie de fuir que pendant le voyage aux côtés de sa prêtresse. L'Hôte Blanc en savait beaucoup sur moi et m'est avis que je pourrais en apprendre beaucoup en traînant dans le coin. Déjà, je savais que mes tatouages n'étaient pas anodins et servaient de porte aux démons de l'Autre-Monde. Il fallait que je retrouve les clefs. Mais à moins de retrouver la mémoire, je ne voyais pas comment faire.
La soirée vint enfin et Anaëlle nous guida jusqu'à la salle à manger. Cette fois, l'entièreté des sièges étaient occupés, sauf ceux qui nous étaient réservés. Apparemment, un banquet avait lieu ce soir. Je pris place, Aly à mes côtés, et notre charmante hôtesse marine en face. Je ne lui accordais que peu d'intérêt. Il ne fallait pas non plus qu'elle pense qu'elle avait enfin accomplit sa mission. Ce n'est pas comme si je crèchais vraiment ici. Après tout, j'étais toujours une prisonnière, peu importe la manière dont on me traitait, être privée de liberté revenait au même.
Le repas fut copieux, et je me demandais un instant où mangeaient et dormaient nos deux rescapés du voyage, mais je n'eus pas le temps de poser la question. On tira les rideaux au centre du mur adjacent, pour dévoiler un autel, cerclé par de hautes torches, sur lequel reposait une jeune femme nue. Et les lumières s'éteignirent brusquement, ne laissant que les flammes de chandelles éclairer chaudement nos silouhettes. Un malaise m'envahis, quand bien même je savais que je ne mourrai pas, mais fut adoucie par une mélodie qui envahit la salle, silencieuse depuis. Cette musique m'étais familière et apaisante, j'étais certaine de l'avoir déjà entendue... Mais quand j'essayais de m'en souvenir, je me perdais dans les brumes de ma mémoire. Inutile.
Tous sans exception se levèrent, et, tels des automates, se placèrent en demi-cercle autour de la scène, face à l'autel.
Notre hôte me tendis une main courtoise, légèrement courbé en avant, un fin sourire sur le visage. Je saisis d'abord la main d'Aly, avant d'accepter la sienne. Elle était sereine et assurée, comme si ce n'était pas la première fois. A vrai dire, je supposais qu'elle, ou moi, avions en effet déjà assisté à ce genre de démonstration. Je pris une profonde inspiration et me laissais entrer au milieu du cercle. Rapidement, nous fûmes au centre de l'attention, et j'assistais, non sans étonnement, à un ballet de danse dont le personnage principal n'était autre que la prêtresse, accompagnée par ses hommes. Leurs mouvements m'emporta dans un demi-rêve éveillé, où les sons s'éloignaient en sourdine, et des murmures chantaient des louanges à des êtres supérieurs, au creux de mes oreilles. Je sentai mes tatouages brûler doucement sur ma peau, tandis qu'Ancilla plantait sauvagement un poignard dans le coeur de l'innocente jeune femme. Mon coeur frappa furieusement dans ma poitrine, résonnant jusque dans ma tête. La salive me montait à la bouche et je dégluti plusieurs fois, sans succès. A côté de moi, Alasan tanguait doucement au rythme de la musique, impassible.

Je senti le froid du calice contre mes lèvres, et la voix basse et sensuelle de la prêtresse m'inviter à profiter du sacrifice. C'est sans aucune hésitation et avec empressement que je m'en emparais pour le vider. Grognant de n'en avoir que si peux. Les yeux rivés sur le corps mort de l'inconnue, je m'essuyais doucement les lèvres du pouce, sans broncher.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Mar 27 Juin - 20:30

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Je craignis que Rain ne refuse de boire dans la coupe, mais la crainte s’envola bien rapidement. Elle s’en était saisie avidement dès l’instant où le réceptacle fut en contact avec sa bouche pour épancher son immense soif de sang. La frustration était clairement perceptible lorsqu’elle arriva à la fin.
J’eus un petit rire. Finalement, il n’était pas si dur de la faire manger dans ma main…
Je lui repris la coupe avant qu’elle ne la termine entièrement.
Je fis couler quelques gouttes sur la bouche d’Alasan et du peu qu’il restait, je trempai mes doigts dedans et dessinai un symbole sur le front des deux filles en récitant à chaque fois quelques mots en latin.
Je retournai en suite sur scène – après avoir fait un détour vers la jeune et jolie sacrifiée pour récupérer encore un peu de sang – et c’est le front de mes hommes sur lequel je traçai des symboles occultes à présent, toujours récitant en latin un équivalent de « Il en est ainsi ».
Prise d’une inspiration soudaine, je me trémoussai en faisant un discret signe vers le haut, des deux mains, à mes hommes qui étaient derrière moi.
El’sha me saisit à la taille. Glenesh me saisit la jambe droite. Niglo me saisit la jambe gauche.
Au fur et à mesure que je me sentis élevée dans les airs, je fermai les yeux et levai les bras bien haut en invoquant les Très Grands. D’abord doucement, presque un murmure, puis de plus en plus fort, finissant par répéter encore encore ad nauseam, presque hystérique, dans un état transcendantal.
L’air devint plus lourd. Plus chaud. Bientôt, une lumière envahit la salle et l’ait fut brûlant.
Les lumières, discrètes à la base, devinrent plus vives, volumineuses et se rassemblèrent autour de moi.
Je sentis mes hommes se baisser lentement et me reposer, un genou à terre. Je ployai moi même le mien, pendant quelques secondes, le temps de sentir les dix orbes lumineuses s’amasser autour de moi dans leur vif tournoiement.
Je me relevai alors, repris la danse de la façon plus érotique qui puisse être.
Les lumières qui me tournaient autour se rapprochèrent si près que je sentis leur brûlure sur ma peau devenue hyaline. Qu’importe la morsure, qu’importe la lumière, je continuais de danser, entourées de mes orbes démoniaques que je me devais de servir. Plaisir et douleur mélangées, adrénaline et endorphines mêlée, douce torture que j’avais recherchée à endurer.
Doucement, les lumières s’écartèrent.
Je regardai Chael et lui fis une révérence à laquelle il acquiesça de la tête. Je me retirai ensuite de la grand salle, les orbes m’accompagnant toujours. Il était temps pour moi d’aller prendre un peu de repos. J’avais comme dans l’idée que le lendemain serait un jour difficile...

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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Mer 28 Juin - 13:15

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Je serrai la machoire pour me retenir de me jeter sur la sacrifiée. L'appel du sang pompait dans mes veines avec férocité, et seul mon égo me retenait de perdre le contrôle. Ancilla m'avait retiré le calice des mains pour verser le reste sur la bouche d'Aly. Celle-ci se lécha les lèvres instinctivement, avant de retrouver ma main qu'elle ne voulait plus lâcher. Je croisais son regard autrefois si bleu, à l'instant presques entièrement noir. Chacune de mes pulsations cardiaques trouvaient écho chez elle, me faisant lentement oublier sa présence et la pression de sa main, comme si nous n'étions qu'une. Nous fermions les yeux, aors que je sentais les doigts froids de la prêtresse imprimer un symbole sur mon front. Sa voix, basse et doucereuse, prononçais des mots dont je ne compris pas la signification. Incapable de réfléchir, seulement noyée dans des sensations intenses et profondes, je percevais, dans les ténèbres, les nombreuses portes en moi. Je ne les voyais pas, mais je pouvais clairement – nous pouvions – sentir leur formation. Un couloir menant dans divers mondes infernaux, dont je contrôlais chacune des ouvertures.
Si je n'étais pas dans un état second, je n'aurai jamais laissé cette pimbêche m'approcher ou me toucher.
J'ouvris à peine les yeux, quittant la connexion avec mon être, pour revenir lentement sur terre. Les sensations et les sons de la réalité me revenaient peu à peu. Ma poigne tenant fermement Aly. Nous n'avions pas bougés, et je pouvais voir Ancilla terminer de sanctifier ses hommes dela même manière, un tracé de sang sur le front, tel un troisième oeil.
Puis, suivant un ordre inaudible, ils la soulevèrent au-dessus de leurs têtes. Et sa voix se répercuta dans la salle. Allongée dans les airs, tête rejettée en arrière, elle implorait, se donnait, ou exigeait, timidement d'abord, puissamment ensuite. Elle ouvrait un lien grâce au sacrifice, et je sentais la lourde présence démoniaque nous regarder. Un sourire pourvu de crocs s'étira sur mon visage. Il était là, derrière une de mes portes. Qui essayait-elle d'invoquer? Peu importe, je le sentais, et je l'acceptais avec ravissement. Mais il ne frappa pas, il n'ouvrit pas. Il regardait.
Les lumières de la salle prirent soudainement vie, ondulant à travers la pièce, avant de s'amonceler autour de la prêtresse, reposée, un genou à terre. Au milieu de ce spectacle, je ne pouvais nier qu'elle avait un certain talent, finalement.
Et sa danse reprit, au milieu des orbes lumineuses, encore plus érotique que plus tôt. Je commençais à brûler au mauvais endroit, envahie par un besoin bestial et primaire, malsain et incontrôlé. En moi, je le senti sourire, celui dont je ne connaissais pas le nom. Etrangement, j'avais cette impression que tous étaient ravis, tout ceux derrière mes portes.
Encerclée par les orbes devenues sauvages, Ancilla ne cessait de danser, offerte à Eux. Avant que tout ne s'arrête, lentement, les lumières s'espacèrent, emportant avec elles l'énergie de leurs victimes, mais restaient à portée de la prêtresse. Pour ma part, je me sentai affreusement en forme et excitée. Il ne quittait pas le palier, Il voulait me tester, Il m'offrait une énergie bienfaitrice pour que j'agisse en son nom. Mais la sacrifiée était déjà morte. La prêtresse quittait la cérémonie maintenant close.
Mon regard se posa sur les convives. Tous étaient calmes, et probablement vidés. Moi, moi j'avais la pêche. Plus loin, notre Hôte me fixait avec un enthousiasme particulier. Je savais que, physiquement, j'avais légèrement changée. Je Le sentais près de moi. Mes yeux comme ceux d'Alasan avaient virés au noir abyssal, ma dentition était garnie de crocs qui me coupaient la langue avec facilité, mais je m'en foutais. J'avais besoin, là, tout de suite.
L'Hôte Blanc désigna du menton ma servante attitrée, qui patientait dans un coin de la salle, mains croisées sur sa robe de maid. Elle croisa mon regard et comprit tout de suite mes intentions. Elle devait avoir l'habitude. Peu importe. Elle me devança dans les couloirs et je la suivais, quelques pas en arrière, en entraînant Aly. Nos chambres l'une en face de l'autre, je délaissais l'enfant dans la mienne avant d'entraîner, cette fois, la servante dans la sienne. A peine eu-je perdu le contact avec Alasan que j'avais perdu le lien avec mes portes. Un peu troublée, je me ressaisi rapidement. J'avais encore Ses souhaits, mon désir, ma force.

_Tout va bien, ma dame? questionna doucement Anaëlle, me voyant figée devant ma porte.

Je souris à plein crocs.

_Parfaitement.

Je refermais la porte derrière nous, et dans l'obscurité totale, je la distinguais mieux qu'en plein jour.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Mer 28 Juin - 18:03

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Le temps que je déambule jusqu’à mes quartiers, les orbes avaient pâli, tournoyé avec moins de vigueur autour de moi puis fini par s’éloigner pour finalement s’éteindre.
J’ouvris la porte et la refermai à clé derrière moi.
Je me rendis ensuite jusqu’à la pièce d’eau attenante à ma chambre – séparée par une simple ouverture dans le mur - pour me préparer un petit bain. Si sur le coup de l’action le sang me paraissait terriblement enivrant, il le paraissait bien moins une fois la transe passée.
Après quelques pichets d’eau chaude, je retirai ma robe et me glissai dans le baquet pour me nettoyer. Je frottai bien mon visage ma poitrine et mes mains ensanglantés. L’eau finit rapidement rouge. J’en fus presque écœurée.
J’avais juste envie de pleurer. Je repensai à ma vie que je détestai tellement. Quel avenir pour moi ?
J’étais promise à des démons qui prenaient un malin plaisir à me détruire et à me saccager, mais que je me devais de servir. Une longue descente aux enfers que rien ne pouvait arrêter, dont la chute serait le tourment éternel, quoi que je puisse faire. Je ne me leurrai plus à présent. Pourquoi avais-je accepté tout ça ? Pourquoi avais-je acceptée de me vouer à ces entités venues d’ailleurs ?
Etait-ce par stupidité ? Par avidité ? Ou bien encore par naïveté ?
Je me rappelai encore le jour où Chael m’avait parlé pour la première fois d’un rite spécial et compliqué pour pouvoir appeler les plus anciens de ce monde. Une fois invoqués, il fallait réciter une incantation spéciale et précise et ils étaient censés répondre à nos souhaits. En échange, il fallait les servir tout au long de sa vie. Après notre mort, nous aurions une place à leur côté pour continuer à les servir. Mais si nous avions réussi notre rôle pendant notre existence sur terre, nous devrions avoir droit à une part de leur pouvoir.
En clair, on devenait une sorte de démon sous fifre. Génial.
Je m’étais condamnée à la tourmente et à l’asservissement éternels. J’avais le cœur gros. Et l’impression qu’il remontait dans ma gorge pour l’obstruer.
Je ne voulais pas le faire, mais Chael y tenait tellement… J’en avais les capacités disait-il, ce n’était pas à la portée de tous, puis moi seule pouvait mener au mieux cette mission.  
Et moi, j’ai voulu lui faire plaisir. Et qu’il soit fier de moi.
Il ne m’était pas possible de rester plus longtemps dans cette eau sanglante aussi je me levai et me savonnai avant de me verser un dernier pichet pour me rincer, puis je sortis du bain, apaisée par l’odeur de la propreté qui avait chassée celle du sang.
Enfin, presque.
L’odeur restait gravée dans a mémoire.
J’enfilai un peignoir noir et me coiffai les cheveux, lorsque l’on tapa à la porte.
Je me levai pour aller demander d’une voix fatiguée :
« Qui est là ? »
Je n’avais pas envie d’être dérangée, mais la voix qui s’annonça apaisa mes tourments en deux mots.
« C’est moi. »
Je me pressai de lui répondre :
« Laisse-moi deux secondes. »
J’allai passer une chemise de nuit rapidement et revins vers la porte pour faire entrer mon visiteur.
« Je ne te dérange pas ? me demanda El’sha.
- Non, bien sûr que non. »
Il me regarda un instant.
« Tes cheveux sont trempés. »
Je lui expliquai que je venais de me laver.
Il partit chercher une serviette. Je m‘assis devant ma coiffeuse et il frictionna doucement mes cheveux pour les sécher, debout derrière moi. Je n’étais pas habituée à ce que l’on s’occupe de moi. Généralement, c’était plutôt moi qui devait m’occuper des autres. Former les nouvelles recrues, préparer les rites, et j’en passe. Personne n’a jamais vraiment pris soin de moi.
« Merci, ils sont secs maintenant », signalai-je comme El’sha continuait de les essuyer pendant un long moment.
Il reposa la serviette sans un mot.
Il finit par demander
« Ancilla… Explique-moi ce que tu as, maintenant. S’il te plaît. Parce que je m’inquiète vraiment. Tu es vraiment étrange, et tu fais des choses que tu ne devrais pas faire. Comme l’invocation tout à l’heure… »
Je regardai son regard. Ses beaux yeux verts… Une étrange sensation me parcourut. La seule chose dont j’avais envie, c’était de me blottir dans ses bras et tout oublier.
Puis mon regard retomba sur le sol.
Je voulais lui demander de laisser tomber, mais ça n’aurait servi à rien. Il aurait insisté jusqu’à avoir une réponse. J’inspirai puis expirai directement, sans prendre la peine d’intégrer correctement  l’oxygène à mon organisme.
« J’ai fait la cérémonie de l’Appel. »
Son visage se décomposa aussitôt.
« Quoi ?! » s’exclama-t-il.
L’éclat de son magnifique regard ambré devint si terne.
« Mais pourquoi tu as fait ça ?! s’étrangla-t-il. Pourquoi ?!
- Prends-moi dans tes bras… »
Ma réponse le déstabilisa un instant. Puis il m’ouvrit ses bras. Je me levai pour aller contre lui.
Là, contre son corps, je me laissai aller. Et je me mis à sangloter.
« J’ai peur, El’sha... »
Il me serra plus fort dans ses bras.
« On va trouver une solution.
- Il n’y en a pas…
- On va arrêter tout ça.
- Mais on ne peut pas... 
- Si, on trouvera un moyen de te libérer.
- C’était pas censé se passer comme ça… expliquai-je. Je regrette… Ca allait au début, mais depuis le voyage du retour il n’y a plus rien qui va... »
Il me berça doucement, comme il l’avait déjà si bien fait sur le bateau. Il sécha mes larmes de ses mains. Nos visages pouvaient presque se toucher.
Je fermai les yeux.
Puis au moment où nos lèvres s’effleurèrent une vision terrifiante et monstrueuse me frappa de plein fouet et je reculai vivement paniquée. J’ai vu… son visage ensanglanté auquel il manquait les lèvres, comme si je lui avais tout arraché avec les dents.
« Qu’est-ce qui se passe ? s’inquiéta-t-il. Viens... »
Il m’amena dans le lit et je m’allongeai, puis nous voguions rapidement vers un sommeil qui fut, pour ma part, sans rêves.

Quelqu’un tapa vigoureusement sur la porte dès les premières lueurs du jour.
Je m’éveillai brusquement. El’sha n’était plus là.
Je me rendis vers la porte non sans appréhension.
J’ouvris sans même demander qui était là. J’avais passé une bonne nuit ininterrompue, dormi d’un bon sommeil réparateur, mais même si j’étais moins fatiguée que ces derniers temps, je restais mal réveillée.
Devant moi, une autre prêtresse avec qui je ne m’entendais pas le moins du monde.
« Allez la marmotte, on s’habille et on descend, Chael t’attend. »
Elle fut déjà partie avant que je n’eus le temps de marmonner que j’arrivais.
Je refermai la porte puis m’habillai me coiffai rapidement. Je ne voulais pas faire attendre Chael.
Je me passai un coup d’eau sur le visage puis quittai la chambre, avançant presque en zig-zag.
J’avais horreur de me faire réveiller aussi brusquement.
J’arrivai dans la grand salle. Les gens étaient déjà tous là, mais je ne vis El’sha nulle part. J’aurais tellement aimé qu’il soit là. Quand il était là, tout était moins difficile. Tout était plus doux...
« Ah, voilà enfin ma douce enfant... » me salua Chael.
J’avançai jusqu’à la table et fis une révérence mal assurée.
Je m’installai une fois que Chael m’eus fait son baise-main.
« As-tu bien dormi ? m’interrogea-t-il.
- Très bien, répondis-je. Je vous remercie. »
Je mangeai distraitement quelques baies et une pomme. Je redoutai d’aborder la discussion qui était prévue.
« Maintenant que nous avons fait la fête et que tu es reposée, nous allons pouvoir parler. J’aimerais avoir un compte rendu de ton expédition. »
Si les nausées avaient cessées depuis que j’étais là, j’eus l’impression que mon déjeuner était en train de réclamer la sortie.
« Eh… » commençai-je dans un filet de voix, avant de me racler la gorge.
J’avais l’impression que ma voix protestai.
« Eh bien, repris-je. Le voyage aller s’est déroulé sans problèmes. 
- A vrai dire, c’est le retour qui m’intéresse », s’impatienta Chael.
Je devais avoir un morceau de pomme resté en travers de la gorge.
« Le retour a été plus compliqué, avouai-je.
- Mais encore ? J’attends un compte rendu précis et détaillé.
- A notre arrivée, j’ai dû donner des barques en échange des dix esclaves.
- Mais il n’en reste que quatre…
- J’y viens. Il se trouve que Rain ne se trouvais pas sur l’île. J’ai donc lancé une recherche mais elle était introuvable. Alors nous sommes repartis sur le bateau attendre que les gens de l’île la trouve…
Il se trouvait qu’elle était montée sur le bateau lorsque nous en sommes descendus. »
Je repris aussitôt pour éviter d’avoir un autre commentaire.
« Lorsque nous sommes remontés, je suis partie dans ma chambre. Mes hommes sont venus rapidement me voir en m’expliquant qu’ils l’ont retrouvée. Elle était assez… ingérable si je puis dire. Nous avons eu une épidémie sur le navire et les prisonnier survivants sont ceux ramenés. Nous avons aussi eu des dégâts sur le bateau… A cause de la tempête…
Chael me lança un regard désagréable.
« Quelles étaient les trois consignes que je t’avais données ?
- Ramener Mesdemoiselles, bien traiter Mesdemoiselles, expliquer pourquoi on emmenait Mesdemoiselles... »
Et je t’avais dit quoi concernant le voyage ?
« De garder le cap et de faire attention au bateau », répondis-je.
J’allais déguster.
« Ma très chère Rain… l’appela-t-il soudain. Approchez-vous. Venez vous asseoir ici, il n’y a personne aujourd’hui », l’invita-t-il à s’asseoir à la place d’El’sha, juste en face de moi.
Je serrai les dents.
« Je suis sûr que vous saurez me faire un compte rendu plus précis. En outre, j’aimerais avoir votre point de vue. Je ne doute pas qu’il vous fera plaisir de donner votre opinion et de vous exprimer concernant ce voyage. »
Bon. J’étais clairement dans la merde.
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Rain Sword

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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Jeu 29 Juin - 21:22

Rise of Shadows
Rain Sword feat Ancilla

Anaëlle était nue et attachée aux barreaux de la tête de lit, allongée et offerte à mes déviances. Elle n'avait pas eu l'occasion de me demander ce que j'aimais question plaisir charnel, mais elle allait vite comprendre que le mot "charnel" prenait toute son importance.
J'avais à peine fermé la porte que je lui ai sauté dessus, sauvagement, déchirant les vêtements qui résistaient à être défait, mordant ses lèvres, heurtant sa langue de la mienne, avant de la pousser brutalement sur les draps. J'avais saisi le premier truc qui m'était passé sous la main, à savoir un ruban noir, pour lier ses poignets à une barre de bois. Les bras au-dessus de la tête, elle me suppliait de ses yeux sombres. Je pouvais sentir son excitation émaner par chaque pore de sa peau, l'absorbant comme un catalyseur, tandis que je me sentais vibrer émotionnellement, intensément. Agenouillée entre ses jambes, les mains sur ses genoux, je la contemplais sans vergogne, un peu de sang sur le menton pour m'être coupée la lèvre un peu plus tôt. Elle était toute en forme, comme j'adorais. Mais dans l'instant, j'avais autre chose dans l'idée. Mon coeur n'avait pas cessé de tambourinner presque douloureusement depuis la cérémonie, et si je n'assouvissais pas mes pulsions démentes immédiatement, j'avais peur de perdre la boule. De toute façon, vu les marques déjà présente sur son corps, elle avait l'habitude. Sa peau couleur miel détonnait des précédentes scarifications.
Jetant un oeil furtif sur la table de chevet, je souris en y découvrant un fin et long poignard. Je m'en emparais et, m'appuyant sur un coude, nos corps se frôlant, en fit glisser la pointe le long de sa poitrine, lentement, jusqu'à son nombril. Une trainée rouge, à peine éclairée par la lueur des bougies, suivait mon geste. Elle se courba, étouffant un doux gémissement, et, doucement, ma langue reprit ce chemin inverse, du ventre jusqu'à son cou. Le goût de son sang dans mon oesophage me fit perdre la réalité. Je tremblais furieusement, la souffle erratique, tout mon être bouillonait de l'intérieur.
Je plantais mes crocs au creu de son épaule et son cri m'arrachèrent un gémissement plaintif.

Les premières lueurs de l'aube m'arrachèrent sans délicatesse d'une nuit sans rêves. Et d'une nuit de folies, au passage. Mon corps entier était douloureux, courbaturé, lourd et, en l'instant, pas fonctionnel. Je grognais en gigotant sur les draps, nue. Ils étaient légèrement humides et inconfortables. Relevant une cuisse, je m'aperçu que j'étais couverte d'ecchymoses, de sang, et de blessures superficielles. Ok, les évènements de la nuit passée m'étaient encore un peu flous, mais je me sentais mentalement bien et restaurée. Pas particulièrement fraîche, cela dit.
J'entendis un petit gémissement venant de ma gauche et réalisait que je n'étais pas seule. Anaëlle, toute aussi vêtue que moi, sur le ventre et coconnée dans les couvertures, reprenait peu à peu conscience à son tour. Je me demandais comment elle pouvait être encore en vie, vu l'état dans lequel je l'avais mise. Enfin, si c'était bien moi, et pas une armée de soldats venus en scred pendant la nuit. Elle avait un oeil au beurre noir, et il ne lui restait pas beaucoup de parcelle de peau vierge de traces de griffes, de morsures, de coupures ou de bleus. Quelques vagues souvenirs d'une lutte pas très érotique me revenaient en mémoire, et, analysant le reste de la chambre, je ne pouvais qu'être soulagée de ne pas l'avoir fait cramer. Tout était sans dessus-dessous, les rideaux déchirés, les armoires défoncées, les murs encastrés... Et si j'étais aussi inconfortable, c'était sûrement à cause des lattes en moins. En tout cas, vu mon état à moi aussi, elle s'était bien débattue.
Lorsque ses yeux se plantèrent dans les miens, je décelais un brin de malaise en elle, qu'elle tenta de dissimuler avec un sourire timide, qui se refléta sur mon visage, de manière plus cruelle. Elle essaya vainement de se dépêtrer de son linceuil, couinant par moment à cause de la douleur. Je ricanais et sorti du lit, la laissant se démerder. Elle n'avait qu'à pas être consentente en début de soirée.
Je cherchais mes fringues dans toute la pièce avant de me rendre compte qu'ils étaient – justement – dans toute la pièce, genre, en morceaux.
Sans un mot, échangeant un dernier regard pour celle qui a partagé ma fureur, me foutant pas mal de ce qu'elle pouvait penser de moi et de cette expérience hors du commun, je quittais la chambre pour la mienne.

Alasan dormait encore, sous la couverture, la peluche dans ses bras, et je ne la réveilla pas. Elle pouvait bien dormir toute la journée si elle avait envie. Fouillant dans l'armoire, j'enfilais des fringues plus ou moins accomodées à mon humeur. Un t-shirt noir dont le décolleté plongeant ne tenait que par des ficelles, et un pantalon léger gris foncé. Des petites bottes pour compléter le tout, et, sans avoir pris la peine de me rincer la trogne, je descendis cherchais de quoi grailler. J'avais gardé mon sac du voyage, mais pourquoi me priver de festin quand j'en avais l'occasion?
Je mis un certain temps à trouver la salle à manger, et plusieurs personnes prenaient déjà leur petit déjeuner, assis convivialement par groupes. Combien logeaient ici, sans déconner? Je n'avais croisé personne à l'étage de ma chambre. En revanche, je croisais le regard de l'Hôte Blanc, assit à son siège habituel, qui me regardait suspicieusement. Quoi? J'avais du sang sur la face? Et alors? J'allais lui retourner un oeil assassin, lorsqu'il me sourit chaleureusement. Je pouvais sentir sa mièverie jusque là. Je lui répondis d'un geste de la tête que j'espérais assez respectueux, et pas agressif, y'avait aucune raison d'être aussi sauvage, après tout.
Après m'être bien rempli la panse en écoutant comment le fils de monsieur moustache avait tué son premier cerf, je surpris l'arrivée d'Ancilla. Toujours aussi pâle, elle se dirigeait avec retenue vers son papa. Son grand seigneur. Son chef de mes c... Bref. J'avais visiblement repris du poil de la bête contraitrement à hier et j'étais plutôt contente de moi. J'observais discrètement leur échange avant que le grand Hôte ne m'invite à les rejoindre.
Pour ne pas avoir l'air d'obéir comme un bon chien, je pris le temps de finir mon verre de jus de fruit avant de me lever, pour m'assoir pile en face de la Détraquée. Je n'arrivais jamais à me dépétrer de ce petit sourire en coin que j'avais à chaque fois que je la regardais. C'était provocateur, je sais, mais je ne pouvais pas la blairer. Même si elle dansait divinement bien. Et même si sa voix avait chauffé à blanc mon entre-cuisse. Ok, merde. J'avais toute la soirée qui me revenais d'un coup et je me senti mal à l'aise. J'avais l'impression d'avoir partagé quelque chose de... d'intime, avec elle. Génial.
Apparemment, ils étaient en train de parler du voyage, car l'Hôte me demanda explicitement comment il s'était passé. Je ne comprenais pas son obsession pour ça, il devait être maniaque de l'ordre. En plus, je ne savais pas vraiment ce qu'il comptait faire de ce rapport. Oh et puis, je m'en fiche. Levant les yeux au ciel pour faire mine de réfléchir, je levais un doigt à chacune de mes énumération.

_Alors... J'ai eu droit à un coup d'électrochoc, à me faire enchaîner plus longtemps que les autres dans les soutes, à me faire menacer un peu trop de fois, elle a apparemment provoqué une tempête qui a faillit tous nous tuer, elle a laissé mourir l'équipage malade, elle a passé la plupart de son temps je ne sais trop où pendant que j'essayais de nous sauver la peau, elle a voulu me séparer de ma gosse... Et tout ça sans que je ne sache pourquoi, parce qu'elle a refusé de répondre à mes questions. Voilà.

C'est avec un grand sourire que je poursuivis:

_J'aurai préféré la compagnie d'Anaëlle, elle est très débrouillarde, et solide avec ça.

Je terminais d'un clin d'oeil à l'égard de la Détraquée.
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Ancilla
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MessageSujet: Re: Rise of Shadows [Rain/Ancilla]   Ven 30 Juin - 0:52

Rise of Shadows
Rain Sword feat Ancilla

Rain arriva comme une princesse et s’installa nonchalamment en face de moi, savourant d’avance son instant de gloire. Il n’y avait pas à douter, elle allait me descendre. Sous la table, mes doigts se plantèrent nerveusement dans mes cuisses. Oui, j’avais tout foiré de A à Z. Mais je voulais bien faire…
« Alors... J'ai eu droit à un coup d'électrochoc, à me faire enchaîner plus longtemps que les autres dans les soutes, à me faire menacer un peu trop de fois, elle a apparemment provoqué une tempête qui a faillit tous nous tuer, elle a laissé mourir l'équipage malade, elle a passé la plupart de son temps je ne sais trop où pendant que j'essayais de nous sauver la peau, elle a voulu me séparer de ma gosse... Et tout ça sans que je ne sache pourquoi, parce qu'elle a refusé de répondre à mes questions. Voilà. »
Quelle sale garce. Elle alla même jusqu’à me faire un clin d’œil à la fin. Un jour, j’allais lui faire ravaler toute sa provocation.
J’aurais peut-être pu m’en tirer à bon compte si elle s’était arrêtée à ces deux premiers propos. Mais non, elle a énuméré le maximum de choses qui pouvait me porter préjudice, d’une façon des plus théâtrale possible. Pourquoi me détestai-t-elle autant ? Après tout, je voulais bien la traiter à la base, avant de me rendre compte qu’elle était habitée par une violence sans nom. Avais-je le choix quant à la façon dont je l’avais traité ? Sans doute oui.
J’aurais tellement aimé que El’sha soit là. Mais non, il était absent, et je n’avais aucun moyen de me renseigner sur la raison qui faisait qu’il n’était pas là. Et s’il avait eu des soucis à cause de moi ?
S’il s’était rebellé et avait trouvé la situation inadmissible ? Chael aurait pu décider de le faire éliminer.
« On en revient donc à ce que je disais, interrompit le cours de mes pensées Chael. Le rapport de Rain semble bien plus précis que le tiens, Ancilla…
Que lui répondre ? J’avais bien éludé pas mal de choses.
Je fixai mes cuisses sans répondre.
« Ancilla ? »
je fis un effort pour réussir à le regarder.
« Si je résume bien, tu n’as suivi aucune de mes recommandations. 
- J’avoue que la situation m’a dépassée… dis-je, plus que mal à l’aise. J’ai voulu faire au mieux... 
- Je t’avais demandé de prendre soin de nos hôtes.
- J’ai essayé… Mais Rain ici présente nous a agressés, grognai-je.
- T’as-t-elle agressée toi, pour recevoir une décharge ?
- Non…
- Donc tu n’étais pas en danger et n'a pas eu à te défendrer lorsque tu lui a donné un coup de taser. Il ne t’es pas venu à l’esprit qu’elle pouvait avoir peur ? Te souviens-tu de ta réaction lorsque je t’ai trouvé dans ce champ de ruine ? »
J’avais horreur de repenser à mon passé. A mon enfance misérable.
« Je… je vous avais mordu.
- Et qu’ai-je fait ?
- Vous m’avez rassurée en me disant que vous ne me ferez pas de mal…
- Et après ?
- Je me suis calmée. 
- Et est-ce que je t'ai fait quoi que ce soit pour m'avoi mordu ?
- Non. »
Il parut réfléchir un instant. L’air que l’on a lorsque l’on hésite entre plusieurs choix.
« Et toi, tu as tasé Mademoiselle Rain sans même chercher à lui expliquer quoi que ce soit.
- J’avais peur… d’échouer, expliquai-je.
- Donc lorsque tu as peur, tu agresses les gens. Où est ton taser ?
- Je l’ai laissé à El’sha…
- Et pourquoi donc ? »
Je soupirai.
« Par sécurité au cas où ça tourne mal avec Rain lorsque nous arrivions… Si jamais elle n’aurait pas voulu nous suivre lorsque je lui l’ai demandé...
- Et cette tempête ? »
Je déglutis difficilement.
« Pour empêcher Rain de s’échapper…
- Crois-tu qu’elle aurait eu cette envie si tu l’avais traité comme il se devait ?
- Non… soufflai-je.
- Et du coup tu as abîmé le bateau et mis tout le monde en danger. Tu me déçois beaucoup... »
Je rebaissai les yeux.
Je n’avais plus rien à répondre pour ma défense.
« Je crois que tu mérites une bonne correction et qu’il te faut revoir les bonnes manières que je t’ai inculqué. »
Je ne répondis rien.
« Mais d'abord, rajouta-t-il, tu vas présenter tes excuses à Mademoiselle. »
Et pourquoi pas mes hommages autant qu'on y était.
Ce sont mes ongles qui mordèrent dans la chair de mes cuisses cette fois.
« Je te prie d'accepter mes excuses », lachai-je désagréablement.
Chael ne sembla pas satisfait.
« Tu peux mieux faire, Ancilla.
- Je te prie de bien vouloir accepter mes excuses, Rain », réajustai-je avec un ton moins bourru.
- En regardant ton interlocuteur, ce serait mieux... »
Je réitérai une troisième fois.
Il demanda à l’autre prêtresse de malheur de m’emmener dans les geôles repenser à tout ça. J’allais vraiment en voir de toutes les couleurs.
- Allez ma biche, viens », répondit l’affreuse.
Je me levai sans un mot pour la suivre, faisant tout de même une révérence à Chaël au passage.
Si seulement El’sha pouvait être là… Mais où était-il ? Ca n ‘étair pas lui d’être absent si longtemps.
Dans ma cellule l’enfer commença. Je dus me déshabiller. Les coups de martinet plurent encore et encore. L’affreuse me répétait encore et encore les bonnes manières à appliquer. Un vrai lavage de cerveau après toute une journée de coups et d’humiliations.
Je crus que j’allais craquer plus d’une fois. Lorsqu’enfin vint la nuit, j’eus le droit de me reposer.
J’avais bien cru entendre la voix d’El’sha au loin à un moment, mais je ne fus pas capable de dire si c’était réel ou une fabulation de mon esprit torturé. Je fredonnais doucement un air guerrier pour me donner du courage, puis finis par m’endormir et eus un sommeil tourmenté où je me sentis tourmentée et violentée à nouveau par les grands anciens.
Au matin, j’eus enfin le droit de me rhabiller et de refaire surface dans le temple. J’étais sale, terreuse et transpirante, et devant Chael, je fis une révérence maladroite, à deux doigts de perdre l’équilibre et de tomber tellement j’étais épuisée et que je souffrais.
« Alors ? demanda-t-il.
- J’ai réalisé mes erreurs, répondis-je quinaude.
- Très bien ma douce... » répondit-il. Tu peux aller te reposer à présent. Lorsque ce sera fait, tu auras une nouvelle tâche. »
Je le regardai inquiète.
« Tu veilleras au bien être de nos deux hôtes et qu’elles ne manquent de rien. Anaëlle ne se sent pas très bien, ce qui tombe bien d’une certaine manière. C’est à toi qu’incombe cette tâche après tout. »
C’était pire que ce que je craignais. Voilà que j’allais devoir être au petit soin de cette garce sanguinaire. Quel cauchemar... J'aurai bien rétorqué que je préférais repasser 24h de plus dans les geôles, si j'étais certaines qu'ils ne m'y aurait pas envoyé sans retirer la tâche qu'il m'avait confiée.
Je fis une révérence et allait me retirer lorsque Chael m’appela et me fit signe de m’approcher.
Il me fit un baise-main et je pus me retirer.
C’est alors que je vis El’sha. Il sembla hautement inquiet – certainement à la vision des divers bleus recouvrant la totalité de mon corps - et voulut m’approcher, mais je le repoussai.
J’avais juste envie de me terrer et de me faire oublier. J’avais tellement honte…
Je hâtai le pas jusqu’à ma chambre où je m’endormis rapidement. Au soir, je voulus sortir brendre l’air. J’allais jusqu’aux écuries voir mon beau Chao.
Je me dis que lui confiai mes tourments pourrait me faire du bien. C’était pas comme s’il pouvait me juger…
Alors que je m’apprêtais à le monter pour aller faire un tour sous le beau crépuscule rougeoyant, j’entendis des pleurs. Me dirigeant vers la source des lamentations pour comprendre ce qu’il se passait, je découvris la jeune Annaëlle , une servante du temple qui, comme moi, ne trouvait pas vraiment sa place ici.
« Anaëlle ? m’étonnai-je doucement. Qu’est-ce qui t’arrive ? »
Elle sembla étonnée de ma présence.
« Rien… » dit-elle en sursautant.
Je remarquai avec horreur qu’elle avait de multiples blessures, notamment un beau coquard.
« Mais qu’est-ce qui t’es arrivée ? » m’affolai-je.
Annaëlle était une fille douce, orpheline de la guerre tout comme j’avais pu l’être avant que Chael ne me trouve et me recueille.  
Je ne comprenais pas comment elle avait pu finir dans cet état. Je ne l’avais jamais trop cotoyée, mais je la connaissais assez pour savoir qu’elle ne méritait pas ça.
« C’est rien, dit-elle.
- Qui c’est qui t’a fait ça... ? m’attristai-je. Qui t’a battue ainsi et pourquoi ?! »
Elle ne voulut rien me dire sur le coup, mais elle finit par me révéler que c’était Rain. Je me souvins alors que Rain avait parlé d’elle au petit déjeuner.
J’avais l’impression que je n’en finirais jamais avec elle.
Lorsque Annaëlle avait fini seule avec l’autre furie, elle s’était laissé faire, hautement intimidée. Elle m’avoua y avoir trouvé un certain plaisir au début, mais cela n’avait pas duré bien longtemps. Rain l’avait torturée impitoyablement.
Je fus sincèrement attristée pour elle. Un jour, cette sale garce payerait. Annaelle remarqua alors les coups sur tout mon corps. J’éludai le sujet.
« Qu'est-ce qu'on va devenir... me demanda-t-elle.
- Je sais pas... répondis-je. On a pas d'autres choix que de souffrir dans ce culte… »
Anaëlle pleurait à nouveau et je ne sus pas quoi faire pour la réconforter. Ses pleurs me déchiraient le coeur et j’avais juste envie de la réconforter.
Je la pris dans mes bras pour l’apaiser.
«  Chtttttt…. Ça va aller », lui dis-je.
Puis doucement, je commençai à chanter :
« Ami… entends-tu, le vol noir, des corbeaux, sur nos plaines.
Ami, entends-tu les cris sourds du pays, qu’on enchaîne.
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme…
Ce soir, l’ennemi, connaîtra le prix du sang, et des larmes... »
Au fur et à mesure ses pleurs diminuèrent jusqu’à cesser totalement. Chanter redonnait des forces, de l’espoir et du courage.
Si seulement je pouvais partir d’ici et tout recommencer à zéro… je l’aurais fait. Mais je ne le pouvais pas. Mais elle, elle pouvait. Alors je lui intimai d’attendre l’aube, de prendre un cheval et de s’enfuir. Je savais qu’il devait y avoir une cité à l’est. Certainement mal en point, mais c’était toujours mieux que de sentir prisonnier.
Elle accepta et demanda.
« Ancilla ? C'est vrai ? Tu as vraiment fait la cérémonie de l'Appel ? »
Les nouvelles allaient vite...
« Prends Fulmo, c'est le cheval le plus rapide », répondis-je seulement.

Le lendemain matin, j’allai porter des fruits, du lait, de l’eau et des œufs au plats à Rain et à la gamine pour leur petit déjeuner. Je tapai trois coups et entrai sans attendre sa réponse.
Je posai le plateau sur la table et allai ouvrir les rideaux. J’ouvris ensuite la fenêtre pour aérer. Puis je m’adossai au mur et regardai le sol.
« Quand t’auras fini, je te coifferai, grinçai-je. Sauf si tu veux pas. T’auras qu’à le dire et si t’as plus besoin de moi, je dégagerai de ton champ de vision. »
Je croisai les bras espérant cacher le maximum de marque, mais j’avais pris tellement de coups que la majorité de mon corps était marqué. J’avais l’impression qu’ils avaient choisi une des robes les plus courtes qu’ils avaient pu trouver.
Une robe en bustier, les bras nus et qui s’arrêtait en haut des cuisses.
Ne me dites pas que cela n’a pas été fait exprès.
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